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Pour raccorder une commune de Meurthe-et-Moselle au réseau d'assainissement, le constructeur de pompes Salmson a équipé un poste de relevage. Un contexte difficile et particulier dans ce bassin ferrifère où les eaux extraites de la mine et rejetées dans les rivières ont longtemps dissimulé la réalité du terrain.

Jusqu'en 1994, date de la fermeture du dernier site d'extraction, l'exploitation des mines de fer impliquait de pomper entre 5 et 20 m3 d'eau pour une tonne de minerai extrait, entraînant des coûts plus élevés en termes de pompage que de rentabilité. Cet important volume d'eau dite « d'exhaure », d'une très bonne qualité, était envoyé en partie vers les villes pour l'alimentation en eau potable après une légère déchloration ? d'un coût dérisoire pour les habitants- et pour un usage industriel. L?autre partie était rejetée dans la rivière Woigot et dans ses affluents où il se mêlait aux eaux usées. Le débit du torrent artificiel qui en résultait était tel qu'il permettait la dilution des rejets dont la présence est restée longtemps inaperçue aux yeux de la population. Il a fallu attendre la fin de l'exploitation du gisement, avec pour corollaire la diminution du débit des cours d'eau de la vallée du Woigot, pour se rendre compte que ces derniers étaient devenus de véritables égouts. De quoi alerter les communes avoisinantes qui avaient déjà créé en 1987 le syndicat intercommunal Contrat Rivière Woigot. « Nous sommes partis de zéro », explique Claude Lauer, le directeur du Syndicat, « puisque le réseau a été créé de toutes pièces avec une step, un collecteur et les raccordements de chaque commune, le tout sur un linéaire de 170 km de tuyaux. Depuis la modification des statuts du Syndicat en 1998 qui nous a permis de reprendre tous les réseaux communaux d'assainissement, nous avons investi 24 millions d'euros ». Une somme correspondant à l'ampleur d'un programme dont la mise en ?uvre consiste à assurer trois fonctions principales. Il s'agit de l'assainissement, de l'aménagement du lit et des berges et, enfin, d'assurer le soutien du débit d'étiage en poursuivant les opérations de pompage avec les pompes des deux puits désaffectées (100 l /seconde chacune) sur 5 mois environ par an. Cette dernière opération concerne uniquement le Woigot et son principal affluent, le Ruisseau de la Vallée. Un ruisseau très spécial Le Ruisseau de la Vallée traverse le bois d'Avril, l'une des dernières communes dont les effluents d'eaux usées viennent d'être raccordés au réseau d'assainissement et à la station d'épuration de Briey. Pour Claude Lauer, « la particularité du secteur est à prendre en compte. D?une part le terrain en lui-même composé de calcaires où existent deux failles géologiques qui compliquent le fonctionnement de nos cours d'eau et d'autre part le fait que nous soyons sur un ancien territoire minier. Les terrains bougent, il y a des risques d'affaissement brutal. Pour la pose du collecteur d'assainissement la pente est à 1 pour 1 000. Mais peut-être que dans dix ans on sera à moins 1 pour 1 000? ». Une spécificité qui a permis au Syndicat de reporter l'échéance 2015 de la DCE sur le bon état écologique des eaux à 2021. L?une des autres particularités du Ruisseau de la Vallée est le bétonnage de son cours d'eau sur 3,5 km effectué par la compagnie minière suite à son effondrement sur 600 m en 1925. Mais, causées par des fractures, des fuites ont été constatées. « Le béton a travaillé », explique Claude Lauer. « Débétonner cette portion de la rivière aurait coûté trop cher. On aurait trouvé des failles partout. Nous avons donc procédé à des opérations de colmatage sur lit bétonné et entamé une politique de reconquête du milieu naturel ». Pour ce faire, en 2007, un site pilote financé à 100% (Agence de l'Eau, Conseil Général, Etat et UE à travers le Feder) a été créé sur 300 mètres avec la pose d'une géomembrane pour reconstituer un éco-système. Restaurer complètement le Ruisseau de la Vallée signifiait aussi de détourner et de traiter en amont les eaux usées de la commune d'Avril (1 000 habitants) qui s'y déversaient jusque-là. La solution d'un poste de relevage placé à équidistance -3 km- de l'exutoire et de la step et équipé de 2 pompes Salmson donc été retenue par le syndicat Contrat Rivière Woigot. Une installation et une configuration inhabituelles Eric Schaller, responsable de secteur pour la Société Lorraine d'Ingénierie, décrit le contexte : « on est en présence de difficultés car le poste de refoulement est assez chahuté avec des points hauts, plus hauts que l'exutoire, et des points bas, ce qui pouvait empêcher la vidange de la conduite de refoulement. D?où la nécessité de mettre en place des variateurs de vitesse pour fermer les pompes lorsqu'il n?y a pas beaucoup de charge. Dans le poste de refoulement on a un débit de 9l/sec, la puissance des pompes est de 25 kw et la pression de 6,5 bar », conclut-il. Fabrice Moyson, directeur d'agence pour l'entreprise Gressier partenaire de Salmson sur de tels ouvrages, explique son choix : « nous avons opté pour le système Salmson avec des pompes FA parce qu'il correspondait le mieux au type de configuration pour diverses raisons : une Hmt (Hauteur manométrique totale) jusqu'à 100 m, une vitesse de rotation de la pompe de 1 500 tours/mn au lieu des classiques 3 000 tours/mn diminuant l'usure des roulements à bille et les risques d'érosion causée par le sable. Des sections de passage suffisant (80 g/l) pour éviter l'obturation due à des objets provenant du déversoir d'orage ». Un cas d'espèce pour une installation qui ne l'est pas moins selon Jean-Yves Rodrigue, directeur du marché de l'eau chez Salmson. « Aujourd'hui les variateurs de vitesse pour pompes ne sont pas très à la mode dans l'assainissement. On est plutôt dans la surpression. Ici, la pression varie entre 3,50 et 6,5 bar en fonction du remplissage de la conduite de refoulement. Varier la vitesse en fonction de la pression procure un véritable confort d'installation ».