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Les sites producteurs de préparations injectables ont désormais la possibilité d'appliquer un traitement membranaire à l'eau entrant dans la composition des préparations. La pharmacopée européenne vient en effet d'être révisée dans ce sens. Face à cette évolution, les équipementiers, à l'image de BWT Aqua, se tiennent prêts à répondre aux commandes d'unités dédiées.

Pour obtenir une eau adaptée à la formulation de préparations injectables (EPI), les industriels pharmaceutiques doivent appliquer un procédé adéquat.

Mais lequel ?

Si la pharmacopée européenne a longtemps estimé que la distillation était le seul procédé suffisamment robuste pour atteindre la qualité ciblée, les experts ont revu leur position récemment. Le 1er avril 2017, ils ont publié une révision qui reconnaît quatre traitements autorisés : la distillation multi-effets par film tombant, la distillation multi-effets par circulation naturelle, la distillation par thermocompression, enfin le procédé qui combine double osmose inverse, électro-dé-ionisation et ultrafiltration à froid (voie membranaire). Il n’est pas étonnant que les experts aient souhaité une évolution dans ce sens. La voie membranaire est acceptée dans la pharmacopée américaine. 

La récente révision est ainsi dictée par une volonté d'harmonisation. D’après l'équipementier BWT, spécialiste des unités de purification, cette modification est d'autant plus cohérente que l'eau issue du procédé membranaire présente des caractéristiques équivalentes à celles de l'eau obtenue par distillation. « Il n'y a pas de raisons de ranger l'une et l'autre dans des catégories différentes », défend Gabriel Roth, directeur des ventes de la division BWT Aqua AG.

Dans un atelier où toutes les utilités sont disponibles (eau purifiée, eau osmosée, vapeur), les unités sont testées avant expédition. Le but : valider que les caractéristiques de l'eau sortant de l'installation sont conformes aux spécifications. 


La voie membranaire débouche sur de l’eau froide

Reste à savoir si la voie membranaire représente un bon calcul sur le plan industriel car c'est une chose de produire de l'eau à la qualité requise, c'en est une autre de stocker cette eau en maintenant le niveau de pureté. Le procédé membranaire débouche sur une eau froide à 20°C en effet. A cette température, il est nécessaire d'appliquer un traitement d'ozonation entre l'étape de stockage et celle de pompage vers l'aval de la ligne de production pour maîtriser les caractéristiques de pureté. Selon les équipementiers, une partie des industriels pourraient renoncer à la voie membranaire à cause de cette opération intermédiaire surtout que l'ozonation est un traitement interdit dans certains pays. 

Ces pays considèrent qu'il existe le risque que l'ozonation génère des substances néoformées et que ce risque ne peut pas être maîtrisé simplement. Il s'ajoute à cela un deuxième obstacle. La voie membranaire débouche sur une eau froide à 20° C à l’inverse de la distillation qui, elle, produit une eau chaude à 80° C. Pour les sites producteurs de préparations injectables dont les recettes de fabrication nécessitent de l'eau chaude, le choix sera ainsi rapide. « On comprend bien que cela ne présente pas d’intérêt d'investir dans un procédé qui produit une eau froide qu'il faut ensuite chauffer. La distillation est un traitement plus compétitif dans ce cas, à l’évidence », estime Gabriel Roth.

BWT Aqua AG termine la validation d’un prototype

Mal adaptée ? La voie membranaire, parce qu’elle est plus économique (il n’y pas de consommation de vapeur), devraient séduire une partie des industriels néanmoins, particulièrement ceux dont la consommation en EPI froide est importante. Actuellement, les associations d’industriels pharmaceutiques tels que par exemple l’A3P multiplient les actions d’information auprès des professionnels du secteur. Elles devraient prochainement éditer des guidelines traduisant l’évolution de la pharmacopée. Les équipementiers se tiennent prêts à répondre aux commandes de leur côté. Chez BWT Aqua AG, le service recherche et développement termine le processus de validation d'une unité dédiée de purification de l’eau par double osmose inverse, électro-dé-ionisation et ultrafiltration à froid. « Nous en sommes au stade du prototype, avec seulement un petit nombre d’étapes avant la phase d’industrialisation pour laquelle nous sommes quasiment prêts ", indique Gabriel Roth. 

Le centre d’excellence BWT Aqua AG est implanté à Bâle (Suisse). Avec la particularité d’offrir des solutions clés en main, l’équipementier y fabrique toutes ses gammes pour l’industrie pharmaceutique. Ses unités prêtes-à-raccorder se présentent sous la forme de skids comprenant matériels de traitement, châssis, tuyauteries et câblage. Dans un atelier où sont disponibles toutes les utilités, chaque unité est testée en grandeur réelle avant expédition. Ce sont toutes les fonctionnalités qui sont passées en revue en la présence de l’industriel.  En 2016, la division Aqua AG qui emploie 300 collaborateurs a réalisé un chiffre d’affaire de 90 M d’euros.

 

Hanne-Lys Meyer