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Dans les régions agricoles de beaucoup de pays de l'OCDE, cours d'eau, lacs et aquifères affichent des niveaux de pollution supérieurs aux valeurs limites recommandées pour l'eau potable. C?est l'un des enseignements qui ressort du rapport intitulé « La performance environnementale de l'agriculture dans les pays de l'OCDE depuis 1990 » publié le 16 juin dernier.

Ce document démontre que des concentrations excessives de nitrates, de phosphore ou de pesticides ont été relevées sur plus d'un site sur dix dans 13 pays membres de l'Organisation. En France, par exemple, la pollution de l'eau par l'agriculture demeure importante. « L?agriculture contribue à presque 75 % des apports en nitrates et à 22 % des apports en phosphore dans les eaux de surface. L?agriculture est également une source importante de pollution des eaux souterraines et la contamination des masses d'eau par les pesticides est très répandue. La pollution de l'eau est particulièrement importante dans le nord et dans l'ouest » indique le rapport. Or, potabiliser l'eau contaminée par les pesticides ou les nutriments coûte cher. Ainsi, au Royaume-Uni, l'OCDE évalue à quelque 345 M? par an le coût imposé par le traitement de l'eau contaminée par les polluants d'origine agricole. Côté pesticides, l'OCDE relève que la consommation a globalement diminué dans les pays de l'OCDE depuis 1990. « Cependant, si beaucoup de pesticides employés aujourd'hui sont moins dommageables pour l'environnement que leurs prédécesseurs, la persistance dans l'environnement de certains pesticides anciens ? dont beaucoup sont à présent interdits dans un certain nombre de pays ? demeure une source de préoccupation » indique le rapport. L?étude montre également que dans un tiers des pays de l'OCDE, plus de 30 % de l'eau prélevée dans les nappes phréatiques est destinée à l'agriculture. Dans certaines régions d'Australie, des Etats-Unis, de Grèce, d'Italie et du Mexique, la recharge des nappes ne suit pas le rythme des prélèvements. Très répandues, les aides publiques à l'irrigation constituent un frein à une utilisation rationnelle de l'eau. En France même, la superficie des terres irriguées a augmenté d'environ 480 000 hectares entre 1992 et 2003, passant de 5 % à 9 % de la superficie agricole totale. « Ce phénomène est dû à l'évolution des assolements, notamment au remplacement des cultures horticoles par du maïs, du soja et du tournesol, en liaison avec le soutien de la PAC qui augmente les incitations à utiliser l'eau d'irrigation » précise le rapport. L?OCDE observe toutefois que de plus en plus d'exploitants se tournent vers des pratiques agricoles respectueuses de l'environnement. Les surfaces consacrées à l'agriculture biologique sont en forte progression depuis le début des années 90. Elles représentent encore moins de 2 % de la superficie agricole totale à l'échelle de l'OCDE mais plus de 6 % dans certains pays d'Europe. Tout en reconnaissant que les gouvernements ont fait quelques efforts pour améliorer les performances environnementales de l'agriculture, l'étude souligne que les aides à l'agriculture restent liées à la production. Ce qui favorise une consommation plus importante d'intrants comme les pesticides et les engrais. Le rapport peut être consulté à l'adresse : www.oecd.org/tad/env/indicators.