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Spécialisée depuis plus de vingt cinq ans dans le domaine de l'ultrafiltration, Aquasource entame une nouvelle étape dans son développement avec la nomination d'Eric Dehouck au poste de Directeur General (COO). Agé de 33 ans, Eric Dehouck a occupé diverses fonctions au sein du Groupe Degrémont notamment dans les filiales Infilco aux USA, Anderson Water System au Canada, et au siège de Degrémont, où il a largement participé à leur croissance commerciale. Fort de ses succès et de sa bonne connaissance internationale des problématiques et enjeux des marchés, Eric Dehouck se fixe pour objectif de poursuivre la croissance d'Aquasource notamment en Europe et en Asie.

Revue L?Eau, L?Industrie, Les Nuisances : Vous avez été récemment nommé à la direction générale d'Aquasource. Quelles sont aujourd'hui vos priorités ? Eric Dehouck : Lors de mon arrivée au sein d'Aquasource au mois d'octobre dernier, j?ai souhaité faire dans un premier temps un point sur l'évolution stratégique de l'entreprise. Cette phase n?étant pas totalement achevée, il est encore trop tôt pour définir nos différents objectifs. Néanmoins nous avons déjà pris la décision de travailler des fondamentaux aussi simples que les coûts, la qualité et les délais pour les 2 métiers d'Aquasource. D?une part la fabrication et la vente de membranes en acétate de cellulose (AC) et en polysulfone (PS) et d'autre part la conception d'unités standards et d'ateliers d'ultrafiltration. De même, nous travaillons également à renforcer notre écoute des clients et à la personnaliser. Car la structure de notre clientèle se caractérise par une grande diversité de profils entre ceux qui connaissent parfaitement l'ultrafiltration et ceux qui la connaissent moins, voire pas du tout. Il existe également une grande variété d'attentes liées à des contraintes de tailles d'équipements ou de stations très diverses. Nous allons donc nous attacher à identifier ce panel d'attentes et de besoins pour remettre le client au centre de l'entreprise et nous situer au plus près de ses préoccupations. Enfin, Aquasource est la première entreprise française qui fabrique des membranes d'ultrafiltration, la technologie au c'ur des stations d'eau potable. Nous avons donc la fierté de développer cette entreprise pour qu'elle participe au rayonnement de la France et à l'excellence française dans le traitement de l'eau. E.I.N. : Comment se porte le marché de l'ultrafiltration en France ? E.D. : En France, le marché de l'ultrafiltration se porte bien. Comme vous le savez, Aquasource a été et reste une entreprise pionnière dans ce domaine puisqu'elle détient près de 80% de la base installée du marché municipal Français. C?est donc avec satisfaction que nous constatons aujourd'hui que les clients, c'est-à-dire les collectivités territoriales, les industriels ainsi que les intégrateurs et les bureaux d'études, ont réussi à s'approprier pleinement cette technologie. Cet état de fait permet au marché de se situer non plus dans une phase de découverte ou d'observation mais bien dans une phase d'accélération et de croissance. On voit clairement que le marché s'élargit sous le double effet d'une augmentation de la taille des installations mais aussi de la variété des applications que couvrent désormais les technologies de l'ultrafiltration (bioréacteurs à membranes, réutilisation, prétraitement d'osmose inverse, eau potable ou eau industrielle). E.I.N. : Quelles sont ses applications ? E.D. : Historiquement, l'ultrafiltration a été plus spécifiquement développée pour la production d'eau potable dans le cadre d'une approche multi-barrières en affinage des filtres à sable. Dans ce domaine, la technologie à fait ses preuves et continue à susciter un intérêt certain auprès des municipalités. Mais une partie de la croissance du marché repose aussi sur le fait que cette technologie est bien adaptée à d'autres applications, par exemple la réutilisation des eaux usées, ou lorsque des contraintes environnementales particulièrement fortes justifient l'ajout d'un étage d'ultrafiltration en sortie de filière. L?ultrafiltration gagne également des parts de marché dans l'?industrie. De nombreux industriels optent pour cette technologie pour disposer d'une qualité d'eaux de process conforme à leurs attentes et constante dans la durée. E.I.N. : Comment voyez-vous évoluer les marchés de l'ultrafiltration dans les années à venir ? E.D. : En France, le marché de l'eau potable nous semble prometteur. Un nombre croissant de municipalités nous sollicitent pour équiper leurs stations de traitement de systèmes d'ultrafiltration. Ils recherchent une amélioration de la qualité de leur eau et se montrent intéressés par cette barrière physique que constitue l'ultrafiltration pour traiter tout ce qui est virus et micropolluants. Ces 5 dernières années, le marché a été très tourné vers la remise à niveau du parc des stations d'épuration et des stations d'eau potable, mais on voit réapparaitre aujourd'hui des projets en eau potable qui traduisent, à mon sens, le début d'un cycle d'une dizaine d'années qui conduira à la mise à niveau d'un certain nombre de stations d'eau potable de tailles moyennes ou petites. En industrie, d'importants gisements existent, même si le marché se trouve plus impacté par la situation économique que le marché municipal. Quant au marché de la réutilisation des eaux usées, c'est vrai qu'il reste encore embryonnaire. Je suis cependant optimiste car c'est le sens de l'histoire. Aujourd'hui, il parait plus coûteux de s'engager dans une démarche de réutilisation des eaux usées que de s'y abstenir. Mais le jour viendra ou l'on se rendra compte que de ne rien faire coûte plus cher sur le long terme, bien plus que de s'équiper de systèmes d'ultrafiltration. Les freins économiques et règlementaires qui subsistent aujourd'hui sauteront et ouvriront la voie à un marché conséquent. E.I.N. : Et à l'international ? E.D. : A l'international, le marché bénéficie des mêmes ressorts. Qu'il s'agisse d'eau potable, de la réutilisation des eaux usées, de bioréacteurs à membranes ou d'applications industrielles, l'ultrafiltration progresse au fur à mesure qu'elle gagne en maturité et en fiabilité. Cela étant, à l'échelle mondiale, c'est l'utilisation de l'ultrafiltration en prétraitement d'osmose inverse pour le dessalement de l'eau de mer et le bioréacteur à membranes qui présentent les plus fortes perspectives de croissance dans les années à venir. C?est un marché sur lequel Aquasource est très sollicitée du fait de sa réputation et de son expérience. Aquasource a d'ailleurs une référence en prétraitement d'osmose inverse pour le dessalement en Asie du sud est. D?un point de vue technologique, pour la France, l'Europe et l'international, nous constatons que progressivement une segmentation s'effectue. D?une part la technologie PVDF out/in en eaux usées ou reuse et d'autre part la technologie in/out PS ou AC pour les applications eau potable, eau de process ou prétraitement d'osmose inverse. E.I.N. : Quelle est la part de votre chiffre d'affaires réalisée à l'international ? E.D. : Aquasource réalise presque 50% de son chiffre d'affaires hors d'Europe, en Amérique du nord et en Asie où le marché dispose du potentiel de croissance le plus important. E.I.N. : Comment comptez-vous vous développer sur ces marchés ? E.D. : D?abord, Aquasource bénéficie des réseaux du groupe Suez Environnement à travers les bases dont il dispose en Amérique du nord et en Asie. C?est un atout important. Nous travaillons également à développer dans la durée des relations suivies avec des intégrateurs locaux qui sont bien souvent la clé d'une implantation locale réussie. Nous avons donc développé des outils spécifiques qui leur permettent d'être plus à l'aise et plus autonomes pour la soumission d'offres dans leurs zones géographiques respectives. L?objectif consiste à nouer des partenariats commerciaux avec des acteurs locaux pour être plus compétitifs sur ces marchés. L?ultrafiltration est une technologie qui nécessite un accompagnement du client. Pour cela, il faut que l'accompagnateur, comme Aquasource, dispose d'une longue et réelle expérience de l'ultrafiltration ce qui est le cas d'Aquasource. Sur les marchés très concurrentiels, par exemple en Asie et plus particulièrement en Chine, la différence va se faire entre ceux qui se placent dans une logique « prix » en prenant, à mon avis, des risques process non négligeables pour leurs clients, et ceux, comme Aquasource, dont l'approche est basée sur une véritable expertise qui constitue une vraie valeur ajoutée. J?ajoute qu'au plan technique, Aquasource dispose de réels atouts comme par exemple notre nouvelle membrane en polysulfone. E.I.N. : Vous avez présenté récemment une nouvelle offre baptisée Nomad. De quoi s'agit-il ? E.D. : La gamme Nomad désigne des unités mobiles d'ultrafiltration entièrement automatisées et autonomes, logées dans des containers 10, 20 ou 40 ?? ou sur remorque. Performantes, modulables grâce à des débits variant de 10 à 150 m³/h par unité, faciles à installer, à transporter et même à exporter, elles permettent de disposer rapidement et durablement d'une eau ultrafiltrée à partir d'une eau de réseau, d'une eau souterraine ou d'une eau de surface. Elles garantissent une eau limpide avec une turbidité < 0,1 NTU, une élimination de 6 log des micro-organismes pathogènes et une chloration finale. Cette offre « plug and play » a été spécialement développée pour répondre aux problématiques d'approvisionnement en eau potable des zones isolées, difficiles d'accès, ainsi qu'aux situations d'urgence. Elle s'adresse donc prioritairement aux petites municipalités et aux industriels qui souhaitent disposer rapidement d'une eau ultrafiltrée sans pour autant investir dans un nouveau bâtiment. En Italie, pour la collectivité de Rigutino, Nuove Acque Spa a retenu, la solution Nomad qui a permis de réduire de 70% le coût du génie civil et de diviser par trois la durée du chantier. Propos recueillis par Vincent Johanet