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Très tôt positionné sur le marché des réseaux intelligents grâce au développement de l'iPERL, Sensus s'est rapidement orienté vers des solutions permettant aux distributeurs de constituer un réseau d'eau intelligent tout en gérant leurs actifs et la préservation des ressources par le bais d'un système flexible, fiable et ouvert. Ces solutions répondent aux préoccupations parfois exprimées par les collectivités territoriales, soucieuses de conserver leur autonomie. Rencontre avec Michel Jacquet, directeur commercial de Sensus France.

Revue L'Eau, L'Industrie, Les Nuisances : Quel regard portez-vous sur le marché du Smart Metering actuellement ?

Michel Jacquet : Nous sentons un regain d'activité. Le marché regagne en tonicité, aussi bien en métropole qu'aux Antilles ou les projets se multiplient. Le déploiement de l'iPERL, associé à des solutions globales permettant de progresser vers des réseaux intelligents, s'accélère. C'est également vrai à l'export, notamment à Malte, dans les pays du Maghreb, voire dans certains pays d'Afrique ou les projets, parfois ambitieux, se multiplient.

 

Revue E.I.N. : Pourtant, en France, l'investissement public local tend à diminuer et les collectivités locales se font plus sélectives dans leurs choix ?

M.J.: C'est vrai, nous nous en sommes conscients, mais ce contexte donne d'autant plus de poids aux solutions qui permettent d'optimiser la gestion des réseaux en luttant contre les gaspillages, les fuites, les pertes d'eau'etc. Les collectivités territoriales sont à la recherche de solutions permettant de faire des économies tout en améliorant la qualité du service rendu. C'est très exactement ce que permet de faire les solutions que nous proposons. Il est donc logique que l'intérêt des services d'eau demeure soutenu. Cela étant, les collectivités restent à la recherche de solutions pérennes. Elles sont soucieuses de ne pas commettre d'erreur et restent prudentes. Les processus de décision sont parfois assez longs.

 

Revue E.I.N. : Qu'est-ce qui explique des processus de décision aussi longs ?

M.J.: La mise en place d'une solution de télérelève a de nombreuses incidences sur les services des eaux, sur leur manière de fonctionner, sur le rôle des personnels, sur leur relation avec les abonnés. Mettre en place une solution de ce type implique donc de prendre en compte toute les dimensions du projet y compris ses dimensions humaines. Au plan technique, les collectivités ne souhaitent pas opter pour des solutions susceptibles de leur faire perdre leur liberté de décision, ce qui est bien naturel. Elles avancent donc prudemment en essayant d'identifier, parmi les différentes briques proposées, celles qui correspondent le mieux à leurs problématiques et à leurs spécificités.

 

Revue E.I.N. : Au plan technique justement, les solutions de télérelève restent nombreuses, assez différentes les unes des autres, il est parfois difficile de s'y retrouver...

M.J.: Il n'est pas forcément malsain de voir plusieurs solutions cohabiter. On parle beaucoup des solutions globales, totalement intégrées, mises en oeuvre dans certaines grandes villes par un opérateur unique, et c'est très bien. Mais ces réalisations ont aussi leurs limites. Si ces solutions sont parfaitement légitimes dans certaines grandes villes, il en va différemment sur des réseaux plus modestes ou en milieu rural ou semi-rural par exemple, ou les besoins sont très différents. Il faut avoir la souplesse d'imaginer des systèmes de télérelève différents mais complémentaires, qui ont chacun leur légitimité et sans cesse rechercher la solution la plus adaptée aux besoins des collectivités. Aucune solution ne peut, à l'heure actuelle, être généralisée ou systématisée. L'universalité n'existe pas.

 

Revue E.I.N. : Identifier une solution qui soit à la fois adaptée et pérenne, c'est presque une gageure dans ce domaine en perpétuelle évolution ?

M.J.: C'est d'autant plus vrai que les acteurs qui gravitent autour des réseaux intelligents viennent par définition d'horizons très différents. C?est le cas des mondes des télécommunications ou de l'informatique par exemple, dont les business model ne sont pas forcements adaptés à nos marchés. Les cycles ne sont pas les mêmes, les raisonnements non plus. Et pourtant, pour répondre aux enjeux d'optimisation de la gestion de l'eau, il faut fédérer tout cela pour faire émerger des solutions adaptées et durables, offrant aux collectivités un retour sur investissement rapide. C'est ce que nous nous attachons à faire, notamment dans le cadre de la solution Sensus rf.

 

Revue E.I.N. : Quelles sont les caractéristiques de cette solution ?

M.J.: Sensus rf, c'est d'abord un environnement global conçu pour récupérer les données auprès des terminaux de comptage et les transmettre afin qu'elles soient traitées et analysées en permettant la facturation et l'optimisation de la gestion du réseau d'au potable. Sensus rf permet de passer d'une lecture mobile via un système mobile walk-by /drive-by à une infrastructure fixe sans nécessiter de modifications des terminaux. Ce protocole embarque des outils logiciels capables de s'intégrer facilement aux systèmes existants. Il est également évolutif : grâce à nos répéteurs et passerelles, il est possible d'étendre la couverture radio à des milliers de terminaux. C'est une chaine communicante, interopérable, conçue pour répondre aux besoins des collectivités, tout en leur laissant une très grande liberté.

 

Propos recueillis par Vincent Johanet