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L?OCDE doute de la capacité des villes à renouveler leurs réseaux

30 avril 2015 Paru dans le N°381 ( mots)

Croissance démographique, infrastructures vieillissantes et risques climatiques : tels sont les enjeux qui pèsent sur la capacité des villes des pays de l'OCDE à approvisionner leurs habitants en eau et à se protéger des inondations et des sécheresses, d'après un nouveau rapport publié lors du 7ème Forum mondial de l'eau.

Publié en marge du 7ème forum mondial de l'eau, le rapport de l'OCDE s'interroge sur la capacité des réseaux d'eau urbains des pays de l'OCDE à faire face aux enjeux liés à la détérioration des infrastructures, à la pollution et aux changements climatiques. L?Organisation s'inquiète également des mouvements d'urbanisation rapide qui amèneront 86 % de la population de la zone OCDE à vivre en ville d'ici 2050. Le rapport souligne que la nécessité d'intégrer de nouveaux équipements à des infrastructures souvent obsolètes pour les adapter aux exigences futures pourrait alourdir considérablement les dépenses de fonctionnement et d'investissement. « Les villes de la zone OCDE sont en train d'aborder une nouvelle ère d'incertitude en termes de services liés à l'eau et de sécurité de l'eau », s'est inquiété le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, en commentant le rapport en Corée à l'occasion du 7e Forum mondial de l'eau. « Nous devons trouver de nouveaux moyens de financer et de gérer l'eau. » Pour l'OCDE, les mécanismes de financement existants ne permettent pas de faire face aux coûts liés à la remise à niveau des réseaux d'eau potable : en cause, les restrictions budgétaires actuelles dans le secteur public, la non-prise en compte des coûts futurs dans les tarifs de l'eau et la moindre consommation d'eau des usagers urbains, qui fait baisser les recettes des services. Le rapport recommande notamment de refondre la tarification et la taxation pour mieux refléter la rareté de la ressource et les coûts liés à la mise à niveau des infrastructures et de s'appuyer davantage sur des investissements privés en provenance de bailleurs de fonds pour financer les nouvelles infrastructures. Les villes sont également priées d'optimiser la gestion de leurs ouvrages. Le rapport fournit d'ailleurs des exemples de gestion de l'eau innovante, à partir d'études de cas et d'enquêtes sur la gouvernance et la réglementation. C?est le cas, par exemple, de Paris et de San Francisco qui ont recours à une eau non potable pour, respectivement, le nettoyage des rues et les chasses d'eau. Elles réalisent ainsi d'importantes économies en n?ayant pas à engager des traitements superflus. Le rapport de l'OCDE est téléchargeable à l'adresse : http://www.oecd-ilibrary.org/environment/water-and-cities_9789264230149-en