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28 decembre 2001 Paru dans N°247 - à la page 35

En France, les recherches sur l'épandage de déchets en agriculture ont débuté dès les années 70 avec le programme "sols-déchets" du Secrétariat d'Etat à l'Environnement. Cet effort de recherche ne s'est pas arrêté depuis. Ainsi, l'approche initiée en 1996 dans le programme de recherche ADEME intitulé ?Evaluation des risques écotoxicologiques liés à la valorisation agricole des déchets et produits dérivés' est poursuivie jusqu'en 2004 à l'initiative du Laboratoire Sols et Environnement (ENSAIA-INPL/INRA, UMR 1120) et du Service Impact sur les Milieux (IRH Environnement), avec le soutien de l'ADEME, de l'Agence de l'Eau Rhin-Meuse, de la Communauté Urbaine du Grand Nancy, du Conseil Général du Bas-Rhin, de l'INRA et du Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement. Les travaux de recherche considèrent les impacts réels in situ (du Domaine Expérimental de la Bouzule, ENSAIA) et potentiels au laboratoire de l'épandage agricole de déchets et produits dérivés sur les organismes vivants et l'agrosystème. Le programme vise à développer une méthode d'évaluation des dangers et des risques directement utilisable par les gestionnaires de ces déchets. Les résultats des tests écotoxicologiques de laboratoire réalisés sur les éluats des boues et composts mettent en évidence des effets potentiels. Cependant, les épandages et le suivi de l'évolution et du transfert des polluants ainsi que de la fertilité des sols ont permis de montrer l'absence d'effets significatifs in situ. Des réflexions sont menées pour combiner différentes approches (chimiques, isotopiques et biologiques) afin de définir une méthodologie prédictive des risques de dissémination des polluants et de leur toxicité. Les outils de caractérisation de la biodisponibilité sélectionnés seraient alors appliqués aux boues avant épandage. Les conclusions de ces expérimentations, conduites à long terme, seront applicables au recyclage des déchets. Elles devront garantir la gestion durable des sols agricoles et permettre de disposer d'un recul certain pour l'évaluation du risque des épandages de déchets et produits dérivés vis à vis de l'agrosystème et, plus généralement de la sécurité alimentaire.