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Peu de professionnels connaissent aussi bien l'univers des pompes et agitateurs que Philippe Laveissière, le tout nouveau directeur du département Cycle de l'eau de Salmson. Après avoir successivement fait ses preuves chez ITT Flygt, KSB, puis Milton Roy en consacrant à chacun d'eux près d'une décennie de sa vie professionnelle, ce quinqua que les challenges ne rebutent pas se trouve désormais en charge du développement de Salmson. Son objectif ? Faire entrer Salmson dans la cour des grands en présentant une offre restructurée et élargie qui conjugue désormais une qualité reconnue avec des conditions tarifaires elles-aussi réétudiées.

Revue L?Eau, L?Industrie, Les Nuisances : Quel regard portez-vous sur la conjoncture dans le secteur des pompes en France et à l'international ? Philippe Laveissière : En France, le secteur des pompes et de la robinetterie a bénéficié ces dernières années d'une croissance soutenue, en tout cas bien supérieure aux taux enregistrés dans la plupart des autres secteurs industriels. Cette période semble révolue. Après de belles années en 2007 et 2008, l'année 2009 a marqué une nette décélération et 2010 devrait confirmer cette tendance. A l'international, la situation est nettement différente : nous ne ressentons pas de baisse de l'activité mais plutôt une poursuite de la croissance, notamment sur les marchés asiatiques ou dans les pays du Maghreb ou de beaux projets voient le jour comme par exemple au Maroc ou Salmson, avec Biwater, a remporté un beau contrat pour collecter et épurer les eaux usées de l'aéroport de Nouaceur. Revue E.I.N : Dans ce contexte, quelles sont les perspectives du département Cycle de l'eau dont vous avez désormais la charge ? P.L. : La situation du département Cycle de l'eau, créé de toutes pièces il y a une dizaine d'années par mon prédécesseur Jean-Yves Rodrigue, est satisfaisante au regard des objectifs qui lui avaient été fixés au départ. Dans le domaine de la distribution et de l'exploitation notamment, le département Cycle de l'eau a pleinement atteint ses objectifs. La situation est un peu différente du côté des grands comptes ou Salmson travaille de manière régulière avec des sociétés telles que Sogea Vinci, Biwater ou Cegelec mais encore insuffisamment avec les grands traiteurs d'eau que sont Degrémont et OTV, par exemple. Revue E.I.N : Une cellule « grand comptes » avaient pourtant été créée pour permettre à Salmson de s'imposer sur ces marchés' P.L. : Absolument. Le département Cycle de l'eau est divisé en deux parties : l'une regroupe les responsables régionaux qui s'occupent à la fois de la distribution et des comptes classiques en régions et l'autre se compose d'une cellule de trois personnes assistées d'un spécialiste en prescription. Elle est exclusivement chargée des grands comptes et notamment des traiteurs d'eau. Cette organisation sera étoffée pour renforcer notre présence auprès des grands traiteurs d'eau et atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés : monter à hauteur de 6 à 8 % de parts de marché dans les 4 à 5 années qui viennent contre 1 % aujourd'hui. Revue E.I.N : Ce sont des objectifs ambitieux, comment allez-vous y parvenir ? P.L. : Ces objectifs sont ambitieux mais raisonnables. Ils sont justifiés par l'importance des moyens que le groupe Wilo, auquel nous appartenons, a décidé de débloquer pour faire de Salmson le partenaire privilégié des grands traiteurs d'eau. Quels sont ses moyens ? En premier lieu, l'ensemble des gammes EMU ont été rénovées, rationalisées et ré-étagées de manière à offrir aux traiteurs d'eau un panel de solutions complètes couvrant l'ensemble de leurs besoins, ce qui n?était pas toujours le cas auparavant. Sur certaines gammes, des manques sur certains diamètres de refoulement au niveau des volutes sont par exemple en passe d'être comblés. Cet important travail sera achevé courant 2011, c'est-à-dire dans quelques mois à peine. En second lieu, un effort très important a été consenti sur l'aspect financier de notre offre, de manière à renforcer son caractère attractif et à rendre Salmson plus compétitif sur le marché. A l'horizon 2011, nos gammes de prix seront donc intégralement réétudiées pour que la qualité des produits proposés par Salmson et EMU ne justifie plus aucun surcoût et que nos prix soient en ligne avec ceux proposées par la concurrence. Ca n?était pas forcément le cas jusqu'à présent, et c'est sans doute l'une des raisons qui nous a empêchés de nous imposer auprès des grands comptes. Revue E.I.N : Cet obstacle est donc en passe d'être levé ? P.L. : Tout à fait et cela crée une situation tout à fait nouvelle. Nous avons également signé d'importants contrats-cadre avec Veolia Eau et avec Saur-Stereau. Emu dispose de son côté d'un contrat cadre historique avec Lyonnaise des Eaux qui vient d'ailleurs d'être renouvelé. C?est important car nous avons constaté que ces contrats-cadre nous permettaient d'augmenter très sensiblement nos chiffres d'affaires et ceci devrait nous aider à entrer chez les traiteurs d'eau car s'il existe un cloisonnement entre les exploitants et les traiteurs d'eau, celui-ci n?est pas tout à fait étanche. De plus, nous allons également étoffer les équipes techniques mais aussi commerciales du département Cycle de l'eau dont l'effectif passera de 18 à 21 personnes en 2011 puis à 24 personnes à l'horizon 2013. Revue E.I.N : Vous semblez très déterminés' P.L. : Vous savez, Salmson appartient à un groupe dont la détermination et la qualité de la démarche doit beaucoup à la rigueur allemande : Wilo vise des parts de marché, il s'en donne les moyens et il ne s'arrêtera pas ! Revue E.I.N : Vous faites partie des constructeurs de pompes qui exposent à Pollutec 2010. Qu'attendez-vous de cette édition ? P.L. : L?édition 2010 de Pollutec sera pour nous l'une des plus importantes depuis longtemps : elle doit marquer l'entrée de Salmson dans la cour des grands. Nous allons donc nous attacher à démontrer aux exploitants et aux traiteurs d'eau que le positionnement de Salmson a changé et que l'ensemble de notre offre est désormais concurrentielle et complète. Nous y exposerons donc de nombreux équipements dans une logique de gamme pour que les traiteurs d'eau puissent constater de visu que nous sommes désormais capables de répondre à la quasi totalité de leurs besoins. Vous y verrez donc l'ensemble de notre gamme d'agitateurs submersibles grandes pales dont une nouvelle version destinée au biogaz, une gamme complète en surpression avec notamment les toutes nouvelles pompes multi-cellulaires verticales Nexis dont le rendement avoisine les 80%, des pompes de forages de 3 à 24 pouces ainsi que des pompes à plans de joints. Nous profiterons également de Pollutec pour promouvoir la gamme de pompes de chantier Aquaval S/KS sur laquelle nous n?avons pas assez communiqué. Cette gamme, assez large puisque sa plage de puissance s'étend jusqu'à 22 kilowatts, nous permettra de pénétrer le secteur du BTP, un marché important sur lequel nous ne sommes suffisamment pas présent. Enfin, nous présenterons également notre station de relevage à séparation de solides Emuport ainsi que notre savoir-faire en matière de réseaux ramifiés sous pression, un marché qui pourrait progresser dans les années à venir. Revue E.I.N : Et en matière d'innovation ? P.L. : L?innovation sera présente sur l'ensemble des gammes et matérialisée par le souci du groupe de proposer, entre moteurs et hydrauliques, des solutions très concrètes en matière d'efficience énergétique. Du côté des moteurs, nous avons choisi de devancer la norme en équipant dès le début de 2011 l'ensemble de nos agitateurs et pompes de surfaces de moteurs haut-rendement IE2. Et nous réfléchissons déjà à la possibilité de passer certains équipements en IE3?. L?innovation sera également omniprésente en matière d'hydrauliques avec notamment la présentation d'une nouvelle roue sur laquelle vous me permettrez de rester discret au moins jusqu'au salon ! Disons simplement qu'elle est porteuse d'avancées très importantes en termes de rendement et de diminution de risques de bouchage, d'absence de vibrations et que ses performances devraient surprendre plus d'un exploitant' Elle sera dévoilée en avant-première sur le stand Salmson et lors de la conférence que tiendra Matthieu Lebrun, le responsable technique du département Cycle de l'eau, le 1er décembre sur le thème de l'efficience énergétique. Propos recueillis par Vincent Johanet