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31 decembre 2006 Paru dans N°297 - à la page 43

Le Maroc est doté actuellement d'une importante infrastructure des eaux de surface réalisée grâce à la politique des barrages lancée dès les années soixante. Actuellement, 65 % de l'eau potable est produite à partir des ressources superficielles qui sont souvent affectées par l'eutrophisation qui se manifeste, en période estivale, par un développement considérable d'algues et qui s'associe à la stratification thermique des masses d'eau. Ces deux phénomènes rendent le traitement de potabilisation des eaux des retenues complexe et coûteux. Pour réduire les effets de l'eutrophisation, l'Office National de l'Eau Potable (ONEP) a mené, entre 1979 et 1982, une étude approfondie dans la retenue du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah près de Rabat avec l'aide du Programme des Nations Unies pour le Développement, de l'Organisation Mondiale de la Santé et des organismes de recherche Suédois et Danois. Cette étude, qui est la première dans des pays à climat aride, a abouti à plusieurs solutions pour combattre les conséquences de l'eutrophisation dont notamment : ? L?optimisation du niveau de prise d'eau: il s'agit de choisir le niveau de prise où l'eau brute présente la meilleure qualité. Cette solution permet de réduire les coûts de traitement. ? Les vidanges partielles automnales des eaux des couches profondes : Cette action consiste à évacuer en automne une partie des eaux des couches profondes qui sont généralement riches en nutriments et en matières organiques et pauvres en oxygène dissous. Cette opération reste tributaire de l'importance de la pluviométrie. ? La déstratification artificielle des eaux: cette opération consiste à injecter l'air dans la retenue au printemps et en automne. Elle permet de retarder l'apparition de l'établissement de la stratification thermique au printemps et de provoquer le brassage précoce de la retenue en automne. ?La solution biologique : cette solution consiste à introduire la carpe argentée de Chine consommatrice d'algues microscopiques. Ce choix a été opéré après essais sur d'autres espèces algivores. Elle est appliquée actuellement à huit retenues de barrage où des résultats très encourageants ont été obtenus. La production des alevins à introduire dans les retenues, est assurée par des sociétés piscicoles nationales.