Your browser does not support JavaScript!

L'eau sera au XXIè siècle ce que le pétrole fut au XXè : l'enjeu d'une compétition féroce qui ira crescendo, au fur et à mesure de l'inexorable raréfaction de cette ressource essentielle. L'homme consomme en effet plus d'eau douce que la planète ne peut, dans le même laps de temps, en fabriquer. Il le fait depuis longtemps, avec une inconscience suicidaire qui aujourd'hui se traduit par des sécheresses à répétition préfigurant la grande crise mondiale de l'eau dont l'auteur nous prévient qu'elle est inévitable. Avec un talent de vulgarisateur exceptionnel, Fred Pearce nous raconte comment, par exemple, le Pakistan, un pays aride, est devenu "vert" au XIXè siècle quand les ingénieurs anglais décidèrent de l'irriguer en captant l'eau de l'Indus, un fleuve apparemment intarissable qui prend sa source dans l'Himalaya. Les champs de coton couvrirent bientôt des millions d'hectares, approvisionnant les filatures anglaises de la révolution industrielle et attirant une main d'?uvre innombrable venue d'Inde. La prospérité ! Mais aujourd'hui, le coton se meurt dans des sols lessivés où le sel remonte à la surface...ainsi que les poissons, dans les eaux du delta privées des éléments nutritifs que l'Indus, presque à sec, peine à lui fournir. Fred Pearce n'est pas tendre non plus avec nos habitudes de consommateurs occidentaux. Il pointe nos gaspillages insensés, de l'irrigation du mais, dont 1% seulement profite à la plante, à l'arrosage des greens de golf dans des biotopes arides du pourtour méditerranéen. Il nous invite à méditer la leçon de la frugalité de nos ancêtres, qui géraient l'eau comme un bien précieux. Ses explications, sobres, claires et toujours très imagées, font froid dans le dos. Heureusement, il esquisse quelques solutions qui nous permettent d'espérer que la catastrophe annoncée pourra être retardée, sinon évitée

2006 - Format 15 x 23 cm - 246 p - 19,50 -