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La deuxième enquête de l'UFC-Que Choisir sur le prix de l'eau publiée le 29 octobre dernier a fait autant de bruit que celle qui avait été publiée en 2006?

Selon l'association de consommateurs, « Les résultats révisés des dix villes déjà étudiées en 2006 varient peu : le Syndicat des Eaux d'Ile-de-France (SEDIF) continue de détenir la palme de la surfacturation, avec un taux de marge de 58,7 %, suivi des villes de Lyon (47,8 %) et de Reims (45,7 %). Seules Angers et Nantes (26,6 %) connaissent une relative baisse de leur taux de marge calculé ». L'UFC-Que Choisir accorde par contre un satisfecit à quatre collectivités gérées en régie municipale - les agglomérations de Chambéry, Clermont-Ferrand, Annecy et Grenoble - qui présenteraient des « prix facturés assez proches des calculs de coût » de l'association. Pour l'association de consommateurs, « ces résultats mettent en lumière les bénéfices faramineux réalisés par les deux entreprises, Veolia et Suez, qui se partagent l'essentiel du marché ». L?UFC Que Choisir lance donc un « appel aux maires », les incitant à renégocier les contrats en cours : « plus que d'éventuelles modifications législatives, la clé d'une meilleure gouvernance de l'eau reste dans les mains des élus locaux qui, à l'instar de Bordeaux ou Lyon, doivent renégocier leur contrat, initier, comme à Nantes, des baisses de prix et régulariser leurs affectations budgétaires » souligne UFC-Que Choisir. De son côté, la Fédération Professionnelle des Entreprises de l'Eau (FP2E) qui regroupe la quasi-totalité des distributeurs d'eau « conteste la méthodologie de l'« enquête » de l'UFC qui conduit à des conclusions aberrantes ». La méthodologie employée par l'UFC, « qui repose sur une mise en équation simplifiée, suivant un modèle national, mène à des résultats aberrants pour l'évaluation du prix de l'eau » estime la FP2E. « Cette étude fait encore abstraction de nombreux paramètres locaux impactant très significativement le coût de ces services: qualité du milieu récepteur, topographie, caractère saisonnier des ventes d'eau, niveau de sécurisation, niveau de qualité de service, etc. Elle donne des résultats qui ne sont principalement fonction que des longueurs de réseaux des services et du nombre de m3 vendus » souligne par ailleurs la FP2E qui rappelle que selon l'étude NUS Consulting publiée au mois de juin 2007, « Les prix réellement constatés des services d'eau et d'assainissement, en particulier dans nos grandes villes, sont de 10 % inférieurs à la moyenne européenne : 2,92 euros par m3 en France contre 3,25 euros en Europe ». La FP2E précise également que selon une autre étude (BCG) « Régie et délégation de service public ont, à contexte d'exploitation identique, des coûts comparables. En cas de retour en régie (soit pour 1% des appels d'offres), dans 2 cas sur trois les prix restent stables ou augmentent ». Le syndicat des eaux d'Ile de France (SEDIF), a réagi quant à lui en dénonçant « la prétention de Que Choisir à définir un « juste prix » pour l'eau potable partout en France, alors que le service de l'eau est un service public local, soumis à des conditions très variables selon les territoires ». Pour le syndicat, l'utilisation du mot marge est « impropre » car « par définition, le SEDIF ne peut pas « faire de marges bénéficiaires, puisque les excédents budgétaires sont chaque année réinvestis dans l'exercice suivant ». Le SEDIF dénonce par ailleurs « l'ignorance manifeste des experts de Que Choisir des réalités du service public de l'eau potable en France, qui conduit l'association à retenir des bases de calcul fantaisistes pour aboutir à des résultats aberrants, comme lors d'une précédente étude en février 2006 ». Suite à cette enquête, la communauté urbaine de Lyon, liée par contrat avec deux sociétés, Veolia (85 % de l'eau des communes du Grand-Lyon) et la SDEI, filiale de Lyonnaise des Eaux, pour les 15 % restants, a « invité », dans le cadre de la révision quinquennale du contrat de gestion, ces deux sociétés à accepter une baisse de 16 %, que Veolia a entérinée.