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La 25ème édition de Pollutec se tiendra du 27 au 30 novembre prochain à Lyon-Eurexpo. A moins d'un mois de son ouverture, dans un contexte économique perturbé, comment se présente cette édition, quelles en sont les grandes tendances et que peut-on en attendre ? Rencontre avec Sylvie Fourn, Commissaire générale du salon et Directrice du pôle environnement, industrie et santé chez Reed Expositions France.

L?Eau, L?Industrie, Les Nuisances : Comment se présente l'édition 2012 de Pollutec ? Sylvie Fourn : Plutôt bien malgré un contexte économique difficile. Du point de vue de la fréquentation, nous attendons entre 70 et 75.000 visiteurs, un chiffre en ligne avec les éditions lyonnaises précédentes, si l'on veut bien faire abstraction de l'édition 2010 qui, vous vous en souvenez, avait pâti d'évènements météo exceptionnels. Même s'il est encore trop tôt pour tirer des enseignements fiables des pré-enregistrements qui se font souvent dans les derniers jours précédant l'ouverture du salon, nous pensons que cet objectif sera atteint. L?Eau, L?Industrie, Les Nuisances : Un nombre de visiteurs stable, c'est un objectif raisonnable, voire prudent'. Sylvie Fourn : Il est basé sur des réalités dont nous devons tenir compte. La première est que le nombre potentiel de visiteurs n?augmente pas, en particulier dans le secteur industriel. Il faut aussi compter sur des restrictions de plus en plus importantes qui ne sont pas uniquement d'ordre budgétaire. Les problématiques de flux tendus dans les usines comme dans les entreprises font que les visiteurs potentiels ne sont plus systématiquement autorisés à se déplacer ou moins longtemps qu'auparavant. En revanche, l'environnement pénétrant désormais toutes les couches de l'activité économique, nous notons avec satisfaction la montée en puissance de nouveaux profils de visiteurs, ce qui compense globalement les visites moins nombreuses ou moins longues que je viens d'évoquer. L?Eau, L?Industrie, Les Nuisances : Qui sont ces visiteurs et quel est leur profil ? Sylvie Fourn : Ils viennent d'horizons assez divers. On observe par exemple une montée en puissance de visiteurs qui font partie du monde des collectivités locales mais qui ne sont pas des techniciens. Ce sont des chargés de missions, des responsables du développement durable qui s'intéressent à des problématiques transversales orientées vers des thèmes tels que le développement soutenable, l'efficience énergétique, etc' On note également une plus grande présence de visiteurs venus du monde du bâtiment qui s'intéressent aux problématiques liées à l'optimisation environnementale du patrimoine bâti, aux bâtiments basse consommation, etc. Le secteur de l'agriculture, qui doit faire face à des problématiques réglementaires mais aussi techniques liées par exemple à la valorisation des sous-produits de leurs activités, est également bien plus présent. Et puis, il faut désormais compter avec une catégorie encore plus diversifiée qui regroupe les bureaux d'études, les cabinets conseils, les prescripteurs qui viennent faire leur sourcing à Pollutec pour mieux appréhender les problématiques environnementales d'aujourd'hui et pour trouver des solutions qu'ils intègreront ensuite dans leurs propres recommandations. Ces nouveaux profils complètent bien les visiteurs traditionnels que sont des directions techniques des collectivités locales et les responsables environnement ou responsables techniques de production du monde industriel, toujours bien présents. L?Eau, L?Industrie, Les Nuisances : Comment se structure l'offre cette année ? Sylvie Fourn : Avec près de 2400 exposants confirmés, Pollutec reste parmi les tous premiers salons mondiaux de référence pour l'ensemble de la filière éco-industrielle. On observe également dans ce domaine des phénomènes qui se contrebalancent. Les grands éco-acteurs sont tous présents mais sur des surfaces plutôt moins importantes que par le passé. Par contre, les équipementiers sont plus nombreux, d'origines plus diverses, sur des surfaces stables. Si l'on raisonne en termes d'activités, deux secteurs sont en plein boom : le secteur des déchets et du recyclage dopé par les démarches de valorisation matière ou valorisation énergétique et celui de l'énergie qui profite des démarches d'optimisation de l'efficience énergétique des procédés. Le secteur de l'air qui stagnait les années précédentes semble se redresser. Quant au secteur de l'eau, il reste assez stable. L?offre dans ce domaine s'inscrit dans une recherche systématique d'optimisation des performances des procédés plus que dans l'émergence de technologies de rupture. C?est la pression réglementaire qui dope le marché, plus que l'innovation au sens strict du terme. Du coup, le nombre de nouveaux entrants sur le salon reste limité. L?Eau, L?Industrie, Les Nuisances : le salon abordera cette années des thématiques transversales telles que « la ville durable » ou « l'industrie durable ». Pour quelles raisons ? Sylvie Fourn : Nous devons répondre à des demandes fortes en matière de thèmes transversaux qui s'expliquent par l'évolution naturelle des préoccupations. Lorsque Pollutec a été créé, le salon a du répondre dans un premier temps aux problématiques de traitement des pollutions. Ensuite, au milieu des années 1990, Pollutec s'est attaché à répondre aussi à la notion de prévention des pollutions. Aujourd'hui, nous sommes dans une troisième phase qui se caractérise par le fait que la performance écologique est très liée à la performance économique. Pour être performant aujourd'hui, il faut réduire son empreinte environnementale à presque rien. Il y a des réconciliations possibles entre empreinte écologique et performances économiques. Les solutions sont à Pollutec. C?est à nous de les faire connaitre et c'est tout le sens du thème de l'industrie durable qui constitue le prolongement logique du village « optimisation des procédés » créé il y a deux ans. Quant aux thèmes liés à la ville durable, c'est encore plus vrai et la demande, à l'image des enjeux, est énorme. La ville est le théâtre de tous les défis environnementaux et économiques du 21ème siècle. Songez que 80% de la population sera urbaine au milieu de ce siècle ! Mais en ville, les problématiques environnementales sont complexes, diversifiées, multiformes et appellent souvent des réponses globales. Il est donc devenu nécessaire d'associer les acteurs de l'offre avec les élus en charge de la gouvernance sans oublier les citoyens. Nous assistons en ce domaine à l'apparition de nouveaux paradigmes. La France dispose d'énormes compétences dans ce domaine qu'il faut valoriser. Cela étant, nous avons toujours veillé sur Pollutec à aborder des sujets transversaux sans jamais abandonner une approche verticale. Notre approche est avant tout liée aux filières métiers. C?est particulièrement vrai dans le domaine de l'eau. L?Eau, L?Industrie, Les Nuisances : Vous pensez aux thématiques abordées dans le cadre des forums et conférences ? Sylvie Fourn : Oui, bien sûr mais pas uniquement. A côté du premier village Eau consacré à l'assainissement non-collectif et à la gestion des eaux pluviales géré en partenariat avec l'IFAA, l'IFEP auxquels se joignent cette année deux nouveaux syndicats l'ISGH et le Storm, nous allons créer cette année un deuxième village Eau qui sera dédié aux problèmes de transport, de construction et de traitement. Ce nouveau village sera lancé dans le cadre d'un partenariat étroit avec l'UIE qui regroupe, comme vous le savez, de nombreux syndicats professionnels. Quant au village dédié aux travaux sans tranchée animé en partenariat avec la FFTST, son succès ne se dément pas. L?Eau, L?Industrie, Les Nuisances : Pollutec avait déployé ces dernières années des efforts particuliers pour inciter les PME françaises à exporter. Cet effort est-il maintenu ? Sylvie Fourn : Oui, cet effort est pérennisé et même amplifié sur trois axes. Le premier est celui de la communication : de nombreux dispositifs d'aides, d'informations et d'assistance sont proposés sur Pollutec aux PME qui n?en profitent pas assez. Nous allons nous attacher à les faire mieux connaitre. Ensuite, nous encourageons activement tous les réseaux de PME ou les structures qui assistent les PME dans leur démarche à l'export à être présents sur le salon soit sur des espaces dédiés que nous mettons à leur disposition, soit par le biais de forums ou de conférences. Enfin, nous allons poursuivre et même intensifier le déploiement de Pollutec à l'étranger pour emmener nos entreprises sur des marchés à l'export à l'image de ce que nous avons fait en Algérie et au Maroc avec nos partenaires traditionnels tels que l'Ademe et Ubifrance. Ces déploiements constituent pour nous des investissements considérables, pas toujours très rémunérateurs, mais qui nous paraissent fondamentaux. Ces marchés représentent une bonne part de la croissance de demain. Propos recueillis par Vincent Johanet