En service depuis 2011, la technologie de traitement de l’eau potable calcaire, sans chimie et sans maintenance, a permis à la collectivité d’allier qualité de l’eau, respect de l’environnement et maîtrise des coûts.
La gestion de l’eau potable est un véritable défi pour les collectivités qui doivent résoudre une équation complexe, à savoir traiter le calcaire et la corrosion tout en respectant l’environnement et maîtriser les coûts. En France, force est de constater que les solutions de traitement chimique sont bien souvent plébiscitées alors même que des alternatives naturelles existent. Pour relever ce défi, la commune de Chasseneuil (Indre), via le Syndicat intercommunal des eaux de La Philippière, a choisi, dès 2011, une approche innovante, sans chimie et sans maintenance, avec la technologie galvanique de l’Allemand Aquabion.
Sur cette commune, le réseau de distribution de l’eau, qui alimente 360 foyers, représente une longueur de 226 km de canalisations et comprend quatre châteaux d’eau et une station de refoulement. L’eau y est particulièrement dure (33 °f[1]) et la mairie devait faire face au mécontentement de nombreux habitants déplorant des dysfonctionnements de leurs équipements, ainsi qu’à de lourdes dépenses pour mener régulièrement des opérations de curage. En 2008, une solution de décarbonatation avait été envisagée, mais cette option, bien qu’efficace, représentait un surcoût d’environ 12 centimes d’euro par mètre cube d’eau produit, ce qui n’était pas économiquement viable pour le syndicat.
Dès 2011, il a donc souhaité tester le procédé de traitement galvanique développé et breveté par Aquabion, après une enquête menée auprès d’autres utilisateurs. C’est ainsi que six appareils Aquabion ont ainsi été déployés et raccordés au réseau, et quatre manchettes témoin installées dans les zones les plus sensibles du réseau, notamment, au milieu du bourg de Chasseneuil, à 900 m du château d’eau principal et à 2 900 m dans le bourg.
L’installation permet une inspection visuelle de l’intérieur des canalisations et, donc, de vérifier à tout moment l’efficacité du traitement et la transformation du calcaire en poudre qui n’adhère pas. L’efficacité du système s’est avérée constante malgré l’absence de maintenance et prouvée grâce aux manchettes : le tartre dur a disparu, transformé en une poudre qui n’adhère pas aux canalisations.
Un investissement de 200 000 €
Pour la collectivité, les bénéfices se situent à plusieurs niveaux. Il y a d’abord l’absence totale d’intrant chimique et, donc, la garantie de préserver l’équilibre naturel de l’eau potable. En plus de l’aspect environnemental, les avantages résident dans l’absence d’interventions de curage fréquentes et coûteuses, de désagréments pour les usagers et de risque de prolifération bactérienne – le tartre et la corrosion sont responsables de dépôts de biofilm propice au développement de légionelles.
Enfin, le coût de fonctionnement presque nul constitue l’assurance d’un budget maîtrisé. En termes de coût, l’investissement total s’élève à un montant de 200 000 €, qui comprend l’installation, le raccordement des six appareils pour une durée de service de 10 ans et la mise en place des manchettes témoin. Le Syndicat intercommunal des eaux de La Philippière vient, d’ailleurs, de commencer le renouvellement du dispositif pour 13 années supplémentaires.
[1] Le degré français (°f ou °fH), est l’unité du titre hydrotimétrique (TH), caractérisant la dureté de l’eau, et du titre alcalimétrique complet (TAC). Un degré français correspond à la dureté d’une solution contenant 10 mg/l de carbonate de calcium (CaCO3).

