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Biofluides a développé une technologie permettant de recycler les calories perdues des fluides caloporteurs à moins de 50°C au bénéfice d'autres process. Alors que le dispositif est opérationnel depuis peu, le carnet de commande de la société de Seine-et-Marne est déjà bien rempli.

L?installation issue de la technologie Biofluides TREC® (Technologie de Recyclage Calorifique) se réalise à l'intérieur des bâtiments, dans un local <20m² pour 50 logements, en prolongement de l'écoulement des eaux usées. Elle comprend, outre un ballon de préchauffage d'eau chaude sanitaire classique, le dispositif Biofluides ERS (Energy Recycling System®) : une cuve, un échangeur, une pompe à chaleur et un ballon de stockage évaporateur. Selon Alain Mouré, dirigeant de la société et inventeur de la technologie, quatre brevets, dont trois approuvés au niveau international à ce jour, concernent « un système de filtration avec nettoyage automatique de la cuve, un système performant d'échange pour extraire les calories afin de les envoyer vers la pompe à chaleur». Le process consiste à récupérer les eaux usées, non chargées, domestiques (douches, baignoires, lave-linge ou lave-vaisselle, à des températures variant entre 20 à et 33°C ?) ou industrielles (condensats de vapeur d'eau, eaux de lavage, et autres points d'eau chaude...) qui, après être passées dans l'échangeur, sont rejetées dans les égouts à une température comprise entre 8° et 9°, comme dans toute installation. Les calories sont récupérées dans la cuve revêtue d'un isolant thermique de 40 mm d'épaisseur à très faible coefficient de conductivité et protégée par une enveloppe en tôle d'acier inoxydable. La chaleur est ensuite stockée dans un ballon évaporateur puis dirigée vers la pompe à chaleur regroupant trois éléments : un échangeur évaporateur, un compresseur et un circuit condenseur d'eau chaude qui, dernière étape du circuit fermé, est renvoyée à 45° (le chiffre de 50° devrait être atteint dans les mois qui viennent) vers le ballon ECS. Là, elle va faire remonter l'eau stockée de 8° à 50° pour repartir vers la chaudière, qui élèvera la température à 55° vers le départ ECS. Patrick Berenguer, directeur de Cap2i implantée à Argenteuil, insiste sur le fait que la pompe à chaleur à puissance variable « a été conçue spécifiquement pour Biofluides et entièrement fabriquée en France en fonction de ses résultats performants et non pas économiques. L?échangeur est un système thermodynamique à très faible disparité de charges au niveau hydraulique, pour une consommation inférieure à 100 watts, et utilisant le fluide frigorigène R134A qui, s'il est peu utilisé, présente la meilleure performance : un coefficient de l'ordre de 5. Comparé avec R410 et R407, on gagne un point de cop. Nous avons utilisé 2 à 3 tailles de compresseurs haute température de chez Emerson-Copeland » explique-t-il pour une gamme qui va de 5 à 72 kw/h disponibles pour les différentes applications. La régulation du Biofluides E.R.S® (objet d'une garantie décennale) est opérée par un automate programmable de conception Biofluides chargé d'optimiser la récupération de chaleur tout en assurant les fonctions de sécurité, de signalisation et de téléalarme. Une fonction de télémesures est disponible en option via une interface de consultation sécurisée (extranet Biofluides ou déporté) qui permet un suivi en temps réel du fonctionnement avec une restitution allant jusqu'à 6000 informations mensuelles. La maintenance et le nettoyage seront assurés par un technicien spécialisé tous les trois mois, des contacts avec l'AFPA devraient déboucher prochainement sur une formation ad hoc. Côté investissement, pour 50 logements il avoisine les 100 000 euros avec une subvention du Fonds Chaleur de l'Ademe allant de 40 à 60%. Ce qui revient, hors subventions, à 1800 euros par logement pour une consommation <9KVA. « Une seule cuve est nécessaire pour 100 logements et le dispositif est véritablement intéressant à partir de 25-30 logements. Plus on monte, plus le retour sur investissement est rapide » souligne Alain Mouré qui se félicite d'avoir reçu « aujourd'hui plus de 180 propositions ». En Ile-de-France, un premier site pilote financé à 45% par l'Ademe à Courcouronnes représente 50% d'économie d'énergie, un autre site doté de panneaux solaires est en cours de construction à Ermont pour une performance attendue de 80%.