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A Mâcon, les responsables de la maintenance des voies SNCF ont retenu le principe de chemisage en coque PRV fourni par Hobas pour la réfection en toute sécurité des anciens aqueducs installés sous les voies ferrées.

Le premier chantier de réfection par chemisage d'un aqueduc en coque PRV fourni par Hobas (cf encadré) se situe sur l'ancienne ligne de chemin de fer Paris-Lyon, dans la région de Mâcon au lieu dit «Chapelle de Guinchay ». Installé perpendiculairement aux voies ferrées, à plusieurs mètres sous le ballast, l'aqueduc existant à voûte surbaissée avait été réalisé en maçonnerie de moellons avec dalles en pierre. Comme des centaines d'autres petits ouvrages de ce type, il fut mis en service dès 1854, lors de la création de la liaison ferroviaire Paris-Lyon. Un ouvrage fragilisé au fil du temps Initialement de 20,70 m, l'aqueduc a été porté à 30,90 m (radier) avec l'adjonction de deux voies supplémentaires aux deux premières lors de l'électrification de la ligne en 1948. Mais, ce vénérable ouvrage avec sa hauteur libre de 1,23 m en clé de voûte, a été sérieusement fragilisé au fil du temps, notamment en partie centrale où une large fissure s'est formée, battant au passage des convois. En outre, cette fissure s'est accentuée par les infiltrations d'eau. Malgré la pose de rails en renforts parallèlement aux voies, l'incessant ballet des TGV et TER lancés à 160 km/h, auxquels il faut ajouter la contrainte liée au passage de trains de fret, plus lents mais soumettant quotidiennement voies et ballast à des efforts considérables (certains wagons affichent 25 tonnes par essieu), ont continué à dégrader dangereusement la partie supérieure de l'aqueduc. Après expertise, en tant que maître d'ouvrage, RFF BFC (Réseau Ferré de France Direction régionale de Bourgogne Franche-Comté), a décidé d'intervenir. Suite aux différentes études menées par la SNCF, il a été décidé de chemiser l'ouvrage avec des éléments composites fournis par Hobas. Mais, s'il y avait urgence à « Chapelle de Guinchay », d'autres anciens collecteurs de drainage nécessitant une rénovation analogue sont légion sous les anciennes voies ferrées françaises. Rien que pour la région Bourgogne Franche-Comté, RFF recense 38 petits aqueducs à reconditionner de cette manière dans les trois années à venir et les choix techniques qui ont été privilégiés pour ce premier chantier devraient faire école pour d'autres ouvrages sous voies de même type en France afin d'assurer la sécurité des trains et des voyageurs. Un chemisage intérieur reposant sur des coques en PRV Avec une pente de 0,3%, l'aqueduc « Chapelle de Guinchay », situé entre 1,70 et 2,00 m sous les voies, a donc fait l'objet d'une réfection totale en urgence fin septembre 2014. La réparation de cet ouvrage consiste en un chemisage intérieur reposant sur une série de coques PRV (Polyester Renforcé de fibres de verre) de la gamme NC Line. Dimensionnées et caractérisées suivant avis technique du CSTB et répondant aux spécifications Eurocodes, les coques structurantes acceptent une reprise des charges ferroviaires de 180 kN/m². Ces canalisations sont fabriquées en usine par centrifugation sur gabarit métallique. Depuis l'intérieur vers l'extérieur, elles se caractérisent par un liner intérieur d'un millimètre d'épaisseur en contact direct avec l'eau à drainer, puis d'une couche barrière de 1,5 mm à laquelle se superpose une couche centrale de 20,5 mm. Enfin, la couche extérieure d'un millimètre sert d'interface entre coulis de ciment dosé à 600 kg et la nouvelle structure. La section totale de la conduite PRV affiche donc 24 mm. « Ce type de réhabilitation ne présente pas de difficultés particulières », explique Guillaume Gervasoni, chef de secteur d'Aximum, entreprise mandataire des travaux. « Dans un premier temps, deux guides métalliques tubulaires rectilignes sont fixés au fond de l'aqueduc existant. Les coques de 2, 35 m de long, d'un poids unitaire de 564 kg sont ensuite présentées à une extrémité puis tractées en place au treuil électrique pour un pré-positionnement. Leur mise en place définitive consiste en un calage latéral sachant qu'elles sont tenues les unes aux autres par emboîtement. Grâce au dispositif développé par Hobas, ce chantier de chemisage est particulièrement rapide puisqu'il ne durera que deux semaines pleines » poursuit-il. La section ovoïde des coques étant moindre que la section maçonnée initiale, l'espace annulaire entre aqueduc préexistant et nouvelle canalisation est injecté, en plusieurs passes, par un coulis de ciment dosé à 600 kg qui stabilise le nouvel ouvrage tout en le rendant solidaire de l'ancien. La coque, ainsi bloquée dans l'ancien ouvrage, forme un système composite restructurant. Cinq jours sont nécessaire à cette injection à raison d'une coulée par jour de trois à quatre mètres cubes et un temps de séchage minimum de cinq heures entre les injections. Jean Guilhem