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Ressources en eau : la notion de gestion concertée progresse a mise en oeuvre d'une gestion intégrée des ressources en eau progresseraitelle ? Le vote d'une résolution de l'ONU sur la gestion des aquifères transfrontaliers et l'adoption dans le bassin méditerranéen d'une stratégie pour l'eau incluant l'organisation de systèmes d'échange d'informations et de schémas directeurs régionaux sont des signes encourageants. À l'échelon international, il n'existait jusqu'à présent aucun instrument juridique susceptible de promouvoir et accompagner une gestion durable et paisible des aquifères transfrontaliers. Ils sont pourtant 273, ces aquifères parfois très importants, dont certains sont partagés par plus de deux pays : 68 sur le continent américain, 38 en Afrique, 65 en Europe de l'Est, 90 en Europe occidentale et 12 en Asie. Les plus importants sont localisés en Amérique du Sud et en Afrique du Nord, comme le Guarani ou les aquifères des grès nubiens. Certains sont inexploités, d'autres sont au contraire menacés par une surexploitation intensive alors même qu'une exploitation raisonnée nécessiterait des accords pour qu'ils soient gérés conjointement, en évitant toute pollution ou surexploitation par des États au détriment de leurs voisins moins puissants ou moins développés. D'où l'importance de la résolution votée le 11 décembre dernier lors de la 63ème session de l'Assemblée Générale de l'ONU qui encourage, au travers de 19 articles, les États concernés à adopter des dispositions bi ou multilatérales pour promouvoir une gestion appropriée de leurs aquifères transfrontaliers. C'est que la gestion durable de ces 273 aquifères transfrontaliers, dont les bassins englobent plus de la moitié des territoires et de la population mondiale, est un défi majeur et d'une importance stratégique. L'Afrique à elle seule abrite 59 bassins transfrontaliers, ce qui représente 80 % des ressources en eau superficielle de ce continent... La gestion de ces ressources partagées est donc un élément crucial des stratégies de lutte contre la pauvreté. La résolution de l'ONU, même si sa portée est limitée, est donc importante et viendra appuyer des pratiques telles que celle mise en oeuvre par le Tchad, l'Égypte, la Jamahiriya arabe libyenne et le Soudan qui ont déjà établi une autorité commune pour gérer le système d'aquifère des grès nubiens de façon concertée. Un premier pas donc, complété par la déclaration adoptée à l'issue de la conférence ministérielle sur l'eau, coprésidée par la Jordanie, l'Égypte et la France qui s'est tenue le 22 décembre dernier au bord de la mer Morte en Jordanie. À cette occasion, 32 pays signataires ont adopté à l'unanimité une déclaration élaborant une stratégie méditerranéenne axée sur cinq objectifs : adaptation au changement climatique ; équilibre entre offre et demande ; protection et réhabilitation des milieux naturels ; dépollution de la Méditerranée ; développement de technologies et usages plus efficients de l'eau. Cette stratégie, qui sera soumise à l'approbation des chefs d'États et de gouvernement à la fin 2010, permettra de s'attaquer à des problèmes dépassant les moyens d'action d'un seul pays ou d'une seule organisation. Elle devrait comporter des objectifs chiffrés concernant la préservation de la qualité des eaux et la réduction des pressions sur la ressource par des usages plus économes. L VINCENT JohANET www.revue-ein.com N°38 - L'EAU, L'INDUSTRIE, LES NUISANCES - 3