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Filiale d'Areva, Comurhex est un important centre industriel de la région Narbonnaise créé en 1959 sur l'emplacement d'une ancienne usine de production de soufre. L?activité du site consiste à assurer la conversion de l'uranium en hexafluorure, combustible des centrales nucléaires. Ce sont les opérations de conversion qui donnent aux concentrés uranifères la pureté nécessaire à la fabrication du combustible nucléaire. Certifié ISO 14001, le site de Malvési qui s'étend sur une centaine hectares, réceptionne du minerai issu du monde entier, sous forme de concentrés. La première étape du cycle de conversion consiste à purifier les concentrés et les transformer par fluoration, en tétrafluorure d'uranium (UF4). Ce dernier est ensuite acheminé en camion citerne vers le site de Pierrelatte pour être transformé en hexafluorure d'uranium (UF6). Classé ICPE et Seveso II seuil haut du fait des produits chimiques utilisés (ammoniac, acides nitrique et fluorhydrique), le site de Malvési génère des effluents liquides et solides qui, après un premier traitement, sont dirigés sur une aire de lagunage qui comprend des bassins de décantation et d'évaporation. Les boues résultants de cette décantation contiennent principalement des eaux chargées en nitrates, des éléments métalliques issus des roches, de l'uranium naturel, mais également des radioéléments résultants de la décomposition de l'uranium. Bien que l'activité de Comurhex soit suivie de très près par la DRIRE, L?IRSN ou EURATOM, le site n?est pas à l'abri d'incidents. Entre 2004 et 2006, une succession d'incidents ont ainsi provoqué une interruption de l'exploitation du site imposant la planification d'importants chantiers afin de préserver l'environnement. L?osmose inverse pour traiter les eaux pluviales En mars 2004, la digue d'un bassin de lagunage se rompt provoquant l'épandage des effluents nitratés dans la plaine lagunaire. Le confinement de la zone et la reprise des eaux pluviales par pompage dirigées vers l'ensemble des lagunes permettent de gérer les conséquences de l'incident. Mais 6 mois de précipitations exceptionnelles fin 2005-début 2006 rendent la situation incontrôlable : les lagunes se remplissent jusqu'à déborder. Ce sont alors 30.000 m3 d'effluents qui s'épandent à nouveau sur le site, dont la teneur en nitrates s'élève à environ 30 g/litre, pouvant même à certains endroits atteindre 80g/litre. Les lagunes ne pouvant plus ni recevoir les effluents générés par l'activité du site, ni les eaux pluviales nitratées, le Préfet ordonne fin janvier 2006 l'interruption de la production. Au pied du mur, Comurhex engage plusieurs actions pour que l'usine retrouve au plus vite les capacités de stockage de ses effluents : la construction d'un nouveau bassin capable d'accueillir la totalité des 30.000 m3 d'effluents répandus est immédiatement décidée. Reste à trouver le process adapté au traitement de ces effluents. La mobilisation des équipes techniques de Comurhex associée aux solutions techniques proposées par Ondeo Industrial Solutions permettront de mettre en ?uvre en un moins d'un mois, une solution permettant de résoudre la crise. Malgré quelques incertitudes sur les concentrations en nitrates des effluents, Ondeo Industrial Solutions propose à Comurhex de dénitrater les eaux pluviales par osmose inverse, une technologie généralement utilisée pour le traitement des eaux de process ou de déminéralisation d'eau. Gilles Cotte est directeur des services France chez OIS. Il explique : « L?innovation réside dans le fait qu'on a eu recours à une technologie d'eau de process pour traiter des ?eaux résiduaires ». « C?était osé? car il est assez rare d'avoir à abattre 10g/litre de nitrates sur une eau résiduaire », poursuit Gilles Percheron, Responsable du Développement industriel chez OIS. La solution biologique a été écartée du fait du temps de mise en ?uvre du process, mais également du fait de la taille des bassins que requièrent les procédés nitrification /dénitrification. 30.000 m3 traités en un mois et demi Le traitement de ces effluents va s'opérer après une déstabilisation chimique des eaux de pluies, (réduction des boues) et une déstabilisation de la suspension colloïdale (Abattement du calcium et magnésium). Une décantation puis une filtration sur sable précède le traitement final sur des osmoseurs agencés constitués par deux unités mobiles O?Mobile® acheminées en urgence sur le site. Ce sont elles qui procéderont en moins d'un moi et demi au traitement final des effluents en respectant trois impératifs : 1- Un niveau de rejet inférieur à 50 mg/litre ; 2- Un taux de conversion, garantissant le rejet de deux tiers des effluents (les filtrats) vers le milieu naturel (<50 mg/litre) le retentât étant rejeté dans les lagunes ; 3- Un débit horaire de 50 m3/heure. 4- En arrivant à traiter des effluents concentrés à 30g/litre, l'exécution de cette opération d'urgence valide la faisabilité technique de la solution préconisée par Ondeo I.S. Les dirigeants de Comurhex décident alors la construction d'une unité fixe d'osmose multi-étages permettant de traiter selon les mêmes principes, environ 100.000 m3/an. « Ondeo I.S. s'est alors trouvé face à un nouveau challenge, explique Gilles Percheron, car en six mois, il a fallu sortir de terre une installation complète, améliorée de façon conséquente par rapport aux unités mobiles. Le pari a été gagné grâce à une parfaite synergie entre les équipes techniques d'Areva et celles d'Ondeo I.S. ». Inaugurée en avril dernier, l'exploitation de cette installation dont l'investissement s'élève à 2 millions d'euros, a été confiée pour une durée de 5 années à Ondeo I.S. Cette unité de traitement des eaux nitratées, associée à la création d'un nouveau bassin et à une gestion révisée des bassins d'évaporation permettra à Comurhex d'aborder plus sereinement les éventuelles vicissitudes météorologiques.