Your browser does not support JavaScript!

Spécialisée dans le traitement de l'eau, de l'air et dans certaines techniques comme la photocatalyse, la société Résolution vient d'obtenir l'agrément de son système de dépollution des effluents phytosanitaires, le Phytocat®, seule machine entièrement automatisée pour dépolluer ce type d'effluents.

C?est devenu une obligation légale. Depuis la parution de l'arrêté du 12 septembre 2006, le retraitement des fonds de cuve ou des pulvérisateurs ayant contenus des produits phytosanitaires et des surplus de bouillies est devenu obligatoire. Rappelons que jusqu'à présent ces résidus faisaient le plus souvent l'objet de simples nettoyages à l'issu desquels les eaux de rinçages repartaient au milieu naturel sans le moindre traitement'. Désormais, c'est le producteur du déchet c'est-à-dire en pratique l'exploitant agricole ou la collectivité publique ayant mis en ?uvre le produit qui en est responsable jusqu'à la phase d'élimination finale. Dès lors comment gérer ce type de déchet ? Trois filières coexistent à choisir au cas pas cas, en fonction du type d'exploitation. Trois filières à choisir au cas pas cas La première filière consiste à stocker ces résidus puis à les orienter vers une filière agréée D.I.S. en tant que déchets industriels spéciaux. Bien que le stockage réponde à certaines exigences bien précises, c'est sans doute la solution la plus simple, à défaut d'être la moins couteuse : le prix de la tonne de déchets traitée avoisine les 450,00 ?. Moyens et gros volumes s'abstenir? La seconde solution consiste à recourir à la méthode dite du rinçage à la parcelle : en pratique, la méthode consiste à diluer les fonds de cuve avant de procéder à un nouvel épandage. Elle est autorisée dès lors que la concentration initiale du fond de cuve a été divisée par 100 et que l'épandage final s'effectue à plus de 50 mètres de tout point d'eau et à plus de 100 mètres d'un point de baignade. Inconvénient de la pratique : elle nécessite des investissements (achats de cuves d'eau claire) mais surtout elle est longue et complexe à mettre en ?uvre du fait des dilutions et épandages successifs. D?où le recours à une troisième possibilité, celle consistant à s'équiper d'un dispositif de traitement spécifique. Mais attention ! il doit s'agir d'un dispositif reconnu par le ministère de l'écologie et du développement durable et inscrit en tant que tel au bulletin officiel du 28 février 2007. En pratique, cet arrêté reconnaît des procédés rustiques reposant sur une dégradation biologique sur un substrat et des procédés plus élaborés reposant selon les cas sur la photocatalyse, l'osmose inverse ou encore l'ultrafiltration. Les premiers conviennent bien aux exploitations de taille modeste alors que les seconds sont plutôt adaptés aux exploitations collectives. C?est dans cette catégorie qu'entre le procédé Phytocat mis au point par la société Résolution. Phytocat, un procédé basé sur la photocatalyse Laurent Bonduelle est directeur général de Résolution. Il explique : « Le système Phytocat est basé sur le phénomène photocatalytique c'est à dire sur l'irradiation d'un catalyseur (le dioxyde de titane, TiO2) par des rayonnements photoniques (U.V). Il se produit alors une réaction d'oxydoréduction, dégageant des radicaux libres (radicaux OH*). Ces radicaux attaquent les polluants organiques en présence d'oxygène et les dégradent par oxydation successive en composés minéraux non toxiques (H2O, CO2, SO2,?) ». En pratique, le traitement se déroule sur une aire de lavage équipée d'un système de déshuilage, de dégrillage et de dessablage. Après dégrillage, débourbage et déshuilage, l'effluent est pompé et stocké par bâchées de 500 litres dans le Phytocat. Lors du pompage, il est filtré à l'aide de deux pré-filtres intégrés au process. Le démarrage du cycle de dépollution active la pompe de relevage qui fait circuler l'effluent sur les media-filtrants irradiés par des lampes UV. Les oxydations-réductions successives s'opèrent alors grâce aux media-filtrants, supports non tissés recouverts de silice et de dioxyde de titane (TiO2) fournis par Ahlstrom qui permettent, sous l'effet de la lumière, la réaction photocatalytique. Le Phytocat traite les 500 litres pompés en quinze jours. En conséquence de quoi sa capacité maximale de traitement avoisine les 12 m3 annuel, ce qui le destine plutôt aux moyennes et grandes exploitations. Parmi les avantages du procédé, sa simplicité de mise en ?uvre et un investissement relativement modéré (de 15 à 20.000 ?) pour un coût de fonctionnement avoisinant les 80,00 ? le m3 traité. Autre atout, l'absence de contre-indication particulière sur les concentrations maximales de l'effluent à traiter, les expérimentations ayant été menées sur des concentrations allant du produit pur à l'effluent dilué conformément aux bonnes pratiques phytosanitaires. « La température n'a pas non plus d'incidence sur l'efficacité de la photocatalyse et le Phytocat peut fonctionner quelle que soit la saison » souligne par ailleurs Laurent Bonduelle. Seule contrainte, la nécessité de changer le pré-filtre et les medias filtrants après chaque cycle, au moment de la vidange. A la fin du cycle de dépollution, l'effluent peut être épandu ou vidangé dans les conditions fixées par l'arrêté du 12 septembre 2006. Quant aux consommables usagés, ils doivent être soigneusement stockés et éliminés en tant que déchets dangereux en centre agréé.