Your browser does not support JavaScript!

Désinfection des eaux : des solutions complémentaires

31 decembre 2019 Paru dans le N°427 à la page 67 ( mots)
Rédigé par : Jacques-olivier BARUCH

Les trois méthodes principales de désinfection des eaux que sont le chlore, l’ozone et les ultraviolets ont chacune leurs avantages et leurs défauts. La tendance est à une association des solutions pour parvenir, au moindre coût environnemental et économique, à une eau de qualité réglementaire.

L’eau est un bien précieux, la santé de la population encore plus. Qu’elle soit potable ou résiduaire, elle doit être exempte de tout germes nocifs, comme les eaux industrielles ou l’eau des piscines. Pour éviter la présence de bactéries comme Legionella Pneumophila, Giardia, Escherichia Coli ou autres virus ou champignons, la réglementation est à ce titre très précise, mais différente pour chaque usage. Pour parvenir au résultat souhaité, les opérateurs du secteur de l’eau se doivent de mettre en place des systèmes de désinfection adaptés.

Le chlore : un désinfectant universel

Depuis plusieurs dizaines d’années, le chlore est l’agent oxydant le plus utilisé dans les petites installations d’eau potable, en eaux industrielles notamment dans l’industrie agro-alimentaire et également en traitement des eaux de piscine. « Plus de 99 % des piscines publiques ou privées s’en servent pour éliminer les bactéries susceptibles d’être pathogènes pour l’homme », remarque David Mariet, chez Cifec. Ce fabricant bien connu d’appareils de désinfection par le chlore utilise le chlore gazeux (Cl2) dans sa gamme de chloromètres Chloro+, ou le dioxyde de chlore (Cl02) pour sa gamme Bioxy tout comme Grundfos avec sa gamme Oxiperm. Le principal intérêt de cet halogène est d’être rémanent. Il reste dans la solution et élimine les bactéries, les virus ou les champignons. Reste qu’il est un halogène, une famille de molécules très réactives et dont quelques réactions peuvent engendrer quantité de sous-produits parfois nocifs, voire cancérigènes pour certains. La chloration, tout comme l’ozonation, peut entraîner la formation de sous-produits. La formation de ces sous-produits peut toutefois être limitée en maîtrisant certains paramètres comme la dose de chlore injecté, le temps de contact (en usine et selon le temps de séjour hydraulique) et la présence de poste de chloration sur le réseau de distribution. Eurochlore propose notamment une vanne modulante permettant une régulation précise et automatique du taux de chlore en fonction du débit d’eau à traiter et du taux de chlore résiduel. La lutte contre la formation des sous-produits ne doit toutefois pas se faire au détriment de la désinfection de l’eau. Le chlore est reconnu pour son fort pouvoir oxydant et son effet rémanent. Il permet ainsi de garantir une qualité bactériologique irréprochable de la sortie de l’usine jusqu’au consommateur final. L’utilisation du chlore sous sa forme gazeuse est aujourd’hui plébiscitée pour sa facilité de mise en œuvre et l’absence d’émanation pour les agents techniques.
Le chloromètre Chloro+ de Cifec affiche une durée de vie supérieure à 30 ans.

Au contact des polluants azotés apportés par les êtres vivants (urine, sueur, salive, poils, peau, etc.), le chlore se transforme en des composés résiduels, les chloramines, dont la concentration dans l’eau ne doit pas dépasser 0,6 mg/l d’eau chlorée en piscine. Les études menées depuis plusieurs années par l’INRS ont mis en évidence l’action irritante des trichloramines. Elles sont responsables d’irritations oculaires et nasales, ainsi que de troubles respiratoires pouvant entraîner des incapacités de travail chez les maîtres-nageurs et le personnel d’entretien des piscines. Au-delà de cet enjeu de santé, la réglementation impose de maintenir en permanence le taux de chlore combiné (chloramines) en dessous de 0,6 mg/l avec une évolution de ce taux à 0,4 mg/l notamment en présence de bébés nageurs, selon le rapport de l’ANSES de juin 2010. Ce taux est maintenu grâce à un apport important en eau neuve. Cette solution est coûteuse pour la collectivité et n’apporte pas toujours les résultats escomptés.

Vanne  modulante d'Eurochlore permettant une régulation précise et automatique du taux de chlore en fonction du débit d’eau à traiter et du taux de chlore résiduel.

Incontournable en désinfection d’eau potable, mais aussi en eaux usées ou eaux de process, le chlore doit être manipulé et dosé de manière rigoureuse. Les solutions existent, développées par des spécialistes tels que Cifec, inventeur en France du chloromètre de sécurité en dépression. Avant ce développement technologique, le chlore gazeux était injecté sous pression avec tous les risques et inconvénients qui en découlaient.

Grundfos avec la gamme Selcoperm offre une sécurité intégrale grâce à la double enveloppe intégrée : la dilution et l'évacuation du dihydrogène produit par la réaction d'électrolyse sont contrôlées en permanence, évitant la formation d’ATEX et le besoin de zonage sur site.

L’eau potable doit quant à elle contenir, au robinet, un minimum de 0,1 mg/l de chlore conformément aux exigences du plan Vigipirate. Celui-ci ne provient pas de n’importe quel produit. L’eau de javel (hypochlorite de sodium, NaClO) est encore fréquemment utilisée mais pas toujours facile à manipuler. C’est pourquoi les constructeurs proposent d’autres options. Avec sa gamme Eco MX, BWT transforme, in situ et sur demande, le sel (NaCl) en un produit chloré par électrolyse, tout comme Grundfos avec le procédé Selcoperm ou ProMinent avec Chorinsitu®. L’électrochloration présente plusieurs avantages : une concentration de la solution de javel stable (fabrication in situ et en fonction de la demande), un moindre goût de chlore du fait d’une meilleure gestion du taux de traitement, une formation de chlorates faible, des dangers d’exploitation moindres et une exploitation plus facile.

La gamme de générateurs d’ozone Ozonia® M de Suez présente un encombrement réduit de 25 % et intègre une technologie baptisée Ozonia® IGS+ qui permet de réduire significativement les consommations d›énergie (jusqu’à – 25 %) tout en augmentant la capacité de production jusqu›à 25 kgO3/h.

Chlore gazeux, hypochlorite, électrochloration, matériel de sécurité, Cifec propose l’ensemble des équipements nécessaire à la désinfection au chlore. Eurochlore fournit également des équipements complets pour le chlore gazeux avec chloromètre, hydro-injecteur et débitmètre. De même que Grundfos avec sa gamme Vaccuperm, qui bénéficie de l'expertise Alldos, société rachetée en 2005, historiquement présente sur le marché de la désinfection. CIR donne le choix du chlore gazeux avec sa gamme Chlorus ou du dioxyde de chlore avec son générateur Dioxir qui fait réagir le chlore gazeux avec du chlorite de sodium (NaClO2).


Selon les applications des clients et les réglementations applicables, ProMinent propose des systèmes de dosage de chlore liquide, des générateurs de chlore par électrolyse du sel, des générateurs de dioxyde de chlore ainsi que des systèmes d’injection de chlore gazeux équipés notamment d'une vanne de dosage. Cette vanne modulante est programmable, ce qui permet de garantir un dosage parfaitement linéaire en fonction d’un signal d’entrée analogique 4-20 mA.
BIO-UV conçoit, fabrique et commercialise divers systèmes et concepts de désinfection UV adaptés à de nombreuses applications dont l’une concerne le traitement de l’eau potable.

Mais attention ! Au contact du chlore, les opérateurs comme le public peuvent ressentir des désagréments, voire développer certaines pathologies en cas d’exposition aigüe. Et le chlore peut parfois donner un goût caractéristique à l’eau potable que les consommateurs apprécient peu. Sans compter que l’environnement tient une place de plus en plus importante au niveau des rejets gazeux ou aqueux dans les milieux. Il faut donc rationaliser l’utilisation du chlore.

Alternative au chlore

Disponible pour le traitement des circuits d’eaux potable et de process, et des circuits de refroidissement, l’utilisation du dioxyde de chlore (ClO2) montre son intérêt comme alternative au chlore. Outre son action sur une large gamme de pH (4 à 10) et son activité biocide, le ClO2 a un effet direct sur l’élimination du biofilm et permet une formation limitée de chlorates, THM et AOX dans les circuits. Nalco Water propose une gamme complète de générateurs in-situ (de 5 g/h à plusieurs Kg/h de ClO2 produit), utilisant soit la technologie de l’électrolyse qui permet de générer du ClO2 dilué (procédé Envirox™) sans utilisation d’acide, soit les générateurs utilisant des précurseurs spécifiques comme le Naldiox™ et le Purate™. Ces systèmes de production in situ sont contrôlés et surveillés en continu par la technologie 3D Trasar™. Toutes les données sont stockées et analysées sur le site enVisionTM et suivies en continu 7j/7 par le service d’assistance de Nalco Water.

« Le dioxide de chlore est particulièrement intressant pour les circuits process où les contraintes Chlorates sont importantes, mais aussi pour la réutilisation de l’eau au niveau des industriels. Les générateurs in situ de nouvelle génération, avec une digitalisation des données sur le Web, permettent d’apporter des solutions fiables au niveau du contrôle de la désinfection des circuits » souligne Patrice Hervé, senior marketing manager chez Nalco Water.

L’ozone : un oxydant très puissant

L’autre molécule oxydante est l’ozone (03). Cet oxydant puissant est aussi capable, dans certaines conditions (pH, carbone organique dissous, température), de dégrader de nombreux composés organiques dangereux pour la santé humaine, en particulier des pesticides, biocides et résidus médicamenteux.

L’ozone a de nombreux avantages. « Il est utilisé depuis longtemps dans le traitement d’eau potable, reconnaît Frédérick Cousin, de Suez WTS. Cependant, nous observons une forte croissance sur des nouvelles applications où l’ozone est particulièrement efficace. Comme par exemple le traitement des micropolluants où la Suisse, suivie de l’Allemagne, a déjà légiféré pour imposer le traitement de ces résidus médicamenteux, hormones et autres pesticides. Même si la France n’a pas encore à ce jour de réglementation sur ce sujet ». Pour Jean-Christophe Hostachy, directeur des grands projets à Xylem France, « Son action est très efficace sur le biofilm en ciblant certaines populations microbiennes thermophiles comme la légionnelle. Par un effet domino, il est démontré que le contrôle de la formation du biofilm par l’ozone sans formation de sous-produits, réduit l’accumulation de composés solubles, et donc le risque d’entartrage et de corrosion des systèmes ».

Avec sa marque Wedeco, le groupe Xylem propose des solutions ozone/UV “plug and play”, personnalisées, montées et instrumentées.

Il est fabriqué sur site, donc sans transport, par apport d’une décharge électrique sur du gaz contenant de l’oxygène. La source la plus évidente est l’oxygène de l’air mais certains utilisent de l’oxygène liquide ou même l’oxygène de l’eau. En France, le choix se porte majoritairement vers l’oxygène de l’air, alors que partout dans le monde, l’oxygène liquide tient le haut du pavé. La gamme Ozonia de Suez WTS peut utiliser les trois sources au choix, tout comme Xylem avec sa marque Wedeco ou BWT avec son Bewazon. ProMinent a également axé ses derniers développements sur les générateurs qui utilisent l’air ambiant sous pression ou de l’oxygène liquide. Ces générateurs offrent un gain de place important et un coût de maintenance faible par rapport à des générateurs en dépression. L'intérêt de cette technologie réside dans la possibilité de moduler aisément la production d’ozone tout en respectant une concentration d’ozone constante dans le flux de gaz.

Signalons également l’entrée sur ce segment de marché de BIO-UV Group, spécialiste des systèmes de désinfection UV, qui vient de racheter 100 % des actions de Triogen Holdings Limited et de sa filiale Suez Purification and Disinfection Systems Ltd, l’un des spécialistes mondiaux dans la conception et la fabrication de systèmes de traitement de l’eau par l’ozone, les ultraviolets et la technologie AOP.
Les systèmes UV Abiotec destinés au traitement de l’eau de consommation humaine (EDCH) disposent d’une Attestation de Conformité sanitaire (ACS) délivrée par un laboratoire agréé par le Ministère de la Santé.

Les générateurs d’ozone profitent des avancées technologiques enregistrées ces dernières années. La nouvelle gamme de générateurs d’ozone Ozonia® M de Suez en est une bonne illustration : un encombrement réduit de 25 %, une résistance améliorée aux environnements difficiles (IP 65), une technologie de production d’ozone baptisée Ozonia® IGS+ qui permet de réduire significativement les consommations d’énergie (jusqu’à – 25 %) tout en augmentant la capacité de production jusqu’à 25 kgO2/h. Enfin, de nouvelles fonctionnalités rendent l’exploitation et la maintenance plus rapides, plus faciles et moins coûteuses, notamment les possibilités d’accès et de contrôle à distance en temps réel via l’interface web.

Générateur d’ozone de la série OZONFILT® OZVb - Production d’ozone de 0 à 70 g d’ozone/h

En désinfection, les applications de l’ozone sont cependant en perte de vitesse. « Leur premier marché reste le marché municipal, en eau potable et en eaux usées, même si l’ozonation en désinfection finale en eau potable est quasiment abandonnée au profit d’autres technologies comme les UV ou les solutions membranaires » souligne Gilles Dieu, ingénieur d’affaires ozone/UV chez Wedeco Xylem.

L'ozone a par ailleurs un double inconvénient : il se dégrade rapidement, contrairement au chlore dont la force est la rémanence, et entraîne la formation de sous-produits organiques et inorganiques, essentiellement des aldéhydes, des acides (oxalique, formique, acétique) et des ions bromate en présence d’ion bromure.

Ce n’est pas le cas des UV, une solution de désinfection physique, exempte de tout rejet.

Les UV-C : seuls ou combinés, ils investissent tous les champs de la désinfection

Une efficacité prouvée, une mise en œuvre simple, un faible coût d’exploitation et une absence de produits chimiques : des avantages qui font qu’aujourd’hui, la désinfection UV n’est plus seulement utilisée dans les filières de production d’eau potable. Dans ce domaine, son efficacité est désormais certifiée depuis la mise en œuvre de l’ACS UV du 9 octobre 2012 qui certifie l’efficacité du système (inactivation de 4 log soit 99,99 % vis-à-vis des bactéries et de 3 log soit 99,9 % vis-à-vis des Cryptosporidium et Giardia).
Les déchloraminateurs UVDechlo d’UVGermi permettent d’obtenir des résultats probants sur le taux de chlore combiné en piscine.


En eau potable, les solutions disponibles sur le marché sont développées par Trojan, Xylem Water Solutions avec sa marque Wedeco, Suez WTS, LIT UV, UVGermi, Siemens Water Technologies, Abiotec, ou encore BIO-UV, acteur du traitement de l’eau par (UV-C) depuis près de 20 ans qui conçoit, fabrique et commercialise depuis l’année 2000 divers systèmes et concepts de désinfection adaptés à de nombreuses applications dont l’une concerne le traitement de l’eau potable.

« En réacteur ou en canal ouvert, nos systèmes sont capables de répondre à la totalité des applications » souligne de son côté Gilles Dieu chez Wedeco, groupe Xylem. L’approche de Wedeco repose sur une validation qui permet de dimensionner chaque système en fonction des besoins de l'application à laquelle il est destiné (cf. encadré).
Réacteur LIT-UV modèle DUV-88A900HO-Pro-K, certifié DVGW pour traiter 4.450m3/h. Equipé avec 88 lampes à très haute puissance 

Abiotec propose également une dizaine de réacteurs, tous agréés, tout comme Suez avec sa gamme de produits Aquaray®, Xylem via sa marque Wedeco (gammes Spektron et Duron) ou encore LIT-UV avec sa gamme de réacteurs certifiés ACS UV qui permet d’atteindre aujourd’hui des capacités de traitement jusqu’à 2.400 m³/h. LIT UV a récemment obtenu la certification conformément à la stricte norme allemande DVGW pour un réacteur UV à basse pression de la série DUV-PRO, équipé avec 88 lampes DB900HO à haute intensité et placées perpendiculairement à l'écoulement. Ce nouveau modèle a été installé pour la production d’eau potable de la ville de Berlin. Il obtiendra à court terme la certification ACS UV, permettant d’assurer les besoins de désinfection en France pour des projets à grande échelle, car le réacteur a un débit unitaire certifié jusque 4.450 m³/h.

UV-RER Skid dédiée à l’industrie chimique. RER propose l’installation de capteurs pour vérifier la quantité d’ultraviolets transmis.

De même, UVGermi propose une gamme de réacteurs en inox 316L testés par biodosimétrie et certifiés ACS-UV. Dix appareils ont obtenu leurs validations par biodosimétrie conformément à la norme allemande DVGW294W, ou à la norme autrichienne Önorm pour des débits de 0.8 à plus de 1.000 m³/h.

Aquafides via Katadyn France est spécialisée dans les systèmes UV pour eau potable avec 12 modèles tous certifiés ACS UV. Leur spécificité repose notamment sur une installation facilitée. Les lampes et les gaines quartz peuvent être montées des deux côtés de la chambre d’irradiation, ce qui génère un gain de temps et de tuyauterie lors de l’installation.

La gamme Aquafides a été développée avec la technologie de dynamique de fluide optimisé à effet turbulent grâce à ses 3 plaques de répartition de flux intégrées dans chaque chambre d’irradiation inox 316L. Les effets sont une fréquence de nettoyage des quartz significativement réduite, et une certification par biodosimétrie démontrant l’efficacité de la désinfection même à faible transmittance, c’est-à-dire lorsque la qualité de l’eau brute de la source est dégradée notamment par des épisodes orageux.

Depuis 2018, Elmatec distribue en France les systèmes Aquafine TrojanUVLogic™ qui utilisent la technologie de lampe à amalgame basse pression, haut rendement (LPHO). Ces systèmes diminuent d’un tiers le nombre de lampes nécessaire pour fournir une dose équivalente à celle des systèmes UV conventionnels.
Aquafides conçoit et fabrique 12 modèles agréées ACS UV Eau potable. L’installation représentée concerne la production d’un débit pouvant varier du simple au triple (de 200 à 600 m3/h) en fonction de la demande et de la saison. L’énergie consommée sera également du simple au triple en fonction du débit.

Les UV trouvent également d’autres applications en eaux usées, en eaux industrielles et en eaux de piscines. Car outre leur action bactéricide, ils agissent aussi sur les sous-produits du chlore, les chloramines. C’est cette technique qu’utilisent les mêmes fabricants pour fournir aux utilisateurs de chlore des “déchloraminateurs” à l’image de Cifec, de Bio-UV avec sa gamme MP TS, ou UV Germi qui commercialise sa gamme UVDechlo basse pression.

UVGermi propose des solutions de traitement de l’eau complètes. La connectivité du matériel permet une télégestion ainsi qu’une surveillance à distance des paramètres du matériel. L’IHM, ludique et intuitive, permet de prendre la main à distance pour une intervention de maintenance, de paramétrage, de mise à jour du système, ou de surveillance. Le GERMISERRE est une solution à la pointe de la technologie, qui permet de traiter les eaux de drainage des cultures sous-serres, afin de permettre aux exploitant de les réutiliser en toute sécurité.

L’ultraviolet est un rayonnement énergétique dont certaines longueurs d’ondes endommagent l’ADN des bactéries, les stérilisent et les empêchent de se reproduire.

L’optimum est atteint avec un rayonnement à 253,7 nanomètres, pic d’absorption du rayonnement UV par les micro-organismes. Les fabricants commercialisent des lampes dont le gaz émet à cette longueur d’onde. Le mélange de gaz qu’elles contiennent est soit à basse pression - le spectre de la lumière émise connaît un seul pic centré sur 254 nm – soit à moyenne pression avec un spectre plus large (les autres longueurs d’ondes n’ont pas d’effet bactéricide), mais une émission plus forte, donc plus compact pour le traitement des gros débits.

L’efficacité germicide des réacteurs UV dépend de plusieurs paramètres dont certains sont liés au fonctionnement (temps d’exposition, intensité UV…) et d’autres à la qualité de l’effluent (transmittance, MES, turbidité).

Le champ d’application des UV s’élargit sans cesse, même si leur emploi diffère selon les régions du monde. Les Etats-Unis obligent les traiteurs d’eau à s’équiper de système UV avant tout rejet ou réutilisation de l’eau pour l’arrosage des jardins, des golfs ou dans l’industrie. En Europe, l’Allemagne et l’Autriche les utilisent pour désinfecter l’eau potable alors qu’en France, jusqu’à présent, seules les grandes usines commencent à intégrer cette technique pour diminuer l’utilisation du chlore et son goût caractéristique. Leur action désinfectante étant ponctuelle, c’est-à-dire non rémanente, cette technologie est utilisée en complément des solutions chimiques.
L'équipement MicroFloat® de MPC traite les parois de la cuve au-dessus et au-dessous du niveau de l’eau. Il désinfecte l’eau dans la cuve. La solution permet de conserver la qualité de l’eau stockée ou des rinçages et évite toute contamination par condensation au-dessus du niveau de l’eau, sans que le biofilm ne puisse se former sur les parois
de la cuve.

Très présent dans l'industrie du traitement de surface, MPC propose des solutions de désinfection UV des eaux industrielle pour éviter le développement bactérien dans les cuves et équipements en contact avec de l’eau. En complément des lampes UV, l'ajout de peroxyde d’hydrogène permet de lutter contre le biofilm et de dégrader la DCO. Pour les solutions immergées, les équipements MicroSpear® et MicroFloat® s’adaptent parfaitement à toutes les configurations de cuves et/ou d’applications. Les réacteurs MicroUV® peuvent être utilisés pour des applications de désinfection et du « polishing » de DCO ou COT.

Le système exclusif Rotaclean® qui équipe les réacteurs MicroUV® génère un écoulement hélicoïdal qui optimise ainsi le contact entre l’effluent et le rayonnement UV.
Les solutions MicroUV® traitent une très large gamme de débits (1 à 1.000 L/H) et un large spectre de solutions.

Des technologies qui se complètent

Question coûts d’exploitation, les techniques de désinfection au chlore, en eau potable, ont l’avantage. Surtout avec des corps en polymère fluoré tel le chloraflon® fabriqué par Cifec qui garantit une durée de vie de 30 ans et une maintenance tous les 5 ans.

Les UV pâtissent quant à eux de la durée de vie des lampes. « Dans les process industriels ou les eaux de consommation notamment, il est nécessaire de surveiller l’état du quartz qui protège la lampe car il peut s’encrasser par le calcaire ou les MES (matières en suspension) diminuant l’efficacité du traitement », préconise Kamal Rekab, responsable R&D chez RER, qui propose l’installation de capteurs pour vérifier la quantité d’ultraviolets transmis. Abiotec a intégré dans son système UV un mécanisme de nettoyage automatique programmable permettant de désencrasser les gaines de quartz sans produits chimiques ni interruption du traitement. Reste quand même à changer les lampes régulièrement, car elles vieillissent et sont à remplacer entre 6.000 et 16.000 heures d’utilisation soit entre huit mois et deux ans en fonctionnement continu.

Nouvellement arrivés sur le marché, les LED UV-C des systèmes de traitement d’eau par ultraviolets PearlAqua™ et PearlAqua Micro™, commercialisés en France par Bonnabaud Systèmes, émettent un éclairage maximal instantané sans montée en régime, ce qui prolonge la durée de vie des systèmes de manière efficace. Pour certaines applications bien précises, ces systèmes compacts, résistants aux vibrations, peuvent s’intégrer à des systèmes ou dispositifs d’eau existants sans les contraintes d’un système UV classique.

Leurs températures de fonctionnement plus basses que les UV conventionnelles permettent de réduire le risque d'encrassement de la lampe et, par conséquent, les besoins d'entretien.

Les évolutions à venir restent placées sous le signe de la sobriété. En priorité, l’eau elle-même de par sa rareté mais aussi son coût. « L’utilisation de l’eau en milieu industriel doit être revue : moins prélever, mieux utiliser, recycler et réutiliser. Le traitement, le conditionnement et la désinfection de l’eau doivent s’adapter à ces nouvelles exigences pour appliquer des techniques plus sobres et permettre une réduction de l’empreinte environnementale de l’activité », analyse Ludovic Lémieux, responsable technique Produits formulés chez BWT France.

En second lieu, les différents appareils sur le marché consomment moins d’électricité même si pour les UV, une augmentation de la puissance des lampes est recherchée. Et évidemment, l’économie de produits chimiques. Le rendement énergétique et la pression sociétale favorisent donc clairement le mix de technologies. Déjà pour économiser le chlore, de nombreuses installations mixent cette solution avec les ultraviolets en bout de ligne, mais d’autres techniques émergent. « En industrie, l’objectif de sobriétés hydrique et chimique est affiché. Pour cela, il faut penser l’adaptation de l’eau au besoin (ultrafiltration – osmose inverse) et un traitement biocide plus neutre comme le couplage des UV et du peroxyde d’hydrogène. Et ainsi limiter le prélèvement en eau et idéalement supprimer l’empreinte environnementale du rejet », déclare Ludovic Lémieux. On n’y est pas encore. 




Cet article est réservé aux abonnés, pour lire l'article en entier abonnez vous ou achetez le
Acheter cet article Voir les abonnements
Entreprises liées
Produits liés
Activités liées
Contenus liés