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Biotop réalise avec son partenaire Kingcombe la première baignade naturelle publique au c'ur de Londres, dans le nouveau quartier de King?s Cross. Le projet « Of soil and water » été inauguré le mois dernier. Il s'agit d'une première traduction concrète des projets menés par plusieurs grandes villes qui se sont fixé l'objectif de dépolluer leur fleuve pour permettre aux citadins de s'y baigner.

« Of soil and water » est un projet artistique qui prend la forme d'une baignade naturelle créée en plein c'ur du quartier de King?s Cross à Londres. La réalisation de cette baignade, d'une surface de 411 m², a été confiée au partenaire de Biotop au Royaume Uni, Kingcombe. Construite à 2 mètres au-dessus du niveau du sol, la baignade naturelle, de forme ovale irrégulière, se veut une invitation à réfléchir sur l'aménagement des villes de demain ou comment rester en contact direct avec la nature dans un environnement urbain. « Of soil and water » est la première baignade naturelle publique construite en Grande-Bretagne. La zone de baignade, filtrée entièrement avec des plantes et sans produit chimique est conçue pour accueillir plus d'une centaine de baigneurs. L?eau est purifiée par un processus 100% naturel, en boucle fermée à l'aide des zones humides et des plantes aquatiques submergées pour filtrer l'eau et la garder claire et limpide. La zone de baignade est entourée de fleurs et d'herbes sauvages pour que l'environnement évolue au fil des saisons. La zone de régénération, de plus de 180 m², se compose de centaines de plantes oxygénantes telles que Elodea Canadensis (ou Elodée du Canada), Lagorosiphon major (Curly warterweed) et Myriophyllum spicatum (Myriophyllum en épis). Également en vedette au sein de la baignade, deux espèces de Phragmites communis (Roseau commun ou Roseau à balais), des Iris pseudacorus (Iris des marais), des Nuphars lutea (Nénuphar jaune) et des Nymphaea Alba (Nénuphar Blanc). La majorité des plantes sont plantées à racines nues pour s'assurer qu'elles n?apportent pas de nutriments supplémentaires dans l'eau. D'autres seront plantées sur les bordures dans des pots spéciaux qui fertilisent les plantes sans enrichir l'eau, pour éviter le développement d'algues. «Ces dernières semaines, nous avons effectué les tests d'équilibrage final de la teneur en nutriments de l'eau et désormais nous finalisons les plantations, explique John Colton, dirigeant de Kingcombe. Il faudra un peu de temps pour que les plantes prennent possession de l'espace mais au milieu de cet été, les nageurs devraient pouvoir profiter de la large gamme de végétation plantée dans la baignade. Nous espérons que ce projet va démontrer les nombreux avantages des baignades naturelles à un large public et que cela marquera le pas d'une tendance pour développer de nombreuses baignades naturelles publiques à travers le Royaume-Uni mais aussi à travers toute l'Europe ». Car l'eau n?est plus simplement l'objet de contemplations en centre-ville, elle devient une expérience multi-sensorielle. Des projets à New York, Londres et Copenhague permettent d'imaginer comment les citadins pourront se plonger demain dans une eau rafraichissante. Le concept de « Urban Swim » n?est d'ailleurs pas nouveau. Il y a une centaine d'années, on se baignait dans des endroits aménagés au bord de fleuves et rivières traversant les villes. Il y avait à Londres des piscines flottantes tandis qu'à Vienne, une compétition de natation attirait des milliers de curieux. Aujourd'hui encore, à Zurich, la « Frauenbad », zone de baignade en rivière, permet aux nageurs de jouir d'une vue imprenable sur la vielle ville. C?est la pollution qui a mis un terme à cet engouement pour la natation en ville. Mais la demande croissante des citadins pour plus de nature dans leur ville ramène l'eau sur le devant de la scène. Urbanistes, architectes et designers développent des projets innovants et proposent une architecture de qualité intégrant l'eau dans toutes ses dimensions. Plusieurs grandes villes se sont d'ailleurs fixé l'objectif de dépolluer leur fleuve pour permettre aux citadins de s'y baigner. A Londres, un projet de « super-sewer » de 25 km sillonnera dès 2023 la ville d'est en ouest pour collecter et traiter les eaux usées. De quoi rendre la Tamise plus attrayante et inspirer les architectes locaux, à l'image du très sérieux collectif Thames Baths, qui projette de créer des bassins naturels dans lesquels faune et flore pourront reprendre leurs droits. À Rotterdam, un canal va devenir une aire de loisirs aquatiques dès l'été 2015. On pourra y surfer sur une vague artificielle d'1,5 mètre, faire du kayak, du bodyboard ou tout simplement se baigner. A New York, des architectes ont conçu une piscine flottante capable de filtrer l'eau de l'East River. Baptisé + Pool, le dispositif pourrait épurer près de 200 m3 d'eau chaque jour selon ses inventeurs qui ont mis à disposition de leurs concitoyens un tableau de bord mesurant la propreté des eaux de la baie en temps réel. Les prototypes de filtres sont en phase de test et la + Pool devrait être prête en 2017.