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Légionelles : prévenir le risque sans nuire à l’environnement
Emilie Tran Phong de GROUPE ROUGE VIF 30 janvier 2019 Paru dans N°418 - à la page 49

En détection comme en traitement, de nouvelles solutions émergent pour prévenir le risque de légionelles dans les réseaux d’eau chaude sanitaire et les tours aéroréfrigérantes. Leur intérêt?? Simplifier la détection de ces bactéries et renforcer l’efficacité des traitements, à moindre coût et en limitant les rejets chimiques dans l’environnement.

Entre janvier et août 2018, plus de 1.300 cas de légionellose ont été déclarés en France, contre 850 sur la même période de 2017. L’incidence de cette infection pulmonaire grave, causée par les légionelles, en particulier par l’espèce Legionella pneumophila, a augmenté de 64 %. Santé Publique France attribue cette recrudescence à la météo douce et humide du printemps dernier, particulièrement propice au développement de ces bactéries, mais aussi à une augmentation des installations défaillantes et/ou mal entretenues et à des contrôles pas toujours assez réguliers. Dans les réseaux d’eau chaude sanitaire (ECS) comme dans les tours aéroréfrigérantes (TAR), la maîtrise du risque légionelles passe en effet par le maintien des équipements propres et en bon état, soumis régulièrement à des traitements préventifs.
UV Germi propose une gamme dite “compacte” pour les petits débits jusqu’à 10 m3/h, et une gamme industrielle pour les débits plus importants sur les tours aéroréfrigérantes par exemple.

Tuer les légionelles sans chimie

Naturellement présentes dans les lacs, fleuves et rivières, les légionelles pénètrent dans les circuits en même temps que l’eau d’appoint. Pour s’en débarrasser, les solutions ont longtemps reposé sur des produits chimiques : eau de Javel, chlore, dioxyde de chlore, brome, ozone, isothiazolinone, DBNPA, etc. Mais, comme ces produits ont un impact sanitaire et environnemental plus ou moins important, de nouvelles méthodes, s’appuyant sur des principes physiques ou biologiques, ont été mises au point pour les remplacer.

« Il est vrai que le dioxyde de chlore agit sur le biofilm en le décomposant, explique Jeremie Machemy chez Evoqua. Mais il faut, pour ce faire, ajouter des doses élevées qui peuvent mettre en péril l’installation à long terme. De plus, la dégradation du biofilm par oxydation entraîne le relargage de germes actifs qui vont se retrouver jusqu’au point de consommation de l’eau. Autrement dit, l’eau sera contaminée par d’autres germes, et il faut mettre en place des filtres stériles en sortie… Nous avons mis en exergue l’efficacité d’un nettoyage hydropneumatique avec pulsation d’air comprimé dans la boucle d’eau chaude. Le mélange de l’air et de l’eau génère alors un phénomène de cavitation dans le circuit. Grâce à la cavitation, il est très simple d’éradiquer les dépôts et le biofilm. Le système est manuel et permet d’enlever le biofilm complètement. Ensuite, nous conseillerons toujours de maintenir une dose de dioxyde de chlore entre 0,1 et 0,2 mg/l seulement. Le dioxyde de chlore reste le meilleur agent oxydant car il empêche la formation de biofilm, même à faible dose et à une longue durée de vie (utile pour les bras mort) ».

Au delà des solutions de traitement par UV, Comap propose des appareils antitartres électroniques (procédé breveté) qui appliquent un champ électrique impulsionnel et alternatif aux charges électriques naturelles des ions calcium (Ca2) et hydrogénocarbonates (H2CO3–) qui sont dissous dans l’eau.

Les premiers traitements alternatifs à avoir été utilisés, les chocs thermiques, ne règlent pas parfaitement le problème. En élevant, à intervalles réguliers, la température d’un réseau à +70 °C pendant plusieurs dizaines de minutes, de l’arrivée d’eau aux points de puisage, ils tuent les bactéries en circulation. Mais, comme ils sont appliqués de façon discontinue, ils n’empêchent pas les recontaminations entre deux séquences de traitements.

Les réacteurs UV, comme ceux que proposent Abiotec UV, Bio UV Group, Comap, Evoqua Water Technologies, UV Germi, Aquafides-Katadyn UV, RER ou Xylem Water Solutions, ont une action plus permanente. Le principe est simple : l’eau circule autour d’une lampe à rayonnement UVc, ce qui détruit les virus, bactéries et protozoaires qui s’y trouvent. « Nos réacteurs UV se branchent sur une boucle d’eau chaude sanitaire, ce qui fait que l’eau est désinfectée à chaque passage », explique Guerric Vrillet, directeur technique chez UV Germi. Cette marque propose des modèles spécialement conçus pour une utilisation en ECS ou en TAR : « leurs joints ont une bonne tenue à la chaleur et, depuis cette année, leurs lampes UVc sont aussi insensibles aux températures élevées ». Les ultraviolets constituent une réponse préventive en réseaux ECS comme en TAR, pour les eaux d’apports comme pour les eaux en circulation. « Certains exploitants, confrontés à la recontamination de leurs circuits après un choc chimique ou thermique, font appel à nous, indique Guerric Vrillet, chez UV Germi. Nos réacteurs UV tuent les bactéries responsables. Et, en restant en place, ils empêchent les récidives ». La dose UV nécessaire à l’élimination de 90 % des Legionella pneumophila est de 12 mJ/cm². Mais pour détruire toutes les souches de légionelles et toutes les bactéries pathogènes pour l’homme, les fabricants préconisent des doses allant jusqu’à 60 mJ/cm².