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Traitement du site de l’ancienne raffinerie de BAYERNOIL à Ingolstadt (Allemagne) pour la reconversion en Parc technologique

21 février 2019 ( mots)
Dans le cadre d’un projet de reconversion, le site de l’ancienne raffinerie de la société BAYERNOIL AG à Ingolstadt en Bavière doit être assaini car il présente des pollutions typiques des raffineries avec des BTEX et HC mais aussi des pollutions de type PFC (composés per et polyfluorés). Il s’agit d’un projet unique dans ces dimensions en Europe et en particulier pour la réutilisation d’un ancien site pollué en zone à forte valeur. Pour cet objectif, la société AUDI AG a créé la Joint-Venture IN-Campus GmbH.

La finalité du projet est de pouvoir réutiliser le site en secteur industriel sans risque pour l’Homme et l’environnement avec des impacts durablement faibles. Les techniques principales mises en œuvre pour ce site sont l’air-sparging, le pompage et traitement mais également la substitution de sols avec lavage des terres. Le principal objectif de ces opérations est la radiation de l’ensemble du site du cadastre des sites pollués de Bavière.
La méthode de l’air-sparging est appliquée sur une surface d’environ 110.000 m² pour traiter les composés volatils présents en zone saturée et insaturée jusqu’à une profondeur de 6 à 7 m. Les installations mises en œuvre sur la première tranche de 45.000 m² sont constituées de 8 containers permettant de commander l’injection de l’air dans 1.000 lances d’injections et de collecter les gaz extraits par des drains. La durée et la fréquence des injections d’air comprimé sont régulées et adaptées en fonction des teneurs en polluants extraits afin d’optimiser le rendement des installations. Les gaz du sol sont extraits à un débit allant jusqu’à 4.000 m³/h et sont traités en toute gestion des risques d’explosivité (procédures ATEX) sur un RTO, un CATOX ou une torchère en fonction de leurs concentrations réelles.

Une sécurisation de la nappe phréatique est assurée par une barrière hydraulique permettant le pompage et traitement de 220 m3/h d’eaux souterraines. Ces eaux sont traitées par une installation à multiples niveaux pour être épurées à un taux de rendement supérieur à 99,9 % et restituées en nappe par des puits d’infiltration sur le site même.

Les terres sont polluées par des PFC et des hydrocarbures sur une surface d’environ 90.000 m². La contamination en PFC de la zone non saturée et la contamination en hydrocarbures de la zone saturée sont traitées par substitution des terres par virole alvéolaire dont la technique innovante a nécessité la fabrication d’une machine sur mesure. Cette méthode permet de réduire les risques d’émission atmosphérique et permet également dans ce cas de remplacer les terres contaminées jusqu’à 7 m sous le niveau de la nappe phréatique par des terres propres.

Une unité de lavage des terres d’une capacité de 1.200 tonnes/jour traite ces terres extraites. Cette unité de lavage génère près de 400 m³/h d’eau contaminée par des PFC et des hydrocarbures qui sont traités sur une installation à multiple niveau pour pouvoir être réutilisé dans l’installation de lavage en circuit fermé. Grâce à ce procédé, 95 % des terres excavées sont valorisées soit par réemploi sur site soit par revente hors site (graviers/sables propres lavés et calibrés) et 5 % sont traitées hors site.

La fin du traitement du site est prévue pour fin 2022 avec cependant une poursuite du traitement sur la barrière hydraulique au-delà de cette date si nécessaire. En parallèle, les travaux de construction du parc technologique vont être lancés prochainement avec en particulier la construction du « bâtiment des technologies du futur » dont la première tranche sera achevée fin 2020.
De la totalité des 75 ha de surface totale du site IN-Campus, près de 15 ha seront renaturés par mesure de compensation pour les milieux naturels.

Julien Bendler, Responsable d’Agence Adjoint,
Frédéric Bossert, Ingénieur de projet
Züblin Umwelttechnik GmbH, Agence France
Stephan Brun, AUDI AG