Des chercheurs de la Flinders University travaillent sur une nouvelle méthode permettant d’identifier, voire de filtrer, les nanoparticules de plastique présentes dans l’eau grâce à un système innovant.
La pollution plastique atteignant des niveaux dangereux dans le monde entier, les inquiétudes grandissent quant à la pureté et à la salubrité de l’eau potable. Des chercheurs de la Flinders University (Australie) travaillent sur une nouvelle méthode permettant d’identifier et, éventuellement, de filtrer les minuscules particules de plastique présentes dans l’eau grâce à un système de filtration innovant. Leur dernière étude de validation de principe, récemment publiée dans la revue Analytica Chimica Acta[1], dévoile une nouvelle méthode capable de détecter les nanoplastiques à l’aide de filtres recouverts de polymères plasma.
Invisibles à l’œil nu, les nanoplastiques sont des particules produites par la dégradation de déchets plastiques plus volumineux. Ces petites particules de plastique ont une taille comprise entre environ 1 µm et plusieurs nanomètres de diamètre, ce qui rend leur identification, leur localisation et leur filtration dans l’eau, le sol et l’air particulièrement complexes. La coauteure principale, Melanie MacGregor, professeure associée à la Flinders University, affirme qu’il existe d’énormes lacunes dans notre compréhension de la présence et de l’accumulation des nanoplastiques dans l’eau, étant donné la difficulté à trouver et à séparer ces particules minuscules.
Pour Manpreet Kaur, première auteure de l’étude et doctorante au Nano and Microplastics Research Consortium de la Flinders University, il n’existe aucune méthode standard ou validée pour la détection et la quantification spécifiques des nanoplastiques dans l’eau potable et d’autres liquides. « Bien que des matériaux et des méthodes de filtration efficaces aient été mis au point pour isoler les microplastiques (particules plus grosses pouvant atteindre 5 mm), les solutions accessibles et peu coûteuses à mettre en œuvre ne permettent souvent pas de capturer les fractions de plus petite taille », explique Manpreet Kaur.
Des informations précises sur les niveaux de contaminants
« Cela peut nécessiter des instruments sophistiqués, une pression élevée ou des systèmes complexes qui peuvent être incohérents. Cependant, nos travaux sur les filtres recouverts de polymères plasma montrent que nous pouvons capturer et quantifier les nanoplastiques dans divers échantillons d’eau, ce qui permet d’obtenir des informations précises sur les niveaux de contaminants », poursuit-elle.
Et Manpreet Kaur de poursuivre : « Bien qu’il existe des méthodes de détection, les résultats peuvent être trompeurs si l’on ne sait pas ce que l’on a réellement isolé. Nous travaillons à la mise au point de méthodes permettant de mesurer avec précision les niveaux de nanoplastiques, afin de pouvoir étudier l’exposition ou les risques, et les effets nocifs potentiels sur la santé et l’environnement. »
Cette nouvelle technique utilise des revêtements en polymère plasma spécialement conçus comme surface sélective pour capturer les particules nanoplastiques, en fonction de leur affinité avec les revêtements développés. Les chercheurs affirment qu’ils peuvent réduire considérablement l’incertitude qui a affecté les mesures précédentes en séparant les nanoplastiques avant l’analyse.
Dr Iliana Delcheva, chercheuse postdoctorale à la Flinders University et troisième auteure de l’étude, explique que la présence de nanoplastiques dérivés de plusieurs types de polymères dans un seul échantillon d’eau complique considérablement leur identification et leur séparation. « Après avoir isolé les particules, nous utilisons l’analyse thermogravimétrique pour révéler le comportement de dégradation des matériaux lorsqu’ils sont chauffés. Cette technique peut être utilisée pour confirmer si le matériau qui a été isolé est du plastique, car les plastiques présentent des réponses thermiques distinctes », précise-t-elle.

