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Doctorant de l'Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Rennes, Yassine Kadmi vient de recevoir le Prix des Techniques Innovantes pour l'Environnement 2013, pour ses travaux de recherche portant sur la formation de sous-produits issus de la chloration de l'eau.

La chloration est un procédé de désinfection incontournable en France pour maintenir la qualité microbiologique de l'eau destinée à la consommation humaine au cours de sa distribution. Or la chloration génère la formation de sous-produits par réaction avec la matière organique présente naturellement. Ces sous-produits sont soupçonnés d'être potentiellement dangereux pour la santé lors d'une consommation d'eau à long terme et ce, même à de très faibles concentrations. Plusieurs d'entre eux sont retrouvés régulièrement dans les eaux distribuées. Les travaux de recherche de Yassine Kadmi menés sous la direction de Lidia Favier et Dominique Wolbert, au sein de l'équipe CIP, Chimie et Ingénierie des Procédés de l'Ecole de Chimie de Rennes, concernent l'identification de 45 sous-produits de chloration. Il s'intéresse aussi à la modélisation de la formation de ces sous-produits. Yassine Kadmi a développé une méthodologie, associant expérimentation et simulation, destinée à anticiper la formation de ces sous-produits lors du traitement de l'eau et au cours de son acheminement jusqu'au robinet du consommateur. « L?enjeu à terme est de permettre aux traiteurs d'eau d'adapter la dose de chlore au fonctionnement du réseau de distribution et ce, afin de garantir, en tout point, la qualité des eaux vis-à-vis des risques microbiologiques et de minimiser la formation des sous-produits de chloration » explique-t-il. Pour parvenir à développer cette méthodologie, Yassine Kadmi a mis au point des méthodes analytiques spécifiques. Ce travail a été poursuivi par des études sur la vitesse de formation de ces composés lors de la chloration de différentes eaux (eau souterraine, eau de surface) et dans différentes conditions opératoires. Son but : « Développer un modèle générique de formation de ces sous-produits. Avec ce modèle, nous sommes capables de déterminer simultanément la formation des 45 composés, bien qu'ils appartiennent à 10 familles chimiques différentes, et ce, en fonction de divers paramètres tels que le pH, la température, la dose de chlore initial, la teneur en matière organique et le temps ». A plus long terme, des études sur un plus grand nombre d'échantillons d'eaux seront menées. Elles devraient permettre de mettre en avant des corrélations entre les composés. Ces corrélations devraient ainsi permettre de réduire le nombre des analyses, particulièrement onéreuses, de certains de ces sous-produits. www.ensc-rennes.fr