Coordonné par Aquatiris et Soprema au sein d’un consortium, cette approche de réutilisation des eaux usées traitées (REUT) permettrait de réduire jusqu’à 30 % la consommation d’eau potable dans les bâtiments.
Opéré par l’Ademe et coordonné par Aquatiris et Soprema au sein d’un consortium intégrant l’Université de Strasbourg, le CNRS[1], l’ENGEES[2] et Inrae[3], représentés par Conectus (laboratoire ICube et Sage), le projet PhytoToiture a pour vocation d’accélérer le développement de la réutilisation des eaux usées traitées (REUT) grâce à la toiture. Il ambitionne en effet d’évaluer et d’optimiser les performances de la technologie de traitement par filtres plantés en toiture, afin de parvenir à une solution industrialisable et commercialisable à grande échelle.
Cette approche, dont le socle technologique repose sur la solution Skywater Clear issue de l’expertise de Soprema en étanchéité et toitures végétalisées et du savoir-faire d’Aquatiris en techniques végétalisées de traitement, permettrait de réduire jusqu’à 30 % la consommation d’eau potable dans les bâtiments, tout en limitant les rejets polluants vers les stations d’épuration (STEP). Avec l’intégration de systèmes végétalisés, le dispositif contribuerait également à rafraîchir l’air urbain grâce à la thermorégulation des bâtiments, tout en favorisant le développement de la biodiversité en ville.
Le projet PhytoToiture prévoit le déploiement et l’étude de quatre prototypes, représentant différentes catégories de bâtiments, dans diverses régions de France, qui feront l’objet d’un suivi en temps réel pour garantir la qualité et la sécurité sanitaire des eaux traitées pour le plus grand nombre d’usages. L’expérimentation menée à Paris se concentrera sur le traitement et la réutilisation des eaux de salle de bains au sein de logements collectifs de type résidence étudiante. Une usine de Soprema située dans le Grand-Est permettra de mener des tests sur les eaux ménagères des bureaux et les vestiaires du site.
Étudier l’acceptabilité sociale et les freins
Au siège social de Soprema, ce sont les eaux grises et de cuisine du restaurant d’entreprise qui sont retraitées. Un quatrième prototype est en cours de recherche, idéalement situé dans le Sud de la France, afin d’expérimenter une approche complémentaire aux trois autres démonstrateurs. Les expérimentations incluront un suivi hydraulique et qualitatif détaillé, complété par des études sociologiques. Le projet entend en effet étudier l’acceptabilité sociale de l’innovation auprès des gestionnaires et des usagers, et sa reconnaissance technique par les acteurs de la construction, via, notamment, l’obtention d’un avis technique.
« Les quatre démonstrateurs permettront d’analyser et d’évaluer les freins et les leviers pour un déploiement à grande échelle de telles solutions, en tenant compte des évolutions réglementaires », indique Alicia Adrovic, spécialiste en hydrologie urbaine et responsable du développement de la gamme Skywater chez Soprema. Le projet PhytoToiture est prévu pour une durée de cinq ans (2025 à 2030), avec un budget total de 4,29 millions d’euros, dont 2,11 M€ d'aide publique via France 2030.

