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Le Sedif pose la première membrane haute performance dans son usine de Méry-sur-Oise

16 octobre 2026 Paru dans le N°495 ( mots)
© Nicolas Fagot / Sedif. Estelle Brachlianoff (Veolia) et Richard Dell’Agnola (Sedif) posent la première membrane de nouvelle génération à l’usine de Méry-sur-Oise du Sedif.

Ces équipements vont ainsi permettre de réduire fortement les micropolluants émergents, d’adoucir l’eau distribuée et d’aller vers la distribution d’une eau très peu chlorée, voire pas du tout, au robinet.

Le Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif) franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son usine de production d’eau potable de Méry-sur-Oise (Val-d’Oise), avec l’installation de la toute première membrane de filtration haute performance du projet « Vers une eau pure ». L’inauguration marquant l’entrée du projet dans sa phase opérationnelle s’est déroulée le 2 octobre 2026 en présence, notamment, de Richard Dell’Agnola, nouveau président du Sedif, de sept membres du bureau de l’établissement public de coopération intercommunale, de Félix Meysen, sous-préfet du Val-d’Oise et secrétaire général adjoint de la préfecture, d’Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, d’autorités de l’État, d’élus locaux, de partenaires industriels, etc.

Le choix de l’usine de Méry-sur-Oise pour ce projet n’est pas anodin. Le site accueillit, dès 1999, la première unité de nanofiltration (NF) à grande échelle sur des eaux de surface. Arrivées au terme de leur cycle d’exploitation d’une durée de 7 à 8 ans, les membranes historiques devaient être renouvelées. Le Sedif a alors saisi cette échéance pour déployer des membranes de toute dernière génération, moins énergivores et combinant nanofiltration et osmose inverse basse pression (OIBP). L’eau est propulsée sous une pression de 4 à 7 bar à travers des membranes dotées de pores minuscules (jusqu’à 1 million de fois plus petits qu’un cheveu), qui laissent passer les molécules d’eau et qui retiennent les polluants et l’excès de calcaire.

L’eau ainsi clarifiée est séparée en deux flux distincts : le perméat et le refus membranaire. Le perméat (85 % du volume), l’eau purifiée, est débarrassé à plus de 90 % des micropolluants émergents (PFAS, métabolites de pesticides, résidus médicamenteux et perturbateurs endocriniens) – la NF seule laisserait passer la matière organique et les PFAS à chaîne courte comme le TFA – , tout en conservant la juste proportion de minéraux essentiels (calcium, magnésium) – l’osmose inverse seule nécessiterait une reminéralisation. Le refus membranaire (15 % du volume), à savoir la part d’eau emportant les polluants et le calcaire retenus, subit ensuite un traitement spécifique pour piéger et valoriser le phosphore, avant d’être restitué au fleuve 300 mètres en aval. Cela signifie que les micropolluants retenus, qui étaient déjà dans l’eau prélevée en amont, sont rejetés sans être détruits. Si l’usine ne crée aucune nouvelle pollution, on peut toutefois se poser des questions sur la concentration de ces micropolluants.

Membranes opérationnelles en 2032 à Choisy-le-Roi et Neuilly-sur-Marne

Ces équipements – au total, 9 120 modules seront installés – vont ainsi permettre de renforcer le « bouclier sanitaire » en réduire fortement les micropolluants émergents, d’adoucir l’eau distribuée et d’ouvrir la voie, dès 2028, à la distribution d’une eau très peu chlorée, voire pas du tout, au robinet sur un premier secteur pilote. Ce projet d’un montant total de 1 milliard d’euros s’accompagnera toutefois d’une hausse du tarif de l’eau pour les usagers, de l’ordre de 4 euros HT par mois et par foyer à l’horizon 2030‑2032, estime le Sedif.

« La pose de cette première membrane à Méry-sur-Oise concrétise notre volonté, non pas de subir les évolutions environnementales, mais de les devancer pour protéger la santé de 4 millions de Franciliens. Validé par l’État, l’agence régionale de santé (ARS) et la Drieat[1], ce chantier prouve que la solidarité intercommunale est la seule force capable de porter des investissements d’avenir d’une telle ampleur tout en maîtrisant le tarif de l’eau », affirme Richard Dell’Agnola.

Le remplacement lissé des huit files membranaires de l’usine se poursuivra jusqu’à la fin de l’année 2027, et ce sans interruption de service pour les usagers. Comme des chantiers de génie civil sont nécessaires, la mise en service des membranes de nouvelle génération dans les usines de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) et de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) n’est prévue qu’en 2032.



[1] Direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports.

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