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L?Afsset vient d'émettre un nouvel avis enjoignant à EDF de poursuivre ses efforts pour limiter les colonisations en légionelles de ses tours aéroréfrigérantes au niveau le plus bas possible.

La légionellose, appelée aussi «maladie du légionnaire», est une infection pulmonaire due à la bactérie Legionella. Cette maladie relativement rare mais sévère est soumise à déclaration obligatoire. En France, 1.443 cas ont été déclarés à l'Institut de veille sanitaire en 2006. La bactérie Legionella est présente naturellement dans les eaux douces et peut proliférer dans les sites hydriques artificiels lorsque les conditions de son développement sont réunies, particulièrement entre 25 et 45°C : réseaux d'eau chaude, tours aéroréfrigérantes, bains à remous, balnéothérapies, humidificateurs, fontaines décoratives. Cette contamination se fait par voie respiratoire, par inhalation d'eau contaminée diffusée en aérosol. L?une des actions prioritaires du Plan National Santé Environnement 2004-2008 visait le renforcement de la prévention des légionelloses avec un objectif de réduction de 50% du nombre de cas annuels d'ici 2008. Pour y parvenir, la réglementation concernant les tours aéroréfrigérantes a été, depuis le décret du 1er décembre 2004, considérablement renforcée. Problème : cette réglementation ne concerne pas les tours aéroréfrigérantes exploitées par EDF pour lesquelles la réglementation autorise des concertations en légionelles 500 fois supérieures aux exigences des tours exploitées par les ICPE ! Or, sur l'ensemble de son parc, EDF exploite 11 centres nucléaires de production d'électricité (CNPE) qui sont équipés de tours aéroréfrigérantes. Les circuits de refroidissement de ces tours aéroréfrigérantes sont alimentés par l'eau brute de rivières situées à proximité des centres. Et bien qu'aucun cas de légionellose déclaré n?ait à ce jour été lié aux CNPE, elles constituent des sources potentielles d'exposition des populations aux légionelles. Consciente de cette anomalie, l'Afsset s'est saisie du dossier et a émis en juin 2006, un premier avis qui soulignait la nécessité de mettre en cohérence les seuils de référence des tours des centres nucléaires avec ceux du référentiel réglementaire des installations classées pour la protection de l'environnement. La deuxième partie de l'étude menée par l'Afsset portait sur la pertinence, l'efficacité et l'impact sanitaire et environnemental des traitements mis en ?uvre pour maîtriser les niveaux de Legionella dans les installations d'EDF. C?est sur ces différents points que l'agence vient d'émettre un nouvel avis. Pour l'Afsset, le plan d'EDF présenté en avril 2007 « comporte des améliorations importantes par rapport au plan de gestion 2006 mais des efforts supplémentaires doivent être réalisés, notamment sur les paramètres et leurs seuils déclenchant le renforcement du plan d'échantillonnage ou la mise en place de traitements préventifs ou correctifs ». L?agence recommande notamment de renforcer les plans de surveillance en augmentant la fréquence des mesures analytiques, de rendre plus cohérent le suivi des paramètres analytiques et d'améliorer le contrôle qualité des prélèvements. Elle considère par ailleurs que les traitements actuels « semblent utiles mais doivent être améliorés ». « En effet, ils ne sont pas suffisants pour maintenir et garantir l'absence de prolifération des légionelles dans les circuits, indispensable à une maîtrise du risque légionelles au niveau des circuits de refroidissement des CNPE » peut-on lire dans l'avis de l'agence. Sur la base de cet avis, l'Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) a demandé à EDF par lettre du 15 janvier 2008 de poursuivre toutes les démarches permettant de limiter les colonisations en légionelles au niveau le plus bas raisonnablement possible, en particulier pour les tours des centrales nucléaires ne faisant pas l'objet à ce jour de traitement biocide. En parallèle, l'ASN indique poursuivre ses réflexions sur l'évolution de l'encadrement réglementaire.