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Pas d'amélioration sur le front de la contamination par les pesticides de nos eaux superficielles et souterraines selon l'Ifen. Les chiffres 2005, proches de ceux publiés les années précédentes, attestent de la persistance du phénomène.

Les rapports se suivent et se ressemblent. Depuis 1998, date à laquelle l'ifen a commencé à publier une synthèse des données permettant d'établir un état de la contamination des eaux par les pesticides, tous disent la même chose : les pesticides sont présents sur une grande partie de nos cours d'eau et de nos eaux souterraines. Selon les chiffres 2005 publiés par l'institut, ils étaient présents dans 91% des points de mesure des cours d'eau et dans 55% de ceux concernant les eaux souterraines. Les niveaux de contamination sont souvent significatifs. En eaux de surface, 36 % des points de mesure ont une qualité moyenne à mauvaise. En eaux souterraines, 25 % des points nécessiteraient un traitement spécifique d'élimination des pesticides s'ils étaient utilisés pour la production d'eau potable. Les principales substances responsables des déclassements en qualité mauvaise des points de mesure sur les cours d'eau sont comme en 2004 et 2003, l'acide aminométhylphosphonique, (produit de dégradation du glyphosate), le glyphosate, le diuron et l'isoproturon. Dans les eaux souterraines ce sont l'hexachloroéthane, le 2,6-dichlorobenzamide et le desmethylnorflurazon. L'Ifen ne dégage pas de véritable tendance sur l'évolution de la qualité des eaux, le dispositif d'observation ayant changé : plus de 200 points de mesure ont été ajoutés entre 2004 et 2005. D?après les données de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP), 74.719 tonnes de substances actives ont été commercialisées en 2005 contre 72.773 en 2004 et 71.526 en 2003. Si depuis 1996, la quantité totale de pesticides a diminué d'environ 20 %, on observe depuis 2004 et 2005, une remontée de 2,5 % des ventes globales de phytosanitaires. Une nouvelle d'autant plus fâcheuse que suite au Grenelle de l'environnement, le ministre de l'agriculture a installé un « comité d'orientation du plan de réduction de l'usage des pesticides » chargé d'initier un plan de réduction comportant deux volets : - Le retrait du marché « dans les meilleurs délais au regard des solutions alternatives existantes », des produits contenant les 53 substances actives les plus préoccupantes, dont 30 avant la fin 2008 - L?élaboration d'un plan de réduction de 50% de l'usage des pesticides dans un délai de dix ans, « si possible ». Le contenu de ce plan doit être présenté avant la fin du premier semestre 2008.