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LES BONNES QUESTIONS À SE POSER AVANT D'INVESTIR

26 février 2026 Paru dans le N°489 à la page 76 Dans le dossier : Décanteur lamellaire : comment bien choisir sa solution ? ( mots)

Face aux différents types de décanteurs gravitaires lamellaires et au très large éventail de cas d’usage rencontrés sur le terrain, les utilisateurs doivent se poser certaines questions afin de s’orienter vers la solution la plus adaptée à leur application.

Face aux différents types de décanteurs gravitaires lamellaires et au très large éventail de cas d’usage rencontrés sur le terrain, les utilisateurs doivent se poser certaines questions afin de s’orienter vers la solution la plus adaptée à leur application. « Le débit est le critère de dimensionnement numéro un. Un décanteur lamellaire est peu sensible à la charge polluante mais très sensible aux débits de pointe. Les principaux paramètres à analyser sont donc le débit nominal et le débit de pointe, la concentration en matières en suspension (MES), le type d’effluent à traiter (eau potable, eaux usées, effluents industriels) car cela joue une influence sur la qualité des matériaux que nous devons utiliser – avec l’eau potable, les matériaux sont soumis à des normes strictes ACS. L'espacement entre les lamelles est ajusté selon la concentration en particules essentiellement. Leur vitesse de chute a une influence sur le nombre de lamelles à installer (la surface nécessaire) », explique Nicolas Meudal, fondateur de 1h203.

« On pourrait avancer que la meilleure configuration serait des lamelles le plus serrées, donc l'ouvrage le plus compact et le moins cher. Si cela est vrai avec de l’eau potable, il y a quand même des limites avec des eaux usées. En traitement primaire, les pré-traitements situés juste avant la décantation sont de plus ou moins bonne qualité, ce qui peut se traduire par la présence de filasses. Si les lamelles sont trop serrées, le risque de colmatage est alors très important », précise Pierre Verdun, expert en technologie de séparation au département technique d’OTV-Veolia.

Dans le cas d’eaux usées industrielles, « si l'objectif est de rejeter dans un réseau d’assainissement vers une station d’épuration (STEP) municipale, le dimensionnement du décanteur lamellaire permettra un traitement, non pas pour obtenir de l’eau claire mais seulement pour enlever une partie importante de la pollution afin de ne pas gêner la STEP », précise Olivier Bousige, directeur commercial d’ExoCell.

Thibault Le Bourdonnec, directeur Innovation & Développement de CTP environnement, va plus loin en indiquant qu’il existe des réponses multiples et modulables, fixes ou mobiles, en fonction des besoins et contraintes des exploitants : « Les solutions préconisées vont être fonction de la nature des MES (particules minérales, organiques, leur densité, leur granulométrie...), la surface au sol et la hauteur disponibles, mais aussi l’organisation humaine prévue pour l’exploitation du décanteur, le niveau d‘automatisation souhaité. De même, on prendra en compte le budget d‘investissement ou de location, si le besoin actuel va rester inchangé les prochaines années, s’il y a un traitement prévu amont ou en aval du décanteur, la filière de gestion des boues de décantation, avec ou sans déshydratation, la siccité visée ».

Ce que confirme Steeve Hagelstein, gérant d’Aqua-Traitement : « Les utilisateurs veulent-ils simplement extraire les boues, ou alors les déshydrater, les stocker, les laisser à l’intérieur pour pouvoir les traiter par batchs ? L’application déterminera la hauteur sous les lames, par exemple ».

Il convient également de souligner que le traitement physico-chimique retenu, à savoir le type de coagulant et, surtout, le choix du floculant, influence directement la formation des flocs et leur aptitude à décanter, pouvant modifier sensiblement les performances d'un même décanteur lamellaire.

Enfin, Olivier Bousige (ExoCell) fait remarquer que « les particules en suspension sont plus ou moins aptes à la décantation. Il faut alors ajouter plus ou moins de produits chimiques pour une coagulation-floculation, privilégier des décanteurs à recirculation de boue, etc. Mais la décantation n’est pas forcément le traitement le plus pertinent dans de nombreuses industries – l'agroalimentaire, par exemple, car les effluents sont gras. Avec des matières en suspension légères et décantant difficilement, il faut plutôt s'orienter vers la flottation. En plus d’atteindre de bien meilleurs rendements de clarification de l'eau et d’épaississement des boues, les installations sont encore plus compactes ».

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