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Degrémont et Lyonnaise des Eaux ont décidé de partager leur savoir-faire en ouvrant un site internet en libre accès, entièrement dédié à l'empreinte carbone des métiers de l'eau. Liefecarbontool.com s'appuie sur les lignes directrices internationales en matière d'Analyse de Cycle de Vie et de quantification des gaz à effet de serre (norme ISO 14040). Il intègre les règles méthodologiques du Bilan Carbone® de l'Ademe et s'appuie sur le guide publié en la matière par l'Astee.

Comme bien d'autres secteurs industriels, le domaine de l'eau, que ce soit pour la construction d'usines de traitement ou bien leur exploitation, est à l'origine d'émissions de gaz à effet de serre (GES). « Même si les services locaux de l'environnement ne sont pas potentiellement de gros émetteurs, leurs émissions sont loin d'être négligeables, souligne Jean-Pierre Maugendre, Directeur Adjoint au Développement Durable chez Lyonnaise-des-Eaux. Elles représentent de 10 à 15% des émissions des services publics locaux, ce qui les place en 3ème position en termes d'émissions de GES, après les transports collectifs et les déchets ». Suffisamment donc pour que la problématique ne soit pas négligée. D?autant que les changements climatiques sont, avec la préservation des ressources en eau, l'une des deux préoccupations environnementales majeures des Français. « Cette demande sociale s'est traduite dans un premier temps par une montée en puissance rapide des plans d'actions environnementaux des collectivités locales, les Agendas 21 », indique Jean-Pierre Maugendre. Elle est aujourd'hui relayée par des obligations réglementaires, notamment l'article 75 de la loi n°2010-788 du 12 juillet 2010, dite Grenelle II, qui oblige les collectivités locales de plus de 50.000 habitants et les entreprises de plus de 500 salariés à réaliser leur bilan carbone et leur bilan GES avant le 31 décembre 2012 puis à rendre compte tous les 3 ans ». Ces obligations nouvelles incitent les collectivités et les entreprises à valoriser leurs progrès en matière d'impact sur l'environnement sur des bases chiffrées en accordant au bilan carbone une importance croissante. « Nous sommes entrain de passer dans ce domaine d'une culture de la déclaration à une culture de la preuve » souligne Jean-Pierre Maugendre. « Dans nos métiers, tous les appels d'offres un tant soit peu conséquent comportent désormais un volet GES ». L?enjeu porte sur les possibilités de réduire les émissions de GES en produisant de l'énergie renouvelable comme par exemple avec la valorisation du biogaz. Reste que le diagnostic, préalable indispensable à toute démarche de réductions d'émissions de GES, nécessite de disposer d'un outil d'évaluation adapté. C?est tout l'objet du portail lifecarbontool.com lancé conjointement par Degrémont et Lyonnaise des Eaux entièrement dédié à l'empreinte carbone des métiers de l'eau. Ouvert à tous les acteurs et opérateurs sans aucune restriction, qu'ils soient en régie ou en délégation, qu'ils soient bureaux d'études, collectivités locales, maîtres d'?uvre..etc, l'outil intègre deux éléments essentiels : un calculateur carbone appelé O2C? et une base de données recensant et quantifiant tous les facteurs d'émissions d'une usine de traitement d'eau potable et d'une station d'épuration. Le calculateur carbone O2C?, développé en collaboration avec Price Waterhouse Coopers, permet à tout exploitant d'une usine de dessalement, de production d'eau potable ou bien d'une station de d'épuration d'évaluer ses émissions de GES. Pour mettre au point son calculateur, fruit d'un travail de plusieurs années, Degrémont a adopté une approche exhaustive des origines des émissions en intégrant dans son outil la consommation d'énergie (fioul, électricité, gaz?), la nature des procédés mis en ?uvre (traitement biologique?), la fabrication des produits entrants (réactifs, consommables, matériaux de construction, équipements'), les déplacements de personnes, les transports de marchandises sans oublier le traitement des déchets et la valorisation des boues. Ce recensement va permettre de croiser les données collectées avec les facteurs d'émission correspondant regroupés au sein d'une base de données spécifique aux métiers de l'eau issue de plusieurs sources : le Bilan Carbone® de l'Ademe, les travaux de l'Astee dont Jean-Pierre Maugendre anime le groupe de travail consacré aux gaz à effet de serre, ainsi que les recherches menés par le CIRSEE notamment en matière d'oxydes d'azote (N2O) et de méthane (CH4). Le tout contrôlé et validé par le bureau d'études Suisse Bonnard et Gardel. « C?est ce croisement qui va permettre de disposer d'une photographie très précise des principaux postes émetteurs de GES » explique Pascal Vizier, en charge du développement commercial de Degrémont en France. Lifecarbontool permet donc d'identifier les principaux postes générateurs d'émissions de GES et d'agir sur une usine en fonctionnement ou au stade de sa conception. «Sur une installation existante, c'est un outil qui va permettre d'élaborer des plans pour réduire son empreinte carbone tout en suivant au fil du temps son évolution » explique Pascal Vizier. « Plus en amont, l'outil va permettre de concevoir des usines ou des filières en comparant différents scenarii et ainsi de faire des choix raisonnés au regard du critère des émission de GES ». L?outil, ergonomique, a été conçu pour permettre à chacun, qu'il soit maitre d'?uvre ou exploitant, d'entrer dans une démarche de type « réduire, éviter, compenser » pour infléchir son empreinte carbone. Pour ceci, il lui suffit de se connecter à la plateforme Web puis d'entrer les données requises pour commercer à exploiter l'outil, ceci dans le cadre d'une confidentialité garantie. La création d'un compte, facultative, permet d'exploiter plus de fonctionnalités, par exemple d'enregistrer différents scenarii ou partager les simulations effectuées. Testé sur la station d'épuration de la Feyssine (69) construite par Degrémont et exploitée par Lyonnaise des Eaux, l'outil a permis de substituer à une filière classique de déshydratation des boues une méthanisation permettant d'alimenter un sécheur produisant un produit sec à haute valeur calorifique. « Ce choix a permis d'obtenir une empreinte négative de l'ordre de 10 kg de CO2 par an par habitant alors qu'on enregistre habituellement une empreinte positive du même ordre de grandeur » souligne Pascal Vizier. Pour le moment, l'outil, à vocation internationale, a été développé en trois langues (Français, Anglais et Espagnol) correspondant à autant de versions pour contextualiser les facteurs d'émissions en fonctions des pratiques d'exploitation locales et de certaines particularités géographiques : climat, nature des réactifs utilisés, facilité d'approvisionnement, etc. Une version australienne est cependant en cours d'élaboration. D?ici la fin 2012, l'outil devrait être étendu à la distribution de l'eau potable et à la collecte des eaux usées en intégrant de nouveaux ouvrages au premier rang desquels les réseaux, ce qui permettra de faire le bilan carbone complet d'un service eau et assainissement. Il sera également étendu à l'utilisation de l'eau dans la maison dans une logique de patrimoine mais aussi d'exploitation : « Un tiers de l'eau utilisée dans la maison est chauffée, souligne Jean-Pierre Maugendre, ce qui explique que l'on constate un rapport de 3 à 4 entre le bilan carbone de l'eau dans la maison et celui de l'eau en ville. C?est donc une évolution intéressante pour le consommateur final aussi bien que pour le gestionnaire de parc immobilier ».