Your browser does not support JavaScript!

La plupart des pays africains ne seront pas en mesure d'atteindre les objectifs du millénaire (OMD) fixés par l'ONU en matière d'accès à l'eau, a prévenu le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) à l'occasion de la publication de son « Atlas de l'eau en Afrique » réalisé à la demande du Conseil des Ministres Africains sur l'Eau (AMCOW). Pour l'eau potable comme pour l'assainissement, les progrès en termes de couvertures sont réels mais restent insuffisants par rapport à la croissance démographique.

Selon ce document, à l'heure actuelle, seulement 26 des 53 pays du continent africain seraient en mesure d'atteindre l'objectif relatif à l'eau potable, à savoir réduire de moitié la proportion de la population sans accès régulier à une eau potable d'ici 2015. L?augmentation de la couverture a produit des effets ces dernières années mais ils ont été limités par le rythme élevé de la croissance démographique. Ainsi, en 2006, 341 millions d'individus en Afrique n?avaient pas accès à l'eau potable. Du fait de la croissance démographique, ce chiffre est en augmentation, bien que la proportion d'individus privés de cet accès ait diminuée de 44 % en 1990 à 36 % en 2006 sur l'ensemble du continent. Et encore ces chiffres ne traduisent-t-ils pas de très importantes disparités : la situation est plus dégradée dans les zones rurales ou 51 % seulement des individus ont accès à une eau potable contre 85 % dans les villes. Dans le domaine de l'assainissement, la situation est encore plus préoccupante. Seulement 8 des 53 pays africains devraient réussir à réduire de moitié d'ici 2015 le pourcentage de sa population sans accès à un quelconque système d'assainissement. Ces pays sont l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, la Libye, le Botswana, l'Angola, l'Afrique du Sud et l'Egypte. En 2006, une moyenne de seulement 38 % de la population africaine avait accès à un système d'assainissement, ce qui représente une augmentation par rapport aux 33 % de 1990. Mais la population africaine privée de tout accès à l'assainissement a augmenté de 153 millions durant la même période, ce qui montre que là encore, l'augmentation de la couverture n?évolue pas au même rythme que la croissance démographique. Et là aussi, les campagnes sont nettement moins bien desservies que les villes: 29 % contre 53 % de couverture d'assainissement respectivement. L?échec qui se dessine est dû à de nombreux facteurs (géographie, climat, instabilité institutionnelle,? ) mais il traduit également une autre évolution inquiétante : de 2005 à 2010, le taux de croissance de la population africaine de 2,3 % a été le plus élevé au monde et durant la même période, la population urbaine en Afrique a augmenté à un taux de 3,4 %. La nature des questions relatives à l'eau en Afrique est bien souvent contradictoire : surplus et rareté, sous-exploitation et surexploitation, sous-développement et essor rapide, stabilité ou désordres politiques se côtoient parfois sur des échelles géographiques souvent restreintes. Mais l'évolution démographique est un enjeu qui se pose à l'échelle du continent tout entier alors même que celui-ci est déjà confronté au défi de fournir suffisamment d'eau pour sa population dans un contexte de demande croissante et de raréfaction accrue et de vulnérabilité au changement et à la variabilité climatiques. Le PNUE estime ainsi que la proportion de la population africaine risquant d'être soumise à un stress hydrique et à une pénurie d'eau augmentera de 47 % en 2000 à 65 % en 2025, affectant 18 pays. L?Afrique comptera alors 1, 345 milliards d'habitants'. L?Atlas de l'eau en Afrique peut être téléchargé à l'adresse : http://na.unep.net/atlas/africaWater/book.php