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Méthanisation territoriale : bilan de la journée du Rispo à Methamoly, St Denis sur Coise (Loire) par Emmanuel Adler, président du Rispo

10 janvier 2022 Paru dans le N°448 ( mots)

Organisée par le Réseau Interprofessionnel des Sous-Produits organiques (Rispo) avec l’appui de GRDF, cette manifestation du 23 novembre 2021 a rassemblé plus d’une cinquantaine de participants dont certains venus d’assez loin comme l’Alsace et le Vaucluse.

Il faut effectivement reconnaître que cette unité territoriale de valorisation organique, portée par 12 agriculteurs et la très active ComCom des Monts du Lyonnais, représentée par Bernard Chaverot, mérite toute l’attention.
Pour situer dans son contexte le projet et brosser le cadre réglementaire et fiscal applicable, la première partie s’est tenue sur le Parc Eco-Habitat de Saint-Symphorien-sur-Coise, avec plusieurs interventions d’acteurs du projet.

Dans un second temps, sur l’unité de méthanisation proprement dite et sur la station carburant, la visite de terrain a permis de constater la technicité des équipements et du process biologique, et l’importance de la logistique des flux. 


Le site étant situé sur l’axe routier St Etienne Lyon, une ligne de bus profite de cette production de carburant vert produit avec des résidus locaux méthanogènes.
Chiffres et fonctionnement
 Représentant la SAS Methamoly, Aloïs Klein est fier de favoriser le travail entre agriculteurs et entreprises locales pour redynamiser le territoire rural des Monts du Lyonnais. Mise en service début 2018 pour une capacité de 16 kt/an, l’unité produit depuis 2021 un flux régulier de 140 Nm3/h de biométhane.
L’unité traite les effluents d’élevage de 6 fermes (cheptel de 480 vaches laitières et 50 allaitantes), ration de base complétée pour 40% par des biodéchets du territoire (graisses, déchets d’assiettes et d’industries agro-alimentaires…), collectés par deux apporteurs de taille très différente, avec le groupe Suez (Cédric Langlois) et une PME locale Ecovalim (Jean-François Miellet).
Côté process, la biomasse, après broyage et homogénéisation, est introduite dans 1 digesteur mésophile (40-42°C) de 2 400 m3 (équipé de 3 agitateurs immergés Stalkamp et 1 oblique type Biobull) suivi d’un post-digesteur de 1 600 m3, complété par une cuve de stockage du digestat de 3 400 m3.
Conformément au cadre réglementaire, les biodéchets sont hygiénisés et les 15 000 tonnes par an de digestat valorisés sous plan d’épandage pour fertiliser les sols d’une quinzaine d’exploitations par pendillard, au plus près des cultures pour réduire les émissions de dioxyde d’azote à l’atmosphère. 
Pour assurer une atmosphère de travail conforme et prévenir les nuisances olfactives, un grand bâtiment cloisonné abrite les installations exigeant un traitement de l’air, réalisé par 2 bio filtres minéraux.
Le biogaz obtenu après méthanisation est composé à 60% de méthane et 40% de dioxyde de carbone.
Ce mélange est séché et désulfuré avant épuration par perméation membranaire puis injecté dans le réseau de distribution de gaz naturel pour alimenter une station BioGNV et chauffer l’équivalent de 1500 foyers voisins.

La technologie retenue pour valoriser le biogaz est développée par une PME régionale à forte croissance, comme l’a présenté Jean René Pouzin de Prodeval.
Projet multipartenaire
Autre aspect à souligner, dès sa conception, le projet a été soutenu par une diversité de partenaires, publics comme privés. Il a bénéficié du tout premier financement participatif dans le secteur de la méthanisation d’Energie partagée, comme l’a présentée Florence Martin, avec un apport de 200k€ sur près de 7M€ d’investissements.
Les pouvoirs publics ont également participé à ce succès, avec un avis positif d’exploiter du préfet, et la réalisation d’études sur le parc des méthaniseurs, comme souligné Alain Rochegude de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes.
En ce qui concerne les tarifs et leurs évolutions pour l’injection du biométhane dans le réseau, Laurent Rivollet de GRDF est intervenu pour présenter, de façon digeste, la complexité d’un dispositif régulièrement questionné.

Enfin, élément déterminant, les porteurs du projet ont toujours misé sur la pédagogie, ouverts aux visites de techniciens mais également des scolaires qu’il convient de sensibiliser à la valorisation organique des déchets.


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