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On en sait désormais un peu plus sur le partenariat d'innovation européen (PIE) dans le domaine de l'eau dont la Commission européenne avait annoncé la création au mois de mai dernier. Créé dans le but d'identifier, de tester puis de promouvoir des solutions innovantes permettant de relever les principaux défis liés à la gestion de l'eau au sein de l'Union d'ici à 2020, les contours de ce partenariat sont désormais précisés. Il doit rassembler un large panel d'acteurs parmi lesquels des PME, des organismes d'études et de recherches, des administrations locales, des institutions financières et des représentants des principaux consommateurs d'eau. Il s'agit rien moins que d'élaborer des outils et des mécanismes visant à promouvoir l'innovation dans le secteur de l'eau. Pour ceci, un financement de quarante millions d'euros a d'ores et déjà été débloqué pour 2013 en vue de soutenir les projets concourant aux objectifs du PIE. Ces objectifs concernent cinq domaines prioritaires qui ont été sélectionnés : la réutilisation et le recyclage de l'eau, le traitement et l'épuration des eaux usées, l'eau et l'énergie, la gestion des risques relatifs aux événements exceptionnels liés à l'eau et les services écosystémiques. La gouvernance de l'eau, les modèles de gestion et de suivi, et le financement de l'innovation ont par ailleurs été désignés comme des priorités transversales qui influencent le cadre général et favorisent les relations entre les différents domaines de travail prioritaires. Quant aux technologies dites intelligentes, elles constituent un catalyseur supplémentaire qui transcende toutes les autres priorités et sont à ce titre éligibles au programme. La palette est donc à dessein extrêmement large et n?exclue, dans la pratique, aucune innovation, dès lors qu'elle s'inscrit dans une démarche d'optimisation de la gestion de l'eau. Le cadre institutionnel destiné à donner corps à ce partenariat est lui aussi fixé. Une journée d'information à l'intention des candidats potentiels sera organisée à Bruxelles le 15 janvier prochain à l'initiative de la DG Recherche et innovation et un appel à propositions, qui se clôturera le 4 avril 2013, est d'ores et déjà ouvert(1). Une fois n?est pas coutume, l'affaire a été rondement menée et n?a pas tardé à trouver sa traduction concrète sur le terrain. Mais pourquoi un tel empressement ? C?est que le marché de l'eau connaît une croissance rapide au niveau mondial et pourrait, selon certaines estimations, atteindre 1.000 milliards de dollars US d'ici à 2020. Or, bien que les européens disposent d'importants atouts dans ce secteur, ils peinent, dans ce domaine comme dans bien d'autres, à exporter leur savoir-faire au niveau international. Le but de ce programme est donc de supprimer les obstacles de toutes natures pour valoriser les savoir-faire européens dans la chaîne de valeur de l'innovation en aidant les PME à proposer leurs solutions à l'international tout en n?en retirant des bénéfices à l'échelon européen. Des bénéfices environnementaux mais pas seulement' Car de l'aveu même de la Commission, la libération du potentiel d'innovation dans le domaine de l'eau pourrait contribuer de manière significative à la création d'emplois et au renforcement de la compétitivité en Europe. Une augmentation de 1 % du taux de croissance du secteur de l'eau en Europe pourrait permettre de créer jusqu'à 20.000 emplois' Les autorités européennes croient donc dans le potentiel du secteur de l'eau et c'est tant mieux. Même si ce programme reste encore modeste dans son ampleur, peu de secteurs d'activités peuvent se prévaloir d'une telle sollicitude assortie de concours financiers aussi ouverts que pérennes. (1) http://ec.europa.eu/environment/water/innovationpartnership/index_en.htm