Your browser does not support JavaScript!

Le Département du Haut-Rhin attache une importance particulière à la protection contre les crues. Le Conseil départemental et les Syndicats Mixtes de Rivières gèrent ainsi près de 1000 km de cours d’eau en y réalisant des investissements importants. Pour en assurer le suivi technique, le département s’est doté d’un service rivières, reconnu au niveau national, et capable de mener des études appliquées dans le domaine de l’aménagement des cours d’eau.

Avec les Syndicats Mixtes de Rivières, le Département du Haut-Rhin est le plus gros gestionnaire de digues en France. Ce sont ainsi près de 250 km de digues qui protègent les habitants et les biens contre les inondations. Dans ce cadre, les Syndicats Mixtes de l’Ill et de la Lauch ont entrepris de mener une étude innovante sur la tenue des digues, en collaboration avec le Bureau Recherche Géologique et Minier (BRGM). Le tronçon prospecté sur les digues de l’Ill va de Sundhoffen jusqu’au canal de Colmar. Sur la Lauch, il se situe sur la commune de Colmar. L’objectif de l’étude est de déterminer l’état de stabilité du système d’endiguement sur une portion test de 10 km, en testant une méthode innovante s’appuyant sur des méthodes de mesure géophysique couplées à des calculs numériques.

 

Des mesures sismiques et de résistivité électrique

Les méthodes couramment utilisées par les géologues pour caractériser spatialement les digues et détecter d’éventuelles anomalies passent habituellement par des mesures sismiques et de résistivité électrique. L’une permet de caractériser la structure et les propriétés mécaniques du corps de digue et l’autre permet de distinguer les argiles fines conductrices des sables et des graviers généralement plus résistants. C’est sur ces bases qu’une campagne de mesure a été engagée au printemps 2017. Mais ces méthodes traditionnelles ne donnent cependant que des estimations qualitatives sur la stabilité des digues et il subsiste une lacune en modélisation opérationnelle permettant de déterminer précisément l’aléa de rupture.

L’innovation apportée par cette étude se situe principalement dans le couplage des investigations géophysiques avec une modélisation numérique novatrice.

 

Coupler les investigations géophysiques avec une modélisation numérique

Les résultats des campagnes géophysiques engagées vont alimenter un modèle numérique innovant développé par le BRGM. Ces recherches permettront de mettre au point une méthodologie de modélisation mathématique objective de l’instabilité potentielle des digues. Grâce à une résolution fine, cet outil d’investigation des systèmes d’endiguement pourrait aboutir à la cartographie en 3 dimensions d’un facteur de sécurité et d’une probabilité de rupture selon différents scénarios de niveaux d’eau des rivières.

Les résultats du projet seront disponibles en 2018. Cette étude permettra de prioriser et de confirmer les travaux envisagés sur les digues. Si elle se révèle positive, la méthodologie pourra ensuite être généralisée et constituera un progrès significatif dans la détermination des travaux a réaliser sur les 9000 km de digues Françaises.