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Entreprises

Porelio a levé 2,4 millions d’euros pour industrialiser sa technologie

28 septembre 2026 Paru dans le N°495 ( mots)
© DR. Javier Silva Mora, son cofondateur et CTO, Nikol Michailidou, cofondatrice et CPO, et Rhea Machado, cofondatrice et CEO de Porelio.

La jeune pousse allemande a développé une technologie capable d’éliminer les PFAS, même ceux à chaines courtes, et de récupérer des métaux précieux présents dans les eaux et les effluents industriels.

La jeune pousse allemande Porelio a annoncé avoir réalisé une levée de fonds en pre-seed d’un montant de 2,4 millions d’euros, opération menée par le fonds de capital-risque portugais Faber, accompagné par les fonds de capital-risque français Polytechnique Ventures et allemand better ventures, le groupe d’entreprises espagnol Grupo Tecnologica. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Porelio, Javier Silva Mora (voir photographie), son cofondateur et CTO, revient sur l’origine de la start-up. « Lors de mes études en chimie moléculaire à l’École polytechnique, puis en matériaux, chimie de matériaux et catalyse à la Technische Universität Berlin, la production économique et relativement rapide était limitée à des quantités de matériaux de quelques centaines de grammes », rappelle-t-il.

« Personne n’était encore capable de produire ces matériaux à grande échelle pour industrialiser les pratiques de décontamination et d’assainissement des flux notamment industriels. C’est cette problématique d’industrialisation que nous avons résolue », confirme Rhea Machado (voir photographie), cofondatrice et CEO de Porelio. Javier Silva Mora a en effet développé une nouvelle technologie de production, grâce à trois financements publics à hauteur de 2,5 M€, entre 2018 et 2024. Polieco est créé l’année suivante, à Postdam (Allemagne). La nouvelle levée de fonds permettra à la jeune pousse, qui emploie aujourd’hui 9 personnes, d’augmenter sa production de matériaux de quelques kilogrammes par jour à une échelle industrielle de plusieurs tonnes par an et de poursuivre la validation de la technologie avec d’autres pilotes.

La technologie de Porelio repose sur la famille de silices mésoporeuses ordonnées fonctionnalisées (Functionalized Ordered Mesoporous Silicas, ou FOMS), qui ressemblent à des nids d’abeilles minuscules, conçus pour capturer des substances moléculaires ciblées, tout en laissant le reste du fluide s’écouler librement. Alors que la pertinence de ces matériaux pour la purification des milieux aqueux est connue dans le monde académique depuis de nombreuses années, l’innovation de la jeune pousse permet, pour la première fois, de fabriquer ces matériaux en flux continu grâce à un procédé breveté.

Une même plateforme de fabrication

« La différence entre nos FOMS et les matériaux existants (charbon actif et résines) réside dans la capacité de modifier son architecture interne afin de définir des propriétés spécifiques (fonctionnalisation). Des groupes fonctionnels sont créés à la surface du matériau, par exemple, pour une capture, avec une grande sélectivité, des PFAS [substances per- et polyfluoroalkylées, NDR] ou des métaux précieux », explique Javier Silva Mora. Ces deux exemples ne sont pas pris au hasard. De nombreuses industries et collectivités rejettent et traitent des flux aqueux ou industriels contenant soit des substances persistantes nocives, qui doivent être éliminées, soit des métaux à forte valeur ajoutée (argent, or, palladium, platine, rhodium), qu’il serait rentable de récupérer.

Les technologies de purification classiques sont l’extraction par un solvant, la précipitation et l’absorption via l’utilisation de charbon actif ou de résines échangeuses d’ions. Toutefois, la précipitation n’est pas adaptée aux très faibles concentrations, et l’adsorption par des matériaux synthétiques peine à séparer sélectivement l’ensemble des molécules PFAS de l'eau ou ces métaux des effluents industriels.

Porelio a montré la capacité de sa technologie soit à capturer en seulement 5 min près de six fois plus de TFA – l’acide trifluoroacétique est un PFAS à chaîne courte très difficile à capturer normalement – qu’avec le charbon actif, soit à capturer le palladium environ six fois plus rapidement qu’avec les méthodes classiques. Ces deux cas d’usage reposent sur la même plateforme de fabrication et, les matériaux ainsi produits étant régénérables, la rentabilité économique de la solution est prometteuse, selon la start-up. D’autant que le retour sur investissement peut être très courts, compte de la valeur élevée des métaux récupérés – le kilogramme de palladium est valorisé à environ 40 000 euros, par exemple – et que les pays adoptent de plus en plus des réglementations strictes sur les PFAS.

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