Your browser does not support JavaScript!

30 decembre 1998 Paru dans N°217 - à la page 79

J'ai soudainement compris ce jeudi 6 Août, au bord d'un torrent de montagne vers 2000 mètres, dans les Hautes Alpes, quelle jubilation pouvait ressentir Jean-Marc Hauth à tirer l'eau derrière sa pioche. Avec mes petits-enfants, nous avions profité d'un atterrissement de graves, seul replat au bord de l'eau tumultueuse, pour faire une pause dans la longue balade caniculaire. D'autres promeneurs avaient, par quelques gros cailloux, divisé le courant principal, pour dévier une modeste part du débit vers une rigole sans objectif de tracé et à moitié sèche. De la pointe de la canne, du talon des gros croquenots, de nos mains, vite glacées par l'eau nivale, nous avons tiré un autre tracé vers un bras asséché où un barrage de graviers retenait encore une flaque d'eau claire. Nous avons "tiré l'eau" vers la flaque, nous avons rehaussé son barrage, nous en avons construit un autre à l'aval. Le bras mort avait repris vie, revigorant une mare languide aussi en voie d'assèchement. Une jeune grenouille alpestre, dérangée par nos travaux y tira ses brasses pour aller s'enfouir sous un surplomb d'herbe drue.