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Capteurs de pression immergeables : des applications les plus simples aux plus complexes
Christophe Bouchet de EDITIONS JOHANET 12 juillet 2018 Paru dans N°413 - à la page 53

Point d’entrée stratégique pour toutes les autres grandeurs, le paramètre pression reste suivi de près par les fabricants. Pas de révolution dans le domaine des capteurs immergeables mais des évolutions qui entraînent une diversification des pratiques et des usages. Les exigences spécifiques des applications du domaine de l’eau entraînent l’émergence d’offres packagées dédiées à des applications bien définies.

Qu’il s’agisse d’eau potable, d’eaux usées ou d’eaux industrielles, la pression est sans doute l’une des mesures physiques les plus couramment mesurées. Soit pour déterminer la pression elle-même c’est-à-dire la force qu’exerce un fluide sur une surface, soit pour obtenir un niveau, un débit, une densité, ou encore une tension interfaciale entre deux liquides ou entre un liquide et un gaz et évaluer ainsi les phénomènes d’interaction entre différentes molécules.
Chez Krohne, la sonde céramique capacitive Optibar LC1010 couvre l’ensemble des applications en immergeable, qu’il s’agisse d’eau potable, d’eaux usées, d’ingénierie environnementale ou OEM. Certifiée ATEX et IECEx, elle est dotée d’un câble TPE résistant à la corrosion et homologué eau potable.

Autant dire que les applications en mesure de pression, qu’elles soient ponctuelles ou continues, qu’elles concernent un liquide, un solide ou un gaz, sont aussi nombreuses que variées.

En mesure de pression dans le domaine de l’eau, on distingue traditionnellement les applications qui reposent sur une mesure en ligne, souvent liées à un process, de celles évoquées ici qui font appel à des capteurs immergeables. Elles concernent plutôt des applications liées au stockage de l’eau ou à des mesures en rivière ou en forages par exemple.
Les sondes immergeables KTE8000-CS de First Sensor se caractérisent par une compatibilité élevée avec de nombreux liquides industriels. Les capteurs reposent sur des cellules de mesure résistantes en céramique et des boîtiers en plastique PPS renforcé de fibres de verre, extrêmement résistants aux produits chimiques. Les capteurs sont étalonnés et compensés en température et sont dotés en sortie d’un signal analogique amplifié.

Ces capteurs, aussi appelés sondes immergeables, sont immergés pour mesurer la pression hydrostatique : placés dans l’eau ou dans le liquide à mesurer le plus près possible du fond, ils mesurent la pression hydrostatique, c’est-à-dire la hauteur de la colonne de liquide située au-dessus de lui.

La sonde LH-20 de Wika Instruments peut
s’adapter à un grand nombre d’applications
grâce à ses caractéristiques et options. Dotée d’une double étanchéité, elle est disponible avec, entre autres, un boîtier en titane, un câble PUR/PE/FEP, une précision de 0,1 %, une sortie HART®, une échelle réglable ou une sortie de mesure en température parallèle.

En production d’eau potable, par exemple, la mesure de pression hydrostatique dans un forage ou dans une nappe souterraine nécessite l’immersion d’un capteur à grande profondeur. En eaux naturelles, la mesure de pression hydrostatique est également utilisée pour la surveillance des crues. En eaux usées, elle permet de déclencher les séquences de relevage. En eaux industrielles, elle permet d’obtenir une mesure de niveau en réservoir en fonction de la hauteur de remplissage, indépendamment de la formation de mousse ou de l’encombrement au sein de la cuve ou du réservoir. On utilise beaucoup la mesure de pression hydrostatique en niveaumétrie mais aussi en mesure de densité, la pression générée sur le capteur dépendant de la densité du liquide qui l’exerce.

Les capteurs et transmetteurs de niveau sont donc mis en œuvre dans des environnements souvent très différents, qu’ils soient contrôlés, par exemple en bassin d’essai dans le cadre d’un environnement maîtrisé en termes de profondeur, de température, de pH ou de pression ou bien en milieu naturel pour la surveillance d’ouvrages ou encore à grande profondeur.
Cette grande diversité d’applications et de conditions dans lesquelles la mesure doit se réaliser entraîne une non moins grande diversité de capteurs de pression.

Deux technologies principales

La diversité des capteurs disponibles sur le marché concerne d’abord le principe même de la mesure. Car ces capteurs convertissent la mesure en une mesure intermédiaire (par exemple une déformation) et la transforment en un signal de sortie électrique, typiquement une tension ou une intensité. De façon générale, pour les capteurs de pression, les trois catégories les plus répandues sont les capteurs piézorésistifs, céramique (couche épaisse et capacitive) et couche mince.


« Ce sont les trois grandes technologies que l’on retrouve chez la plupart des fabricants, explique Pierre Forestier, Responsable Marketing chez Wika Instruments. Bien souvent, les fabricants s’appuient sur une ou deux technologies pour bien les maîtriser. Wika Instruments est l’un des rares fabricants, sinon le seul, à maîtriser à la fois la conception et la production des trois technologies ». Mais dès lors que l’on s’intéresse aux transmetteurs de pression immergeables, l’éventail des technologies couramment utilisées est plus restreint.
Le capteur de pression hydrostatique suspendu avec cellule de mesure céramique VEGAWELL 52 est bien adapté pour mesurer le niveau de remplissage de l’eau/des eaux usées
dans la gestion des eaux ou dans des cuves sur navires.

Les capteurs de type piezorésistifs représentent l’essentiel du marché. Ils reposent sur la contrainte qui s’exerce sur un élément sensible, généralement une membrane métallique ou au silicium, micro-usinée, dans laquelle sont placées des résistances sensibles à l‘allongement. La pression créée une variation de résistance mesurable et c’est cette variation de la membrane qui entraîne une variation de la pression hydraulique du liquide autour du capteur piézorésistif. Le capteur délivre un signal proportionnel à la pression, lequel est converti en signal de sortie 4-20 mA. Forte sensibilité, faible hystérésis, robustesse et tenue thermique sont les points forts de cette technologie maîtrisée par Keller, Baumer, Emerson, Hitec, Jumo, Kobold, Wika Instruments ou Vega. Avec un avantage certain : son prix, qui permet aux capteurs piezorésistifs de catégorie intermédiaire de répondre à la quasi-totalité des besoins dans le domaine de l’eau. Certains fabricants privilégient cette technologie sur leurs sondes hydrostatiques. C’est le cas de Wika Instruments dont tous les transmetteurs de pression immergeables sont équipés d’un capteur piézorésistif. « La plupart de ces capteurs sont en acier inox ce qui procure l’avantage de pouvoir les souder sur la base du capteur. En termes d’étanchéité, c’est un énorme avantage, explique Pierre Forestier. L’absence de joint et le fait que le capteur soit soudé procurent une sécurité absolue vis-à-vis de la tenue à la pression mais aussi de la compatibilité chimique ».

La sonde Waterpilot FMX21 avec cellule de mesure capacitive céramique d’Endress+Hauser est utilisée en industries de process et environnement. Avec la sortie HART, les gammes de mesure peuvent être réglées librement et une mesure de niveau avec compensation de la densité peut être activée. Elle est certifiée pour l’eau potable et offre une mesure de température intégrée.

Équipés d’une cellule en céramique, les capteurs capacitifs mesurent, eux, une variation de capacité plutôt qu’une variation de résistance pour mesurer la pression exercée sur l’élément sensible. Ils sont développés par Endress+Hauser, Krohne, Nivus, Fuji Electric ou IFM electronic. Une membrane mobile, placée en vis-à-vis d’une membrane fixe, détermine une capacité, liée à la pression. La technologie, précise et sensible, est privilégiée par plusieurs fabricants comme par exemple Krohne ou Vega. « 80 % des capteurs hydrostatiques que nous proposons sont des capteurs céramiques, souligne ainsi Christelle Boisramé chez Vega. Les capteurs métalliques, dont la membrane repose sur une déformation mécanique, sont moins résistants dans le temps. Si la membrane est sans cesse sous contrainte, par exemple en cas de fortes agitations ou de coups de bélier, elle va fatiguer plus vite. De plus, ces capteurs dérivent plus facilement et nécessitent des réétalonnages en principe une fois par an contre tous les 5 ans pour les cellules céramiques. Dans des fluides chargés, les risques d’abrasion, voire d’impacts, peuvent faire vieillir prématurément, voire endommager la cellule. La cellule céramique est plus résistante. Selon les plages de mesure, elle peut résister 150 fois sa plage nominale ». Endress+Hauser a également opté pour la cellule céramique pour son Waterpilot FMX21 sur lequel repose l’essentiel des applications dans le domaine de l’eau. « Il est équipé d’une membrane bien plus robuste qu’une membrane métallique et qui peut être nettoyée très facilement lorsqu’elle est utilisée dans des eaux chargées, sans risque de détérioration », explique Claude Schelcher, Chef de marché chez Endress+Hauser.

Certifié ATEX, le capteur de niveau IL-10 distribué par Alpha Automatismes a été conçu pour la mesure de niveau dans les ambiances les plus exigeantes. Sa précision, sa fiabilité et sa résistance envers les fluides agressifs, le destine prioritairement aux mesures de niveau en zones dangereuses.

Les capteurs piézoélectriques, quant à eux, sont construits à partir de cristaux (quartz, etc.) et se polarisent électriquement lorsqu’ils sont soumis à des contraintes mécaniques. Cette technologie, qui ne nécessite pas d’alimentation, bénéficie d’une plage de mesure importante et d’une bonne tenue thermique, mais reste peu utilisée dans le domaine de l’eau. Familier des domaines spatial et militaire, Taber Industries fabrique et commercialise des capteurs et transducteurs de pression haut de gamme pour des projets océanographiques, par exemple. Ces capteurs reposent sur des jauges de déformations collées sur des corps d’épreuve situés derrière une membrane assurant le transfert de l’effort appliqué par le fluide au corps d’épreuve instrumenté. Ce type d’instruments, entièrement conçu et réalisé en interne, repose sur une conception basée sur les calculs et sur l’expérience des ingénieurs de l’entreprise.

Reste que dans la pratique, le choix d’un capteur ne se fait que rarement sur la technologie sur laquelle il repose. « Les clients recherchent d’abord un capteur dont les spécifications propres répondent à son application, explique Max Fossey, Responsable Produits Pression et Température chez Krohne. Ensuite, le premier critère de choix, c’est le prix. Sur ce marché très concurrentiel, nous sommes assez proches les uns des autres sur les applications courantes telles qu’on les rencontre dans le domaine de l’eau ». « La technologie du capteur est assez transparente pour le client, confirme Pierre Forestier chez Wika Instruments. La technologie piezorésistive est capable de répondre à la plupart des applications dans le domaine de l’eau, elle est donc logiquement la plus répandue. L’instrument, l’étendue de la mesure, le niveau de précision requis et l’environnement de la mesure sont, avec le prix, les critères de choix les plus courants ». « Par abus de langage, les clients demandent fréquemment une sonde piezo pour designer une sonde hydrostatique, estime de son côté Christelle Boisramé chez Vega. Le plus souvent, c’est la cellule céramique qui convient le mieux à leur application. Les exceptions les plus fréquentes concernent les problèmes de compatibilité chimique ou bien les températures très élevées. S’il n’y a pas de doute sur ces deux paramètres, on proposera quasi systématiquement une cellule céramique ».
Le capteur piézométrique Foradat d’Aqualabo permet un enregistrement en continu du niveau en puits, nappes phréatiques, eaux naturelles, eaux de mer, sols contaminés… Alliant robustesse (corps en Inox 316Ti) et grande autonomie (environ 10 ans ou 2.000.000 de mesures), elle ne nécessite aucun entretien. Ce capteur est doté d’une grande précision de mesure (<0.05% de la pleine échelle) et permet de mesurer jusqu’à 300 m de hauteur. Aqualabo propose ces mêmes capteurs avec transmission GPRS / récupération des données sur serveur Web, et avec capteurs physico-chimiques conductivité, pH, oxygène…

En termes de performances, ces technologies ne présentent pas de différence notable, en tout cas sur les applications les plus courantes dans le domaine de l’eau. C’est donc l’environnement de la mesure et les conditions dans lesquelles elle est réalisée qui guideront le plus souvent les choix. « La robustesse, la fiabilité, notamment l’étanchéité entre le câble et la cellule, restent les critères de choix privilégiés par l’utilisateur », résume Claude Schelcher chez Endress+Hauser.

Sur ce marché, les innovations ont été peu nombreuses ces dernières années. « Les sondes immergeables sont sujettes à des évolutions plutôt que des révolutions », comme le souligne Pierre Forestier, Wika Instruments.

Des évolutions plutôt que des révolutions

Parmi les différentes évolutions apparues ces dernières années, Max Fossey, chez Krohne, cite la mise à l’atmosphère de la cellule, le développement de capteurs agréés ACS pour l’eau potable, ATEX pour les zones dangereuses et SIL pour la sécurité, l’IO-Link qui permet une connexion point à point sans adressage, la protection quasi-systématique contre le risque foudre et l’intégration possible du paramètre température. Krohne, solidement implanté en niveaumétrie et débitmétrie, développe ainsi une offre globale qui démarre avec le capteur classique 4-20 mA et s’étend jusqu’aux matériels SIL2 et SIL3 dédiée aux marchés de la pétrochimie. Au sein de cette offre globale, la sonde de niveau submersible à membrane céramique capacitive Optibar LC1010 couvre l’ensemble des applications en immergeable, qu’il s’agisse d’eau potable, d’eaux usées ou d’applications d’ingénierie environnementale ou OEM. Certifiée ATEX et IECEx, elle est dotée d’un câble TPE résistant à la corrosion et homologué eau potable. Le câble intègre un tuyau d’air pour la mesure du niveau de pression différentielle pour les réservoirs fermés et peut être doté d’un opercule pour la mesure de pression absolue pour les réservoirs ouverts. En option, il peut être doté d’un capteur de température, avec communication HART7 pour une configuration plus pratique.
La sonde CP5218 de Hitec (18 mm, pleine échelle de 50 à 500 m) est équipée d’une cellule de mesure piézo résistive à membrane inox 316L protégée par un isolant souple en silicone. Elle est dédiée aux puits et forages profonds, eaux thermales ou oxydantes.

Pierre Forestier, Wika Instruments, évoque de son côté le développement d’électroniques optimisées basse consommation avec des signaux de sortie de faibles puissances pour augmenter l’autonomie des applications reposant sur batterie. Le transmetteur de pression immergeable dernière génération Type LF-1 répond à ce besoin. Son diamètre de 22 mm seulement le rend bien adapté à une utilisation en puits profonds. Pour les applications eau, la gamme de Wika repose sur une demi douzaine de transmetteurs immergeables du type LS10, le plus basique au LH 20 conçu pour les mesures les plus exigeantes. « En fonction des exigences, elle est disponible avec, entre autres, un boîtier en titane, un câble PUR/PE/FEP, une précision de 0,1 % et une échelle réglable ou une sortie de mesure en température parallèle » explique Pierre Forestier. Un câble scellé renforcé par un ressort, assure une longue durée de fonctionnement, même soumise à de lourdes charges mécaniques et une utilisation en continu. Claude Schelcher, chez Endress+Hauser, confirme le développement de mesures autonomes, transmises à distance, et l’intérêt des utilisateurs pour des électroniques optimisées, moins gourmandes en énergie, associées à des protocoles de communication de types cellulaires ou longue portée.


Christelle Boisramé chez Vega signale en particulier le développement d’afficheurs Bluetooth permettant d’interroger le capteur à distance. « On y associe de plus en plus fréquemment un datalogger, souvent Bluetooth également, qui va par exemple permettre de piloter le capteur, de le réveiller, faire la mesure, la stocker puis l’envoyer soit sur une supervision, soit par sms ou par mail, directement via un simple Smartphone ». La mémoire de stockage intégrée dans les capteurs développés par Vega a été augmentée de 3.200 à 100.000 points de mesure.
Schéma illustrant une mesure de densité via la technologie de mesure de pression différentielle électronique, (capteur maître et esclave). Document Vega.

« Côté signal de sortie, on en reste quand même le plus souvent sur du 4-20 mA, quelquefois du HART sur des applications spéciales ou chimie ou pétrochimie », complète Pierre Forestier chez Wika.

La possibilité offerte par de nombreuses sondes immergeables de disposer d’une mesure de la température en plus d’une mesure de pression constitue une possibilité intéressante. Beaucoup de fabricants la proposent désormais. Vega a fait évoluer sa cellule, laquelle intègre désormais une deuxième sonde de température située en face avant et non plus à l’arrière de la sonde. Un algorithme de calcul permet de détecter immédiatement un changement de température que l’électronique compense immédiatement. « C’est important dans les process dans lesquels les variations de température sont conséquentes, explique Christelle Boisramé. Le fait de pouvoir récupérer avec un seul et même capteur une mesure de pression et de température est également très utile pour surveiller un process épuratoire, surveiller la température d’eaux de rejets ou encore les milieux naturels ».
Certaines innovations favorisent l’apparition ou le développement de nouvelles applications.

Des applications qui évoluent et se diversifient

« Les progrès accomplis en matière d’alimentation solaire ont permis de développer de nombreuses applications de télésurveillance en milieu naturel » souligne ainsi Max Fossey chez Krohne. De même, l’arrivée des électroniques basse consommation favorisent les applications sur batterie, nombreuses en milieux naturels.
Résistance aux surcharges, à la température, et stabilité à long terme caractérisent la sonde Maera S29W de Jumo, équipée d’une cellule de mesure en titane.

À l’inverse, l’essor d’autres technologies comme par exemple le radar entraîne une modification sensible des pratiques. « Sur tout ce qui est mesure de rivières, nous étions précédemment sur de l’immergeable, mais le radar, qui présente l’avantage de se poser facilement, gagne très rapidement du terrain, souligne ainsi Max Fossey chez Krohne. La baisse du prix du radar profite des gros investissements qui s’effectuent dans le domaine de la surveillance des crues ». Une tendance largement confirmée chez Vega. « Un radar ne dérive pas et n’a pas besoin d’être étalonné, souligne Christelle Boisramé. Il est facile à installer et ne nécessite pas, contrairement à un capteur hydrostatique, que l’on s’inquiète de la plage de mesure. Par ailleurs, son prix, qui pouvait constituer un frein jusqu’à présent, est désormais équivalent à celui d’un capteur hydrostatique de catégorie intermédiaire. Dans certains cas, il est même moins cher, par exemple lorsqu’un capteur hydrostatique nécessite des matériaux spéciaux, des options de protection particulières ou de grandes longueurs de câble ».

Dotée d’une électronique numérique, la nouvelle gamme de capteurs piézo SNA de Paratronic est adaptée aux mesures de niveau d’eau en milieux naturels ou d’effluents chargés. 

« En termes de simplicité de mise en œuvre et d’utilisation, l’avantage reste quand même aux transmetteurs immergeables, estime cependant Pierre Forestier chez Wika qui fait de ces deux technologies des solutions complémentaires plutôt que vraiment concurrentes. On peut difficilement faire plus simple qu’une sonde hydrostatique. L’échange se fait de façon très rapide, si bien que les sondes conservent des atouts importants ». « Sur les mesures en eau de surface, le radar profite de ses atouts et gagne légitimement du terrain, estime de son côté Claude Schelcher, Endress+Hauser. Mais sur beaucoup d’autres applications, notamment en château d’eau ou en réservoir, l’immergeable reste assez logiquement prédominant ». « Toutes les applications ne justifient pas forcément d’obtenir une précision au millimètre, renchérit Alain Cridel chez Paratronic. On est donc pas près de systématiser les radars sur des ouvrages ou des applications qui ne le justifient pas, d’autant que sur les applications simples qui ne réclament pas autre chose qu’une sonde basique, il subsiste un écart de prix significatif entre ces deux technologies ».


Reste que la différenciation, au plan technique, de capteurs immergeables de catégorie intermédiaire utilisés sur des applications eau, est ardue.
Rittmeyer propose des sondes immergées permettant d’atteindre une précision de 0,1 % à 0,05 % de la pleine échelle. Ces sondes sont programmables, ce qui permet de les recalibrer en cas de légère dérive dans le temps.

Pour assurer leur présence sur le marché via le paramètre pression qui reste, avec le paramètre température, un point d’entrée stratégique pour toutes les autres grandeurs à mesurer et pour l’ensemble de l’instrumentation en général, les fabricants développent des offres packagées dédiées à des applications bien définies et font évoluer leurs capteurs vers davantage de simplicité et de facilité de manipulation. Objectif : simplifier l’approvisionnement comme les usages.

Simplifier l’approvisionnement comme les usages

Un capteur adapté aux exigences spécifiques du secteur de l’eau, simple à mettre en œuvre, d’une fiabilité à toute épreuve et… bon marché. C’est ce que proposent les industriels de l’eau tels que Aqualabo, Hitec, SDEC ou encore Tecfluid.
L’exactitude de 0,5 % et la stabilité à long terme de 0,2 % par an contribuent au fonctionnement fiable des sondes de la série PS d’ifm electronic. Les sondes ATEX de la série PS3xxA servent à la mesure de niveau dans des zones à risque d’explosion. Les capteurs peuvent être utilisés dans les zones 0, 1, 2 ou 20, 21, 22 ainsi que pour les industries minières. L’homologation GL permet l’utilisation dans les applications marines.

Hitec s’attache à proposer depuis plus de 30 ans en proposant une gamme étendue de capteurs immergeables, raccordables, pendulaires… Pour les puits et les forages, cette entreprise propose par exemple des sondes de faible diamètre (15, 18 ou 21 mm) susceptibles d’être immergées jusqu’à 500 mètres de profondeur grâce à un câble autoporteur armé en Kevlar. La mesure est réalisée par pression différentielle entre la surface du liquide et la position du transmetteur immergé puis convertie en signal électrique par technologie piézorésistive et conditionnée en boucle 4-20 mA pour être acheminée sur des kilomètres de câble sans affaiblissement de signal. En assainissement, l’entreprise a su associer ses connaissances physico-chimiques, métrologiques et électroniques pour développer un capteur, le CP5240, capable de fonctionner sans problème dans la plupart des effluents urbains mais aussi industriels. Ce capteur, issu d’une évolution du CP5230, tient compte des exigences des directives européennes qui stipulent que les step doivent être couvertes pour limiter les rejets de sulfure d’hydrogène dans l’atmosphère. La conséquence a été de provoquer des concentrations en H2S importantes dans les bassins, provoquant parfois un brouillard chargé d’acide sulfurique… Ces développements de produits, réalisés quasiment sur-mesure dans des temps très courts et associés à des services rapides et étendus, séduisent et fidélisent les exploitants.

Les solutions proposées par C2AI permettent le contrôle et la transmission des valeurs de niveau en totale autonomie. Le HD35-Niv enregistre la valeur du niveau à intervalle de 30 s à quelques heures. Les données sont stockées en local et transmises en radio (jusqu’à 500 m) à un concentrateur lié au serveur ou au cloud via USB, Modbus, Ethernet, Wifi, GSM. La solution SmartCan-Niv enregistre et communique en GSM ou réseau Lora. Les données sont transférées vers une application dédiée.

Même recette chez STS, spécialiste du domaine de l’eau, qui produit ses propres cellules de mesure et développe une gamme de capteurs de pression pour l’eau potable, l’assainissement et la gestion des eaux souterraines ou de surface. Des produits qui reposent sur une grande modularité, flexibles en termes d’interface de processus, de matériaux d’étanchéité et de plages de mesure, qui permettent à l’entreprise de fournir des capteurs correspondant exactement aux spécifications requises dans des délais très courts. STS France est en mesure de fournir des capteurs de seulement quelques millimètres de diamètre.


Chez Paratronic, les capteurs piezorésistifs CNR et MPXF (18 mm) sont conçus pour une utilisation en assainissement et rivières, mais également en eau potable puisqu’ils disposent de l’ACS requise. Compensation continue en température, tenue aux chocs de foudre jusqu’à 20 kA sans parasurtenseur grâce à une électronique durcie, garantie 2 ans… sont les principaux atouts de ces capteurs.

Plus récemment, Paratronic a développé une nouvelle gamme de capteurs piezo baptisée SNA, dotée d’une électronique numérique haute précision y compris en cas de variation de température : mesure en milieu naturel, faible hauteur d’eau, mesure d’étiage, etc. « Les capteurs SNA se distinguent par leur précision et leur polyvalence, explique Alain Cridel, directeur commercial. Ils sont équipés d’une membrane céramique affleurante ce qui les rends insensibles aux phénomènes d’encrassement même en assainissement ou en environnements agressifs. Ils sont paramétrables entre 50 cm et 10 mètres de pleine échelle par l’utilisateur lui-même ».

Autre élément différenciant de l’offre développée par Paratronic, le câble, sa structure, ses caractéristiques dimensionnelles, mécaniques et chimiques, ainsi que les matériaux qui le composent, directement issus du savoir-faire de l’entreprise. « Nos câbles permettent la mise à la pression atmosphérique du capteur sans utiliser de capillaire ce qui évite les phénomènes d’écrasement, de pincement, de pliage, voire de bouchage, souligne Alain Cridel. Leur souplesse autorise des installations avec coudes ou angles, ainsi que les cheminements tortueux. Autoporteurs, ils résistent également aux agressions de l’eau et du chlore ». Capteurs et câbles sont livrés le lendemain pour toute commande reçue avant midi. « C’est devenu essentiel car les services ne gèrent plus de stock et travaillent désormais en flux tendu ».
SDEC développe une gamme complète de sondes autonomes de mesures de pression et de la température pour des applications variées en eaux naturelles et industrielles. Toutes ces sondes sont constituées d’une batterie d’une durée de vie de 10 ans et d’une mémoire interne pouvant aller jusqu’à 260.000 données par paramètres.

Les adaptations des capteurs immergeables aux contraintes spécifiques du domaine de l’eau s’accompagnent de gros efforts pour simplifier leur mise en œuvre et leur utilisation. Vega a ainsi engagé de gros efforts pour développer des boîtiers afficheurs ergonomiques dotés de menus préenregistrés simples et rapides à exploiter. « L’utilisateur a juste à brancher le capteur, à définir la hauteur de mesure, pour qu’il se règle quasiment tout seul, souligne Christelle Boisramé. Dans l’esprit des utilisateurs, une sonde piezométrique doit être simple à mettre en œuvre et facile à utiliser. C’est presque un consommable ». Pas toujours facile dans ces conditions pour les fabricants d’instruments de process haut de gamme de se démarquer des sondes à bas coûts qui tendent à se banaliser.