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De nombreuses régions du monde sont déjà confrontées à une raréfaction des ressources en eau.

La 5ème édition du « World Water Development Report », publié par les Nations Unies à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau 2014 souligne l'interdépendance des secteurs de l'eau et de l'énergie. « Toutes deux sont d'une importance capitale pour l'élimination de la pauvreté », a affirmé le Secrétaire général de l'ONU dans son message pour la Journée. «Selon la forme qu'elles prennent, les relations d'interdépendance entre eau et énergie peuvent concourir ou faire obstacle à la construction de sociétés stables et à l'établissement de conditions de vie dignes pour tous».

 Aujourd'hui, 768 millions de personnes dans le monde n?ont pas accès à une source d'eau améliorée. Parallèlement, 1,3 milliard de personnes ne sont pas raccordées à l'électricité et près de 2,6 milliards utilisent des combustibles solides, notamment pour cuisiner. Le rapport montre que la carte des personnes privées d'un accès satisfaisant à l'eau recoupe largement celle des exclus de l'électricité. Il souligne plus globalement à quel point les deux secteurs sont interdépendants. 

 De fait, les choix effectués dans un domaine ont des répercussions dans l'autre : les sécheresses exacerbent les crises énergétiques tandis que l'impossibilité d'accéder au réseau électrique limite les possibilités d'irrigation. Ces choix se font généralement au détriment des ressources en eau. Le rapport rappelle notamment que, aujourd'hui, 15% des eaux prélevées dans le monde servent à produire de l'énergie, et que ce type de prélèvements pourrait croître de 20% d'ici 2035. 

En cause, la demande énergétique, appelée à augmenter sensiblement dans les décennies à venir, notamment dans les économies émergentes, notamment en Chine et en Inde ou de nombreux aquifères sont déjà surexploités. Ainsi, dans le bassin occidental de l'Indus, en Inde, des décennies d'énergie bon marché, associées à la construction de millions de puits privés et des techniques d'irrigation peu efficaces, se sont traduites par une surexploitation des eaux souterraines. Des situations comparables ont été observées en Amérique latine et dans certains Etats arabes (Oman et Yémen notamment). «

En 2050, 2,3 milliards de personnes vivront dans des zones soumises à un stress hydrique sévère, notamment en Afrique du Nord et en Asie centrale et du sud» indique le rapport qui plaide notamment pour une révision des politiques tarifaires, car le prix de l'eau, une ressource généralement considérée comme un « don de la nature », reflète rarement son coût réel. Il préconise également une meilleure coordination des services d'eau et d'énergie et une plus grande implication du secteur privé. L?avenir passe certainement aussi par des systèmes de production combinés permettant de produire à la fois de l'eau et de l'électricité, notamment dans les régions arides. Ainsi les sites de Fujairah, aux Emirats Arabes Unis, ou de Shoaiba, en Arabie Saoudite, sont-ils à la fois des centrales de dessalement de l'eau de mer et de production d'énergie. Les eaux usées peuvent aussi être converties en énergie grâce aux matières organiques qu'elles contiennent qui peuvent servir à produire du biogaz. Le centre de traitement des eaux usées de La Farfana traite par exemple 50% des eaux usées de Santiago (Chili) et produit près de 24 millions de m3 de biogaz. Cette énergie, qui remplace le gaz naturel, bénéficie à 100.000 personnes. A Stockholm, en Suède, les bus et les taxis roulent avec le biogaz produit par le traitement des eaux usées.


La 5e édition du « World Water Development Report » est téléchargeable à l'adresse : http://unesdoc.unesco.org/images/0022/002257/225741E.pdf