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29 novembre 2013 Paru dans N°366

Pour les collectivités locales comme pour les exploitants, les nuisances odorantes sont devenues un enjeu majeur. Chaque mois, Lionel Pourtier, expert en environnement odeurs et gaz, aborde une problématique relative aux odeurs et aux nuisances atmosphériques.

Que diriez-vous d'un exploitant qui aurait rédigé un cahier des charges pour traiter les eaux usées sans y indiquer des valeurs chiffrées d'objectifs en DBO, DCO MES ? De la même façon, que penseriez-vous d'un bureau d'étude qui aurait fixé ces valeurs sans considérer le milieu de rejet ? Après les avoir qualifié d'incompétents, imaginez un instant quelles seraient les conséquences de ces manquements, vis-à-vis de la réglementation, du choix et du dimensionnement de l'installation de traitement, des engagements des fournisseurs, des difficultés lors de la réception de l'installation, de l'efficacité du traitement. 

Transposons maintenant ces questions aux odeurs. Que diriez-vous d'un exploitant qui aurait rédigé un cahier des charges pour traiter les odeurs de son site sans y indiquer des valeurs chiffrées d'objectifs en unités d'odeurs' De même, que penseriez-vous d'un bureau d'étude qui aurait fixé ces valeurs sans considérer le milieu récepteur où habitent les riverains et où sont situés les établissements recevant du publics (ERP) ? 

Pourtant, en France et dans de nombreux autres pays, les odeurs font l'objet de réglementations précises et chiffrées à l'émission et dans le milieu récepteur. Elles se mesurent depuis plusieurs dizaines d'années par des analyses olfactométriques permettant d'obtenir des concentrations d'odeurs exprimées en unités d'odeurs (ouE /m3). Ces analyses olfactométriques sont normalisées en Europe (NF EN 13725) et dans de nombreux pays du monde entier (USA, Canada, Brésil, Turquie, Chine, Japon, Australie, etc.). 

A partir des concentrations d'odeurs, il est possible de calculer des flux d'odeurs appelés « Débits d'odeurs » (ouE /h) et correspondant au produit du nombre d'unité d'odeurs par le débit d'air. Ils fournissent ainsi les caractéristiques des rejets dans l'atmosphère nécessaire aux études de dispersion atmosphérique des odeurs, lesquelles permettent de vérifier le respect de la valeur de qualité olfactive du milieu généralement admises par l'administration : la concentration d'odeurs au-delà des limites de propriété du site doit être inférieure à 5 ouE /m3 plus de 98% du temps. 

Ainsi, les exploitants industriels disposent de moyens métrologiques performants pour dimensionner les rejets olfactifs de leurs installations en accord avec les exigences réglementaires. Dans les chroniques à venir, nous aborderons divers aspects de cette métrologie avec par exemple, comment se mesurent les concentrations d'odeurs, comment elles se dispersent elles dans l'atmosphère, etc.

Lionel Pourtier Lionel.pourtier@environnement-air.fr