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Le 12 février était symboliquement posée la première pierre des bassins de biofiltration. Fin 2010, ils seront mis en eau, les effluents seront alors aux normes européennes. Mais le chantier ne se terminera qu'en 2013. Une réalisation exemplaire pour la production d'énergie, le recyclage d'eau et des sables.

La France est épinglée par l'Europe pour un certain nombre de stations urbaines dont les performances ne sont pas suffisantes. Chambéry est l'une de ces villes. Plus pour longtemps ! Fin 2010 les eaux de l'agglomération et des eaux industrielles passeront au travers des bassins de biofiltration du procédé Biolest de Saur, soulageant d'autant les milieux récepteurs que sont le Rhône, la Leysse et le lac du Bourget. La capacité de traitement passera de 220 000 à 260 000 EH soit un débit de 3 500 m3/h en biologique et une capacité de 8 000 m3/h par temps de pluie. Autre caractéristique importante, la station deviendra un pôle de réception départemental des matières extérieures (matières de vidange, graisses, produits de curage). « Lorsqu'il existe un bon point d'accueil et de traitement de ces matières, cela favorise leur collecte, évite les dépotages clandestins. Le Conseil Général de Savoie l'a bien compris puisqu'il subventionne à 80 % cette fonction du site » précise Denis Brondel, directeur des eaux de Chambéry Métropole, la communauté d'agglomération. L?investissement total de rénovation de l'usine d'épuration des eaux se monte à 45 M? financés à 67 % par Chambéry Métropole, 30 % l'Agence Rhône-Méditerranée & Corse et 3 % le Conseil Général de Savoie. « Un investissement qui profite au milieu naturel aval, notamment le lac du Bourget, mais aussi à tout le bassin Rhône-Méditerranée » précisait Michel Dantin président du Comité de Bassin RM&C. Celui-ci insistait sur la nécessité d'améliorer les eaux du lac du Bourget (son bassin versant est en déficit de 500 Mm3 par baisse des précipitations) et plus globalement de relever les défis à venir : urbanisation, problèmes des substances médicamenteuses, PCB. Valoriser l'énergie et les sous-produits de l'épuration La rénovation a été particulièrement réfléchie entre le futur exploitant et Saur : ici, pas de procédés innovants mais l'intégration des solutions les mieux adaptées aux spécificités locales pour épurer de façon optimale en récupérant de l'énergie et en synergie avec l'usine d'incinération toute proche. De 2009 à 2013, le chantier doit relever un défi : traiter les eaux sans discontinuer ni exporter de pollution. Une prouesse, puisque le site entier est remodelé : destruction des anciens bassins, construction de nouveaux bâtiments, synergies avec l'usine d'incinération voisine. Sans oublier le personnel d'exploitation qui sera formé aux nouveaux procédés et équipements. Les eaux subissent un traitement primaire de décantation lamellaire (réalisé en 2001) puis passent sur 7 biofiltres du procédé Biolest de Saur qui utilise la pouzzolane comme support des bactéries épuratrices et média filtrant. Gros avantage, son rendement et sa compacité, vu la place restreinte sur le site. L?ouvrage remplacera les bassins de boues activées et de clarification qui seront détruits en 2011. Tous les bassins seront couverts à la différence d'aujourd'hui. Comme l'ouvrage est en bordure de la Leysse et sur la nappe phréatique, le sol a été renforcé par 400 pieux en béton de 15 m. La filière boue est entièrement revue du fait d'une production accrue et de la volonté de récupérer de l'énergie. En 2011, les bâtiments de la filière seront construits. Les boues seront méthanisées et le biogaz produit utilisé dans un moteur de cogénération pour produire de l'électricité et de la chaleur pour chauffer les locaux et maintenir le digesteur en température. Les boues issues du traitement anaérobie seront stockées en silo avant leur évacuation par pompage vers un silo de l'usine d'incinération. S?il le faut, une partie de ces boues peut-être séchée et envoyée en compostage. Deux autres sources d'électricité sont prévues : l'installation de 700 m² de panneaux solaires sur le bâtiment de biofiltration et le turbinage des eaux rejetées. « Comme le bâtiment des biofiltres ne pouvait pas être enterré, les eaux sont remontées de 8 à 10 m en tête. D?où une hauteur de chute d'environ 6 m équipée d'une turbine. Elle fonctionne dès que le débit est supérieur à 1400 m3/h, soit près de 80 % du temps » explique Jean Didier Bernier, directeur de projet de Stereau. « L?électricité produite par ces trois sources, photovoltaïque, turbinage et cogénération sera revendue sur le réseau » précise Denis Brondel. Entre les tarifs de revente et l'achat d'électricité et malgré un traitement plus poussé, la dépense électrique devrait rester neutre. Peu de sites peuvent se vanter d'un tel bilan énergétique. Une partie de l'effluent sera ultrafiltrée (process Aqua-RM) pour les besoins internes, pour l'usine d'incinération et sans doute aussi pour les camions hydrocureurs. Les sables seront lavés et réutilisables en génie civil.