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En Camargue gardoise, KSB est un acteur de premier ordre pour l'équipement d'un édifice de neuf millions d'?uros, destiné à limiter l'impact des inondations. Ce budget concerne le renforcement et la création de stations de pompage de forte capacité capables de résorber les crues locales.

La Camargue gardoise, c'est 46 000 habitants répartis sur 55 000 hectares dont 38 000 hectares de territoires humides situés dans le delta du Rhône, sur la rive droite du fleuve (département du Gard). Certaines zones situées sous le niveau de la mer toute proche sont fréquemment envahies par les eaux et la contrée est régulièrement sujette aux inondations provoquées par les débordements, voire, parfois, les ruptures de digues du Vistre, du Virdoule et du Rhône, trois cours d'eau extrêmement virulents lors des fortes précipitations. C'est dans ce contexte que KSB est intervenu avec des solutions hydrauliques, «clef en mains» pour du pompage de grande puissance et fort débit. La Camargue gardoise : un territoire fortement inondable Par le passé, deux inondations ont amplement marqué l'histoire régionale en 1840 et 1856. Malgré les efforts d'endiguement menés dès l'époque Napoléon III, la nature a souvent repris le dessus avec d'importantes inondations à l'aube des années 2000, notamment en 2002 et décembre 2003. Durant cette dernière crue, à Beaucaire, (quelques kilomètres en amont de la Camargue gardoise), le débit du Rhône avait atteint un pic record de 11 500 m3/s. Le long du bas Rhône, les eaux mettront plusieurs jours, parfois plusieurs semaines à quitter les terres pour regagner la mer. En 2003, certaines habitations resteront immergées sous des mètres d'eau et 32 000 personnes ont été déplacées sur les deux rives du fleuve. Pour la seule Camargue gardoise, dont 30 000 hectares sont inondables et concentrent 40% des habitants de la région, on évalue les dommages directs à 300 millions d'?uros et près de trois mois de pompages continus ont été nécessaires pour évacuer les eaux dans le Rhône. «On ne peut pas empêcher les crues, mais des dispositions ont été prises pour en limiter les dégâts et ces dernières catastrophes ont déclenchées un plan d'action mené par l'ensemble des collectivités et acteurs économiques locaux» explique Christian Lamazère, Président de l'Union des Associations Syndicales d'Assainissement. La Camargue est à l'origine un «polder» au sens propre, c'est à dire une étendue de terre gagnée sur la mer et, de ce fait, déjà équipée de digues, de canaux et d'ouvrages d'exhaure destinés à canaliser puis évacuer l'eau. En effet, ces terres de qualité, sont fortement orientées vers l'agriculture. On y cultive notamment le riz, la vigne, les céréales et le maraîchage. Ainsi, les canaux qui quadrillent ces zones d'exploitations sont alternativement remplis d'eau douce l'été pour irriguer les cultures ou pompés pour prévenir ou résorber les inondations après de violentes et durables pluies. En effet, par fortes crues, 300 km² de Camargue gardoise sont utilisés comme un immense réservoir à ciel ouvert, capable de stocker des millions de mètres cubes d'eau qui viendront prendre leurs quartiers jusqu'à évacuation. «Afin d'épargner l'activité en préservant un fragile équilibre environnemental, 9 M? ont été investis pour renforcer les dispositifs hydrauliques existants. Ces travaux ont été financé par l'Europe, l'Etat, la Région Languedoc-Roussillon, le département du Gard et le Syndicat Mixte Départemental des milieux aquatiques» poursuit Christian Lamazère. Des solutions hydrauliques clés en mains Aujourd'hui, pour gérer ces flux, 11 ouvrages hydrauliques auxquels s'ajoutent cinq stations de pompage dont la puissance a été renforcée, plus une station toute neuve sont désormais en batterie. Par rapport à 2011, le potentiel d'évacuation a été multiplié par deux et affiche maintenant 56 m3/s. C?ur du nouveau dispositif, les pompes submersibles KSB Amacan sont des machines cylindriques dont le corps est en fonte et l'hélice axiale autonettoyante en inox. Avec des diamètres standard compris entre 500 et 1500 mm, leur débit atteint un maximum de 7m3/s pour des puissances jusqu'à 470 kW et un refoulement jusqu'à 12 m. Conçues pour 25 années de service, ces unités dont les plus grosses pèsent 4,8 tonnes ont des vitesses de rotation entre 590 et 725 tr/min (suivant la taille). Elles sont montées verticalement à la grue dans des structures hydrauliques cylindriques spéciales en résine polyester de forte section. Chaque pompe est simplement posée sur une portée conique qui la centre automatiquement dans son support. Les ouvrages d'aspiration et de refoulement sont en béton avec des géométries qui ont été préalablement validées par modélisation informatique et sur maquettes physiques. Pilotée par KSB, l'ingénierie hydraulique a effectué tous les calculs des circuits de pompage en fonction des pertes de charge, des conditions de refoulement complexes, des normes et des réglementations. Pour l'optimisation et la définition précise des projets, le bureau d'études du constructeur a préconisé les formes, cotes et niveaux d'eau des ouvrages en béton tant côté aspiration que refoulement à proximité des pompes de manière à éviter toute vibration, formation de vortex et risques de pertes de caractéristiques hydrauliques durant les pompages. En relation avec Cofely Ineo et les co-traitants, Crozel TP (terrassement), OPure, (canalisations), GTM (palplanches et Sud Travaux (génie civil), cette ingénierie a permis la mise au point de différents éléments dont une «tulipe» en extrémité de tube en vue de créer une chambre d'aspiration propre à certaines situations de manière à simplifier les travaux, qui, sans ces études se seraient montrés plus complexes donc plus coûteux. «Durant ces six dernières années, notre mission était d'aider à définir les projets, puis à développer des solutions sur mesures adaptées aux pompes et à chaque site, y compris génie civil, armoires électriques, automates de commandes et formation des intervenants», conclut Jean Luc Borel, Directeur Régional KSB SAS Rhône Méditerranée. Jean Guilhem