Your browser does not support JavaScript!

Les tétrachlorure de carbone, Dieldrine, trichloroéthylène, hexachlorobebzène, pentachlorophénol, diphényléthers, pentachlorobenzènes, naphtalène et autres bisphénol, ibuprofène ou dichlorométhane? polluent discrètement, mais sûrement, en infimes quantités nos eaux et se retrouvent dans les eaux brutes utilisées en production d'eau potable. La Directive Cadre Eau qui vise au « bon état » des eaux, répertorie 33 substances ou familles de substances qui ne devront plus être rejetées en milieu naturel à l'horizon 2015.

Présents en quantité très faible dans l'environnement (de l'ordre du microgramme voire du nano gramme par litre), les micropolluants regroupent plusieurs milliers de molécules provenant de l'agriculture, de la pharmacie à usage humain ou vétérinaire, de la cosmétique et de l'industrie des plastiques. Tous peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé ou l'environnement. Le projet AMPERES (Analyse de Micropolluants Prioritaires et Emergents dans les Rejets et Eaux Superficielles) montre que 50% des substances prioritaires sont éliminés à plus de 70% par les procédés d'épuration biologique classiques, mais que 25% des substances décelées restent réfractaires aux traitements et que la moitié des substances détectées restent présentes dans l'eau traitée du fait de leur forte concentration dans l'eau brute. Cependant, les micropolluants sont éliminés à 80% suivant deux filières, soit par ozonation plus filtration, soit par charbon actif plus filtration. Si les tests d'écotoxicité montrent une réduction de la toxicité équivalente pour ces deux traitements avancés de l'eau, les coûts d'exploitation sont inférieurs avec le principe d'ozonation-filtration. C?est le choix retenu par Aqualter pour la station de Saint-Pourçain sur Sioule (03). Le système de traitement des micropolluants est dimensionné pour 1300 m3 par jour avec un maximum de 90 m3/h et un rendement d'abattement moyen annuel de 80%. Ce module de traitement pour micropolluants comprend un regard d'entrée équipé d'une surverse vers la zone de contact avec l'ozone et une canalisation servant de canal de comptage. La zone de traitement à l'ozone affiche 47 m3. Elle est composée de quatre cellules pour l'injection d'ozone par des dômes en céramique pour deux d'entre-elles. La production d'ozone provient d'un générateur de 13 kW alimenté à partir d'un réservoir d'oxygène liquide. De son côté, la filtration est assurée par deux biofiltres de 1,5 m par 3,0 m. Le contre lavage des filtre est issus d'un surpresseur d'air et d'une pompe qui utilise les eaux traitées pour laver les filtres. Les eaux sales de contre lavage des filtres sont récupérées dans une bâche de 25 m3. Sur neuf molécules analysées, trois sont à une concentration proche ou sous la limite d'analyse alors que pour les six autres, les rendements sont supérieurs à 85%. La station qui a demandé un investissement de 941 540 ? reste économique avec un budget annuel de fonctionnement (consommations de courant, de réactifs, renouvellement et appoint de matériau filtrant) qui se limite à 34 267 ?. Jean Guilhem