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Grand Chambéry mise sur la biosurveillance des micropolluants de Viewpoint

05 mars 2026 Paru dans le N°490 ( mots)
© Banque des territoires

La communauté d’agglomérations savoyarde utilise deux ToxMate depuis 2023 pour contrôler en temps réel la qualité de l’eau sur son territoire. Le partenariat se poursuit avec l’objectif d’utiliser les données en temps réel pour un pilotage des traitements des micropolluants dans le cadre de la REUT.

La communauté d’agglomérations Grand Chambéry (Savoie) a fait le choix, en octobre 2022, de mettre en œuvre une solution de biosurveillance de Viewpoint pour contrôler en temps réel la qualité de l’eau sur son territoire. « Plusieurs raisons nous ont conduits à surveiller la présence de micropolluants en sortie de l’usine de dépollution des eaux polluées (UDEP). D’abord, les eaux sont actuellement rejetées assez loin, dans le Rhône, milieu déjà fortement impacté par de multiples rejets, et ponctuellement dans le lac du Bourget, milieu sensible s’il en est », explique Cyrille Girel, responsable du pôle Environnement Qualité Sécurité Prospective au Grand Chambéry, interrogé par la Banque des territoires.

« Dans le même temps, dans le cadre de la directive Eaux résiduaires urbaines 2 (DERU 2), nous souhaitons mieux connaître la toxicité des eaux pour adopter un niveau de traitement optimum des micropolluants – une part importante des eaux usées provient de l’industrie. Cela nous permet également d’envisager la réutilisation des eaux usées traitées (REUT) à usage industriel. Enfin, nous avons besoin de caractériser les pollutions pour accompagner les industriels vers une réduction de ces pollutions en amont », poursuit-il.

« Ce projet [100 000 euros d’investissement en matériel, NDR] s’intègre dans une démarche vertueuse de Grand Chambéry, qui souhaite aller au-delà des attentes réglementaires en matière de qualité d’eau, et détecter la présence de micropolluants. La collectivité disposait d’un système de biosurveillance au niveau de ces puits de pompage dans la nappe, mais basé sur la réaction de truites, en réalité peu sensibles aux micropolluants. Elle souhaitait remplacer ce système et a immédiatement vu l’intérêt de l’installer également en sortie de station d’épuration (STEP) », ajoute Didier Neuzeret, P-DG de ViewPoint.

C’est ainsi que deux systèmes de biosurveillance ToxMate du fabricant ont été installés au puits de pompage des Îles, pour les eaux de captage de la nappe phréatique, et à l’UDEP, pour suivre la qualité du rejet. Après l’installation de préleveurs en février de l’année dernière, les ToxMate permettent aujourd’hui d’analyser 6 000 micropolluants, bien au-delà de ce qu’impose la réglementation, au lieu des 300 micropolluants testés auparavant.

Aider dans la mise en œuvre de la REUT en sortie de l’UDEP

« Nous sommes en phase 2 du projet : sur nos deux installations, nous cherchons à corréler les événements de toxicité et à quantifier les potentiels polluants par analyse chimique sur l’eau et le biote. La phase 3 consistera, si nécessaire, à définir les mesures correctives notamment en lien avec la DERU 2. En caractérisant les micropolluants et en analysant les pics de pollution en fonction des jours et heures, nous obtenons également des indices sur les types d’activités à l’origine des pollutions. Nous pourrons alors travailler avec les acteurs industriels à la réduction de ces pollutions, en amont », décrit Cyrille Girel (Grand Chambéry).

L’analyse des pollutions en temps réel va aussi aider Grand Chambéry dans la mise en œuvre de la REUT en sortie de l’UDEP au moment où sa qualité est la plus compatible avec les traitements de réutilisation. « Le stade ultime (la phase 4) peut aller jusqu’à une utilisation des données en temps réel au service d’un pilotage des traitements des micropolluants dans le cadre de la REUT. C’est l’objet de notre partenariat avec ViewPoint dans le cadre de France 2030 », annonce Cyrille Girel. Ce que confirme Didier Neuzeret (Viewpoint) : « Nous menons un projet pour développer des méthodes de pilotage en temps réel grâce à ToxMate. En 2026 et 2027, nous allons travailler sur quatre sites : une STEP en zone urbaine, un site d’eau potable, une zone de rejet végétalisé et, à Chambéry, cette STEP pour le volet REUT. En fonction de nos mesures, nous paramétrerons des traitements adaptés à ces quatre problématiques. »


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