En créant une telle filière, le projet NanoSelect Next Step, porté par Chemdoc Water Technologies, vise à accélérer la transition vers une gestion circulaire, durable et sécurisée de l’eau.
Lancé fin 2025, le projet NanoSelect Next Step, porté par Chemdoc Water Technologies – le Français a développé en 2019 un procédé de réutilisation des eaux usées traitées (REUT) utilisant des membranes neuves et baptisé Nanoselect – et sélectionné dans le cadre de l’appel à projets Innov Eau de l’Ademe, avec le soutien de l’État via France 2030, vise à développer une filière de recyclage et de revalorisation des membranes d’osmose inverse, utilisées dans le domaine de la REUT, afin d’accélérer la transition vers une gestion circulaire, durable et sécurisée de l’eau.
« Il existe un important gisement de membranes usagées, encore dépourvues de filière de valorisation. Chaque année, dans le monde, entre 4 millions et 5 millions de membranes sont mises en décharge ou incinérées », explique Salvador Pérez (voir photographie), directeur général de Chemdoc à notre confrère Les Echos. L’intérêt est de développer une technologie plus accessible pour recycler des eaux usées traitées, alors que les membranes neuves « sont souvent perçues comme trop poussées et coûteuses car elles sont conçues pour des applications à très forte valeur ajoutée (pharmacie, cosmétique, microélectronique, agroalimentaire, potabilisation de l’eau…) », poursuit-il.
Le projet NanoSelect Next Step consiste en une solution de filtration de nouvelle génération, intégrant des membranes reconditionnées, en détournant des membranes de leur usage d'origine. Une légère et volontaire dégradation, qui vise à ouvrir leurs pores, permettra d’adapter les membranes recyclées à de nouveaux usages, « en consommant moins d’énergie et en déminéralisant moins ». À horizon 2034, le projet prévoit d’éviter près 32 millions de mètres cubes d’eau prélevées, soit 1,4 % de l’objectif du Plan Eau, dans trois domaines (agriculture, industrie et milieu urbain), de réduire les consommations d’eau de plus de 24 millions de m3 en cumul et d’éviter 2 300 tonnes de CO2 grâce au recyclage des membranes.
D’un montant s’élève à 5,1 millions d’euros, dont 3,1 millions d’aides, et d’une durée de 60 mois, NanoSelect Next Step s’appuie sur un partenariat scientifique associant l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Toulouse (équipe Sophye du Toulouse Biotechnology Institute et CRITT[1] Génie des procédés) et l’Institut européen des membranes (IEM) de l’Université de Montpellier. Le programme va impliquer trente experts, trois thèses et deux brevets.

