Your browser does not support JavaScript!

Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a présidé le 10 octobre dernier le premier comité de pilotage sur la pollution du Rhône aux PCB a annoncé mise en place d'ici la fin de l'année d'une structure similaire au niveau national. La secrétaire d'Etat a également dévoilé une carte des sédiments réalisée à partir des analyses effectuées sur 852 sites. Cette carte atteste de la présence de PCB dans près de 40% d'entre eux.

Les PCB, (PolyChloroBiphényles) sont des dérivés chimiques chlorés connus en France sous le nom de pyralènes. Ils sont utilisés dans l'industrie depuis les années 1930 pour leurs qualités d'isolation électrique, de lubrification et d'ininflammabilité. On les retrouvait alors comme isolants dans les transformateurs électriques et les condensateurs, comme lubrifiants dans les turbines et les pompes ou comme composants d'huiles, de soudures ou d'adhésifs. Mais ces dérivés posent de graves problèmes de toxicité. C?est pourquoi, depuis 20 ans, les pouvoirs publics ont imposé des mesures d'interdiction progressives pour tenir compte de la durée de vie et du nombre important des matériels recensés. Reste que les PCB persistent dans l'environnement. Faiblement biodégradables, ils sont aussi peu solubles dans l'eau. Ils se sont donc accumulés progressivement dans les sols et les sédiments. De plus, certaines installations soumises à réglementation peuvent rejeter, aujourd'hui encore, des PCB dans l'eau même si c'est en quantités faibles et contrôlées. Ceci s'ajoute aux déversements sauvages d'appareils contenant des PCB ou, plus ponctuellement, au lessivage des sols pollués aux PCB qui sont autant de sources d'émission dans l'eau. Reste que cette pollution dans les sédiments par les PCB dont les médias se sont largement emparés est essentiellement d'origine historique. Trois bassins, affectés par 150 ans d'histoire industrielle, sont particulièrement concernés par cette pollution : Artois-Picardie, Rhône-Méditerranée et Seine-Normandie. Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a présidé le 10 octobre dernier le premier comité de pilotage sur la pollution du Rhône aux PCB a annoncé mise en place, d'ici la fin de l'année, d'une structure similaire au niveau national. La secrétaire d'Etat à l'écologie a également dévoilé une carte des sédiments réalisée à partir des analyses effectuées par les réseaux de suivi dans les fleuves et rivières sur 852 sites. Cette carte atteste de la présence de PCB dans près de 40% d'entre eux. Concernant la possibilité d'une dépollution du Rhône et des autres cours d'eaux concernés, Nathalie Kosciusko-Morizet a incité à la prudence. Car le dragage des sédiments puis leur traitement sont difficilement envisageables à grande échelle pour des raisons environnementales, techniques, et financières : le dragage des sédiments peut remettre en suspension les PCB dans l'eau ce qui entraîne leur transfert vers d'autres portions du réseau hydrographique ; Il peut aussi « décaper » les sédiments les plus récents et remettre en contact avec le milieu aquatique les sédiments plus anciens et plus contaminés ; des sites de dépôts des sédiments avec confinement doivent également être trouvés si possible à proximité du cours d'eau dragué ; Enfin, les coûts de l'opération sont variables mais toujours élevés, de l'ordre de 100?/ m3. Pour le Rhône toutefois, une étude de faisabilité a été confiée au pôle de compétitivité lyonnais Axelera.