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Un relief, un sous-sol et une répartition d'habitat difficiles, une situation pour le moins floue en matière d'assainissement, une population sceptique dans les premiers temps, la tâche du maire n?était aisée. Pourtant, équipée par des postes individuels et une station d'épuration Salmson, cette petite commune bourguignonne a su se doter d'un système d'assainissement aux normes alliant critères économiques et écologiques.

Nelse-et-Massout en Côte d'Or, une commune rurale formée par deux villages totalisant 101 habitants. En 1997, le maire envisage l'installation d'un système d'assainissement aux normes dans les deux bourgs que sépare un vallon. Le choix du conseil municipal se porte sur un procédé gravitaire traditionnel. A Nesle, 73 habitants pour 48 maisons, le système collectif est retenu. « L?habitat est regroupé mais il n?y pas de jardins et de cours à Nesle, ce qui rendait difficile l'installation d'un dispositif individuel, explique le maire et maître d'ouvrage Didier Baudry. En outre, à l'époque, la politique de l'Agence de l'eau était de subventionner l'assainissement collectif. Aujourd'hui, il le fait pour l'assainissement individuel, dispositif installé à Massout qui présente un habitat plus dispersé avec 13 maisons pour 25 habitants ». Il y a deux ans, la mairie lance un appel d'offres et confie l'étude de la faisabilité de l'ouvrage à Hubert Viard, géomètre expert et P.D-G de SAGE dont le siège social est basé à Dijon. Les deux hommes consultent Maitr?O, société spécialisée dans la maîtrise de l'eau en Côte-d'Or. Son directeur Michel Fumey les met en contact avec Salmson, partenaire de longue date. Sur invitation de Jean-Yves Rodrigue, directeur des marchés du cycle de l'eau et de l'industrie de Salmson, le maire de Nesle et son conseil municipal se rendent en Allemagne où est située la maison-mère du fabricant de pompes, dans la banlieue de Dortmund. Ils sont étonnés d'y voir plusieurs villages situés en région vallonnée mais regroupés autour d'une seule station alors que, remarque Didier Baudry, « en France c'est un village une station ». Convaincus par le système de réseaux ramifiés sous pression pour la récupération et le traitement des eaux usées, Didier Baudry et Hubert Viard renoncent au système gravitaire prévu initialement. Des avantages évidents mais des réticences locales Ce choix tient d'abord à la nature du terrain : « rocheux, compact, avec du calcaire friable par endroits mais pas à d'autres, où il faut parfois creuser jusqu'à 3 m de profondeur? » précise le maire. Un traitement de sous-sol laissant apparaître une différence de 70.000 euros entre la solution gravitaire et la solution Salmson fait tout naturellement pencher la balance en faveur de cette dernière. L?ensemble des travaux s'est élevé à 293.157 euros HT dont 78.872 euros pour la station d'épuration, sommes subventionnées à hauteur de 75% (40% par l'Agence de l'eau qui ont été ramenés à 35% et 40% financés par le Conseil général). Une tranchée de 1,5 km de longueur, 1 m de profondeur maximale et 40 cm de largeur a été creusée dans toute la traversée du village de Nesle jusqu'à la station d'épuration sur lits de roseaux située en aval. Durée des travaux à la trancheuse : 2 jours et demi. « Cette solution nous a permis de travailler en faible profondeur et avec des petits diamètres: 63 mm en intérieur et 75 mm en extérieur contre 200 mm pour un réseau gravitaire classique » souligne Hubert Viard du cabinet SAGE. Selon Noé Le Guerranic, chef de marché Cycle de l'eau et Industrie chez Salmson, « la pression dans le réseau ne dépasse pas 2 bar, soit la HMT des pompes positionnées au point le plus défavorable (poste de pompage le plus éloigné et/ou disposant de la hauteur manométrique de refoulement la plus importante). Les réseaux sous pression subissent des essais de tenue de pression à 6 bar ». Côté canalisation et ramifications, elles sont semi-rigides pour épouser naturellement les courbes et pentes de terrain et composées de PEHD (polyéthylène), matériau retenu pour son étanchéité parfaite d'après Hubert Viard, le géomètre-expert. « Seul risque : un coup de pelle !? » remarque-t-il avant d'ajouter : « ce diamètre plus petit est aussi dû à la mise sous pression du réseau. La vitesse de l'eau est donnée par la pompe et non plus par la pente comme c'est le cas en gravitaire où le diamètre plus important permet d'hydrocurer le réseau et d'y installer une caméra de surveillance ». Ce qui met en lumière l'autre avantage du système ramifié sous pression : il évite d'installer des regards sur la canalisation principale et son coût d'entretien est peu onéreux. Confié à un prestataire extérieur pour l'ensemble du réseau il s'élève à 500 euros environ par an pour deux passages avec un nettoyeur haute pression. Le raccordement aux habitations financé sur emprunt par la mairie a ensuite été mutualisé et réparti entre chaque particulier à hauteur de 500 euros HT remboursables sur cinq ans. Hormis cela, la maîtrise d'ouvrage a été prise en charge entièrement par la commune qui a tenu à installer les postes de refoulement individuel le plus possible dans le domaine public. « Sauf à 4 ou 5 exceptions » note le maire qui avoue s'être heurté à des réticences au sein de la population et même à subir des « déboires juridiques » selon ses termes. Il lui a fallu faire preuve de beaucoup de conviction notamment au moment d'imposer à ses administrés la prise en charge de l'alimentation électrique de leur poste individuel. Son montant estimé à 7 euros par an a fini cependant par les convaincre. Une solution écologique et économique Equipés d'un clapet anti-retour et d'une vanne d'isolement, les postes de refoulement individuel Salmson reçoivent l'effluent en provenance de chaque habitation. Ils se composent d'une pompe submersible dilacératrice (mini SDL) dont la partie hydraulique est en fonte et d'un moteur, étanche à rotor sec, en inox 316L. La pompe est munie d'une roue avec couteaux fixes et mobiles en inox qui permettent de broyer tous les corps solides présents dans l'effluent en arrivée. Le broyage évite aussi l'utilisation de produits chimiques en station d'épuration : les particules dilacérées ne sont retenues ni par le dégrilleur ni par le dessableur. D?une durée de vie estimée entre 12 et 15 ans, chaque pompe est installée dans une cuve en polyéthylène renforcé de 60 cm de diamètre (ECO SIR), et reliée à un coffret de commande et d'automatisme (YN 3000) placé chez l'habitant. « En 2 ans, indique le maire, nous n?avons eu que 3 incidents sur les 48 postes installés. Ils ont été détectés par l'alarme intégrée sur le coffret de commande, même si elle n?a pas toujours été entendue? Il s'agit d'une épingle à cheveux placée entre le couteau et le contre-couteau, d'une remise en service dans une résidence secondaire et d'une sonde de niveau qui ne fonctionnait plus ». Deux pompes de rechange sont prévues pour ce type d'éventualités. Les effluents sont ensuite dirigés sous pression vers la station d'épuration située à la sortie du village jusqu'à une station de relevage (SIR DELTA). Le fonctionnement automatique de la station est assuré par une pompe, un coffret de commande et un système de régulation du niveau. Les eaux usées recueillies dans une cuve sont alternativement distribuées sur les 3 filtres de roseaux par 3 pompes PA dotées de système de refroidissement à huile en circuit fermé. Ce procédé de phyto-épuration évite le colmatage dus aux rejets et au sable et permet aux bactéries de se fixer autour des rhizomes. Outre son aspect écologique privilégié par le maître d'?uvre, ce dispositif a permis à la commune de réaliser une économie de 20 à 30% sur ses coûts d'investissement et de 40 à 50% sur ses frais de fonctionnement par rapport aux systèmes intensifs. A la sortie du bassin, l'eau épurée est récupérée par un drain. Une partie - entre un tiers et la moitié - retourne dans le cycle de circulation, le reste est dirigé vers le milieu naturel dans des massifs d'infiltration soumis à une analyse annuelle. Une réalisation Salmson du même type sera opérationnelle en 2009 dans le même département, à Ampilly-le-Sec.