Plusieurs sociétés prennent le problème de l'optimisation de l’efficacité énergétique des bassins d’aérations par un autre bout que celui d’équipements matériels ou logiciels. GreenCell et VTA, par exemple, ont développé des produits dont la fonction est d'améliorer certaines étapes du traitement des eaux usées afin de contribuer à la réduction des coûts énergétiques.
C’est le cas des solutions de bio-augmentation pour les stations d’épuration (STEP) urbaines ou industrielles, conçues et produites par GreenCell. « Le cœur de notre offre repose sur des consortiums spécifiques de micro-organismes (solutions biosourcées) capables d’optimiser les principales étapes du traitement biologique des eaux usées. Fonctionnant dans les phases successives aérobie-anaérobie, nos micro-organismes accélèrent et stabilisent les réactions de nitrification, puis de dénitrification. Cette efficacité biologique réduit ainsi le besoin d’aération, d’agitation et de recirculation, d'où, notamment, une réduction marquée de la consommation électrique des pompes, des surpresseurs et des agitateurs », explique Vincent Escarzaga, responsable commercial Environnement chez Greencell.
Par exemple, la formulation de micro-organismes MycoEpur-S, destinée au cycle de l'azote (nitrification/dénitrification) et, plus largement, à l'intensification de l'activité biologique sur la filière eau, a permis d’atteindre des gains énergétiques équivalant à plus de 56 000 euros par an sur la filière boues et l’électricité d'une STEP de 25 000 équivalents-habitants (EH). Quant à VTA, l’ajout de son « produit-système » Biolizer dans la biologie permet un aspect harmonisé des bulles d’air. « En moyenne, l’économie d’énergie observée sur nos chantiers est de l'ordre de 30 % et peut même atteindre 50 % de la consommation électrique des bassins d’aération comme dans une STEP d'une fromagerie industrielle », affirme David Rietsch, technico-commercial expert dans le traitement des eaux usées chez VTA.
Il prend l'exemple de la STEP d'Issenheim (Haut-Rhin). Un incendie ayant rendu inutilisables les deux surpresseurs, il était impossible d’oxygéner suffisamment les deux bassins d’aération, d'un volume de 5 000 m³ chacun, avec le seul surpresseur de secours. « Les responsables étaient alors confrontés à un excès de DCO et de DBO5 dans le milieu naturel et à l'impossibilité de nitrifier. L’utilisation du Biolizer CC 77 (déphosphatant) et du Nanofloc A 644 (coagulant) a permis d’améliorer respectivement le transfert de l’oxygène de l’air dans l’eau et le transfert de l’oxygène de l’eau aux flocons bactériens, donc les conditions d’oxygénation et de nitrification.
L’injection de 50 ppm en fonction du cumul du volume d’eaux usées et du volume de recirculation a permis de passer de 0 à 2-2,5 mg/l d'oxygène dans les bassins d’aération dès le lendemain. L'utilisation du Biolizer CC 77 pendant quelques jours, en remplacement du chlorure ferrique, a permis de monter à des pointes de 8-9 mg/l d’oxygène, sans pouvoir redescendre à une concentration de 0 mg/l. Cela rendait impossible la dénitrification car il n’était pas question d’arrêter la seule ventilation qui restait, pour des raisons de sécurité », explique David Rietsch.

