Your browser does not support JavaScript!

Salons congrès conférences

« Les salons Cycl’Eau sont des événements territoriaux pour les territoires »

23 février 2026 Paru dans le N°489 ( mots)
© DR – En 2026, les salons Cycl’Eau se dérouleront à Toulouse en mars, à La Roche-sur-Foron en mai, à Orléans en septembre-octobre et à Aix-en-Provence en novembre.

Cette année, l’association Cycl’Eau va organiser quatre salons éponymes, à Toulouse, à La Roche-sur-Foron, à Orléans et à Aix-en-Provence. Jean-Claude Lasserre, président de l’association, revient pour L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances sur le bilan des éditions de l’année précédente, les thématiques et les nouveautés concoctées en 2026, les grandes tendances du marché de l’eau…

L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances : Les salons Cycl’Eau fêteront déjà leur dix ans l’année prochaine. Pouvez-vous d’abord revenir sur leur origine ?

Jean-Claude Lasserre : Tout a commencé en septembre 2014 lorsque l’on m’a demandé, fort de mon expérience et de mon réseau auprès des collectivités territoriales dans le Sud-Ouest, de créer un événement sur Bordeaux (Gironde) à l’image de ce qui se faisait à Rennes (Ille-et-Vilaine) avec le Carrefour des gestions locales de l’eau. Le temps de trouver un partenaire spécialisé dans l’événementiel, nous sommes en septembre 2016 et le premier salon Cycl’Eau voit le jour en avril 2017 à Bordeaux. Ce devait être un one shot mais un concours de circonstances (un lieu exceptionnel, une météo estivale) a fait que l’édition a été un succès, avec près de 70 exposants représentatifs de la profession. Non seulement l’édition bordelaise fut renouvelée l’année suivante, mais d’autres collectivités territoriales, comme Strasbourg (Bas-Rhin) et Vichy (Allier), étaient intéressées par l’organisation d’un tel événement dans leur territoire. Les responsables politiques publics et les décideurs techniques avaient en effet remonté que la gestion de l’eau est propre à un territoire de par sa configuration et le futur impact des changements climatiques – les mêmes solutions ne peuvent pas être mises en œuvre dans le Sud-Ouest que dans le Nord, par exemple. Voilà comment sont nés les salons Cycl’Eau, des événements territoriaux pour les territoires.

L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances : Quelles sont, aujourd’hui, les villes dans lesquelles se déroulent les Cycl’Eau ?

Jean-Claude Lasserre : Les salons sont présents à Bordeaux, donc, à Toulouse (Haute-Garonne), à Montpellier (Hérault), à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), à Orléans (Loiret), à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), en Corse – nous allons renouveler ce salon en 2027 – et, pour la première fois cette année, à La Roche-sur-Foron (Haute-Savoie). Le rythme biennal est le plus adapté car cela laisse le temps aux projets d’être mis en place, d’avoir des résultats. Et cela nous permet également de sillonner toute la France et, en particulier, là où il n’y a pas d’événements majeurs sur l’eau. Cela explique aussi pourquoi nous ne sommes pas présents en Bretagne, en Normandie et dans les Pays de Loire. Nous voulons apporter un complément à ce que fait idealCO avec le Carrefour des gestions locales de l’eau.

L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances : Pouvez-vous faire un bilan des différents salons qui se sont déroulés en 2025 ?

Jean-Claude Lasserre : Le bilan fut très bon l’année dernière avec une très belle édition pour le Cycl’Eau historique de Bordeaux [voir EIN n°483], une édition à Clermont-Ferrand, qui est un lieu plus central que Vichy, et une première édition à Montpellier, qui fut vif succès selon les exposants et les visiteurs – ce Cycl’Eau est d’ores et déjà renouvelé pour 2027. Montpellier est une place forte de l’eau avec le Centre international Unesco ICIREWARD[1], Aqua-Valley, un pôle de formation universitaire très important, etc. L’Occitanie est également une région très sensible à la gestion de l’eau car elle est fortement impactée par les conséquences du tourisme et du changement climatique (sécheresse, inondations). Nous avons accueilli autour de 60-100 exposants, pour les « petits » salons, et entre 150 et 170 exposants, pour les plus « gros ». En termes de visitorat, des études montrent la participation de 80 à 85 % de visiteurs qualifiés pour un nombre compris entre 1 200 et 1 500 personnes pour les « petits » salons – on se fixe un objectif d’environ 800 visiteurs pour Cycl’Eau Mont-Blanc – et entre 3 000 et 4 000 personnes pour les salons les plus importants (Bordeaux et Toulouse).

L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances : Quels sont le programme des Cycl’Eau et les nouveautés pour cette année 2026 ? Vous avez mentionné un nouveau Cycl’Eau Mont-Blanc, à La Roche-sur-Foron

Jean-Claude Lasserre : Nous organisons, cette année et pour la première fois, quatre Cycl’Eau : Toulouse-Occitanie (les 25 et 26 mars), Mont-Blanc (les 20 et 21 mai), Centre Val de Loire (les 30 septembre et 1er octobre) et Provence-Alpes-Méditerranée (les 25 et 26 novembre). Même si les thématiques sont encore en cours de finalisation au niveau du comité de pilotage, je peux déjà dire qu’il y aura, à Toulouse, sept conférences, dont une session plénière le premier jour, sur la disponibilité de la ressource, l’adaptation au changement climatique et à la sécheresse, le financement des politiques de l’eau et les investissements à venir, la gestion des eaux pluviales et la prévention des inondations, la qualité de l’eau potable et les PFAS[2], la sécurisation de l’accès à l’eau pour les usages domestiques, agricoles et industriels, etc., avec une place particulière à la valorisation des métiers de l’eau dans un contexte de fortes tensions de recrutement, aux rencontres entre étudiants, organismes de formation, chercheurs d’emploi et professionnels, et aux démonstrations opérationnelles. Et ce grâce à nos partenaires : l’agence de l’eau Adour-Garonne, la Région Occitanie, Toulouse Métropole, Eau de Toulouse, Réseau 31 et Rives & Eaux du Sud-Ouest. Je pense que l’édition de Toulouse va devenir l’événement référent de Cycl’Eau dans les prochaines années. Comme je l’ai évoqué précédemment, le salon Cycl’Eau Mont-Blanc est une première. Après deux journées thématiques réalisées avec succès à Sallanches (Haute-Savoie), Martial Saddier, qui est le président du comité de bassin et le président du conseil départemental de Haute-Savoie souhaitait passer au niveau supérieur avec une véritable biennale réunissant tous les acteurs de la vallée de l’Arve et les Suisses. Le Cycl’Eau Centre-Val de Loire sera une nouvelle tentative après une première édition qui s’était déroulée le lendemain d’une grosse tempête. Nous avons beaucoup d’espoir d’autant plus que les partenaires – l’agence de l’eau Loire-Bretagne, la Région Centre-Val de Loire, Orléans Métropole et le BRGM[3] – souhaitent avoir un événement réunissant les acteurs sur leur territoire, jusqu’au sud de la région parisienne. Enfin, le Cycl’Eau Provence-Alpes-Méditerranée sera la troisième édition à Aix-en-Provence, pour laquelle il y a une forte attente de la part de la Région Sud, de l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse et de la métropole Aix-Marseille, car plusieurs événements connexes se tiendront en même temps comme le troisième forum régional de l’eau organisé par la Région Sud.

L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances : Vous êtes un observateur privilégié du secteur de l’eau en France. Pouvez-vous décrire les grandes tendances que l’on devrait retrouver lors des Cycl’Eau ?

Jean-Claude Lasserre : Le secteur de l’eau tourne un peu au ralenti à l’heure actuelle du fait des élections municipales en mars 2026. Il y a des projets mais rien ne repartira avant la rentrée en septembre, le temps pour les nouvelles équipes municipales de prendre leurs marques. Point positif, les nouveaux élus sont plus jeunes et, donc, plus attentifs, voire mieux formés, à la gestion de l’eau. En termes de réglementation, les sujets prégnants sont la réutilisation des eaux usées traitées (REUT), la gestion des eaux grises, la sobriété, les solutions fondées sur la nature (SFN), le fait de faire comprendre que l’eau n’est plus inépuisable, même dans nos contrées et, maintenant, l’intelligence artificielle (IA). Même si, à mon avis, utiliser la technologie pour gérer un réseau ne me paraît pas être une bonne solution. L’IA a toute sa place en tant qu’outil permettant d’accompagner, d’aider les opérateurs et les exploitants dans l’amélioration des réseaux d’eau potable, la recherche de fuites, par exemple.

Propos recueillis par Cédric Lardière



[1] International Center for Interdisciplinary Research on Water Systems Dynamics.

[2] Per- and polyfluoroalkyl substances.

[3] Bureau de recherches géologiques et minières.