Your browser does not support JavaScript!

Premier bilan du plan d'actions sur les PCB : vous avez dit ambitieux ? Le comité national de pilotage et de suivi sur les PCB s'est réuni le 17 décembre dernier en présence de toutes les parties prenantes : l'État, représenté par les ministres en charge de l'écologie et de la santé, les élus, les établissements publics chargés de l'expertise, les associations, les représentants des pêcheurs et ceux des industriels. Objectif : faire le point sur le plan national d'actions présenté en février 2006 pour réduire les rejets de PCB, améliorer les connaissances scientifiques sur leur devenir dans les milieux aquatiques et gérer la pollution constatée. Ce plan qualifié en son temps « d'ambitieux » car doté d'un « budget spécifique de 8,5 millions d'euros », est censé constituer une réponse au problème de la pollution par les PolyChloroBiphenyles qui touche la quasi-totalité des grands fleuves Français à commencer par le Rhône, la Seine, le Rhin, la Moselle, sans parler d'une multitude de cours d'eau plus modestes, notamment dans le bassin Artois-Picardie. Quelle est la teneur du bilan d'étape publié par le comité de pilotage ? La mise en ?uvre du plan « se déroule comme convenu ». En moins d'un an, « des avancées significatives » (« majeures » sur le site internet du Meeddat) ont été observées. Grâce à l'important travail réalisé par les DRIRE pour identifier et quantifier les sources passées et actuelles de contamination et à la surveillance des milieux, des aliments et des effets sanitaires des PCB effectuée conjointement par les équipes de l'Onema, des agences de l'eau et de l'Afssa. Pour faire bonne mesure, le bilan d'étape prend soin de souligner l'attribution au pôle de compétitivité Axelera d'un budget d'environ 10 millions d'euros (dont la moitié seulement est financé par l'État et les collectivités territoriales) pour étudier des technologies de dépollution « à partir de début 2009 ». On ne contestera pas ici les orientations du plan de 2006 qui, dans les grandes lignes, identifie de façon quasi-exhaustive les actions possibles pour lutter contre une pollution d'une ampleur sans précédent. On ne contestera pas non plus l'excellent travail réalisé sur le terrain par les inspecteurs des DRIRE ou les agents de l'Onema, confrontés à une tâche (et à une responsabilité) immense sans disposer véritablement des moyens que son importance justifierait amplement. En revanche, à l'heure où l'unité de compte des plans de sauvetage qui se multiplient dans la sphère économique et financière approche de la centaine de milliards d'euros, on ne peut que rester rêveur face à l'insigne faiblesse des moyens engagés sur ce dossier. Certes, l'efficacité d'un plan ne se mesure pas uniquement à l'aune des moyens financiers débloqués. Et ce d'autant plus qu'au plan technique, aucune solution de traitement satisfaisante n?est encore disponible. Mais il existe en France, c'est une force, quantité de PME spécialisées dans le traitement de molécules difficiles qui ont fait leurs preuves sur bien d'autres problématiques et qui ne demandent qu'à s'investir dans la recherche de solutions techniquement et économiquement viables pour peu que des débouchés leurs soient assurés. Le sont-ils ? La réponse est évidemment non. Non seulement l'aide accordée est insuffisante, mais le développement d'une solution de traitement poserait immédiatement la question du financement de sa mise en ?uvre : qui paierait la dépollution de nos fleuves ? Sans aller jusqu'à penser qu'un statu quo soit considéré par beaucoup comme satisfaisant, il apparait évident que les priorités sont ailleurs. Dans le contexte économique actuel, on peut le comprendre. Évitons simplement, quand l'action publique se situe nettement en deçà de ce qu'elle devrait être, d'abuser de superlatifs inutiles.