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Endress+Hauser a donné une conférence de presse en juin dernier dans l'un de ses centres de production à Maulburg, en Allemagne. La société familiale suisse spécialisée en instrumentation et contrôle de process tire les leçons d'une crise qui n?a pas été sans effets sur ses résultats 2009.

Le panneau en entrée de Maulburg dans la Forêt-Noire allemande indique d'emblée la couleur : « ville du niveau et de la pression ». Une activité de tradition locale pour Endress+Hauser qui s'est spécialisé, dès sa création en 1953, dans la mesure de niveau pour devenir aujourd'hui un fournisseur de solutions complètes de métrologie et d'automatisation industrielle à l'international. Si la crise de 2009 a entraîné une baisse significative de son chiffre d'affaires global pour la première fois de son histoire (-9,5%), les pays d'Asie/Pacifique et d'Afrique/Proche-Orient enregistrent, eux, respectivement une augmentation de 2,5% et de 4%. Même phénomène en termes d'effectifs puisque, fin 2009, l'entreprise comptait 8419 collaborateurs -soit 15 de moins que l'année précédente pour l'ensemble du groupe mondial- tandis que les centres de ces zones géographiques bénéficiaient à eux deux de 60 emplois supplémentaires. Autre chiffre positif : le groupe dont le siège social est à Reinach en Suisse est parvenu à augmenter ses capitaux propres de 7%. Pour Urs Endress, président directeur général d'Endress+Hauser France, ces résultats, preuves « d'une entreprise saine », sont le fruit d'une stratégie résolument tournée vers le futur. « Nous mettons longtemps à réagir mais quand nous réagissons c'est rapide. La crise nous a fait aller plus vite » a-t-il estimé en citant les différents postes où l'effort a été porté. En premier lieu, dans la construction, l'extension ou la modernisation de nouveaux centres à travers le monde (Lituanie, Pologne, Norvège, Hollande, Chine, Qatar, USA, Inde, Afrique du Sud, Allemagne et Suisse) et en France, à Cernay, où l'entreprise a procédé à une extension de la production débitmétrie. « Investir dans des bâtiments, c'est symbolique, cela donne confiance aux gens » estime Urs Endress qui évoque par ailleurs l'importance de la R&D. « Malgré la crise nous avons investi 8,6% du CA net. Pour nous, l'innovation commence chez le client ». Cette dynamique se traduit par un nombre important de demandes de 200 brevets, comme en 2008 qui fut une année record. Mais aussi, notamment, par une participation minoritaire dans la société américaine Intergrated Sensing Systems INc (ISSYS) qui a été l'occasion pour le groupe d'obtenir un savoir-faire dans le domaine de la débitmétrie par microcapteurs selon le principe de Coriolis. Les premiers nouveaux produits verront le jour l'année prochaine. Par ailleurs, l'acquisition de la majorité de la société britannique MHT Technology Ltd a permis à Endress+Hauser de renforcer ses compétences en termes de jaugeage des cuves et d'automatisation des parcs de stockage. Pour 2010, l'optimisme prédomine avec un carnet de commandes qui, au bout de 4 mois, dépasse nettement les chiffres de 2009. Et si des secteurs comme l'industrie chimique ont pâti de la crise, celui de l'eau, moins cyclique, a mieux résisté comme l'explique Cédric Fagot, chef du marché eau et environnement.